‹ Le cycle de la croisade et la famille de BouillonChapitre 23 sur 76 · Âerder, aherder {adh^erere), s'attacher · texte numérisé non relu

Âerder, aherder {adh^erere), s'attacher

8. Sacoient, de sacer, gâcher, etc. (saccus), tirer, mettre dehors.

4. La version (1621) reproduite par M. Hippeau est un peu plus avare de détails fantastiques. l\ semblerait que Jacques de Vitry s'est inspiré de cette description : « Âlii canina capita habentes et ungues aduncos, pellibus pecudum induti, pro voce canum latratus proferunt. (Jacques de Vitry, HisU Hierosolinitana, XC, p. 1111, Ed. Bongars.) Sunt alii absque capitibus, oculos in humeris habentes, pro naso autem et ore duo habent foramina in pectore.» (Ibid,, p. lUî.)

lis CHANSONS D'ANTIOGHB ET DE JÉRUSALEM.

asne recanant; puis les Miacomans et les Kanélius, autre race fabuleuse et effrayante.

As poitrines lor tienei^t li menton et li dent...

ÛDques cil ne mangièrent de pain ne de forment,

Aine parler n'en oïrent ne n'en sevent noient

Tôt viToient d'espeses, n'ont nul habitement,

Et sont tostans {toujours) al halle, al solel et au vent.

Plus ont noires les cars que pois ne arement (atramentum)^

Et si corent plus tost que quarrels qui destent.

Les cors ont corne singes et testes de serpent

Et muient < corne tor, n'ont autre parlement.

(12,558, f« 187 recto.)

C'est ainsi que se formait jusque dans les plus petits détails à côté de la tradition historique et du monde réel, un monde fantastique et une histoire légendaire qui avait sa liaison, sa chronologie, sa vraisemblance et qui finit par ôtre seule connue et acceptée die la société laïque du moyen âge. Si nous cherchons des faits authentiques, n'allons pas les demander aux trouvères, trompeurs inconscients, échos naïfs des récits populaires, mais si nous voulons savoir comment pensaient et comment vivaient les hommes du xu*" siècle, nulle chronique ne nous l'apprendra mieux que notre épopée nationale. Le Charlemagne de la légende est moins grand que celui de l'histoire, parce que le Charlemagne des trouvères est un roi ou un empereur du xi* siècle : mais les barons de la croisade n'ont été peints nulle part en traits plus vifs et plus vrais que dans la Chanson d'Antioche ou dans celle de Jérusalem, parce que les poëtes étaient les contemporains de leurs héros. Dans leurs rudes accents respirent les deux sentiments qui résument toute l'histoire de la première moitié du xn® siècle, l'enthousiasme de la guerre et l'enthousiasme de la foi.

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