‹ Le cycle de la croisade et la famille de BouillonChapitre 21 sur 76 · Ritters Erdkunde, t. IX, p. t9i · texte numérisé non relu

Ritters Erdkunde, t. IX, p. t9i

ilO CHANSONS D'âNTIOCHE ET DB JÉRUSALEM.

distances (trente -huit journées d'Antioche à Kirman- Schâhan), la description des environs de Kirman-Schâhan célèbre en effet par ses eaux vives, ses vergers et ses pâturages, au témoignage du géographe arabe Ël-Edrisî ', le détour que Richard le Pèlerin fait faire à son héros par les monts de Moghar et Diarbekr, pour éviter les dangerç du désert de Mésopotanue et qui se retrouve dans l'itinéraire des caravanes conservé par £1-Edrisi *, tout montre que Richard le Pèlerin avait dû puiser dans les récits des Arméniens, des Syriens, ou des pèlerins d'Europe échappés à la captivité des idées assez exactes sur les pays situés au delà de l'Ëuphrate et du Tigre.

Cependant la géographie traditionnelle tient aussi sa place même dans la Chanson d'Antioche. C'est à la tradition qu'appartient la cité d'Olufeme {Alep?) qui paraît déjà dans la Chanson de Roland • et qu'il est difficile de retrouver dans aucune des grandes villes fondées ou conquises en Orient par les Musulmans. C'est à la tradition qu'appartient la confusion des peuples slavons et lithuaniens, les Lutis et les Esclavons des trouvères, avec les nations mahométanes de l'Asie.

Dans la Chanson de Jérmalem la proportion est changée; c'est la géographie traditionnelle et imaginaire qui l'emporte. Quoiqu'il décrive avec assez d'exactitude les environs de Jérusalem, le trouvère commet de graves erreurs môme sur la Palestine ; il place la ville d'Acre beaucoup trop près de Jaffa ; il applique aux pays en deçà du Jourdain le nom de Bérie ou Pérée qui n'avait jamais désigné que les contrées situées au delà du fleuve. Dans les détails géographiques qui se rapportent à la haute Asie, reparaissent toutes les

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