‹ Le cycle de la croisade et la famille de BouillonChapitre 25 sur 76 · Siareismt \de marche, frontière · texte numérisé non relu

Siareismt \de marche, frontière

8T OODBFROI DB BOUILLON. 127

sur la carte, a pour fils Lothaire qui n'a rien de commun avec les rois et les empereurs du même nom. Un jour, à la chasse, Lothaire s'éloigne de sa suite et s'égare : il erre toute la nuit dans la forêt. Vers le matin^ il arrive près d*une source. Accablé de soif et de fatigue il boit à longs traits et s'endort sur le gazon. Une jeune châtelaine du voisinage, la belle Elioxe, en se promenant avec une de ses suivantes, aperçoit de loin le prince endormi. Elle s'approche : le soleil avait percé le feuillage et ses rayons tombaient à plomb sur la tète nue du dormeur. Elioxe, pour le garantir, rabat sur son visage une de ses longues manches, détail de toilette qui nous ramème en plein douzième siècle. Ce mouvement l'éveille; il s'éprend à première vue de la charitable inconnue : il lui révèle son origine et lui offre sa couronne et sa main. Elle consent, etcependant, comme elle a, paraîtil, le don de prophétie, elle sait et elle annonce à son futur époux qu'elle paiera de sa vie l'honneur de donner le jour à la race des conquérants de Jérusalem.

Se me prendés à feme, por voir vos puis conter Vostre linages ert espandus outremer,

Et jusqu'en oriant le vehra-on rauner*

Jo te di par verte, loiaument, sans fauser, Que tu de .VIL enfaos me feras encarger.

Li VI en ierent malle et pucele al vis cler lert li sietismes enfes : ço ne puet trespasser.

Lasse, moi, j'en morrai de ces enfans porter!

Cascuns de ces enfans aura sisue (signum) d'or cler, El cul d'une caaine, que bien porra mostrer.

(12,558, f« 2 recto et verso.)

Lothaire ramène avec lui sa fiancée, mais la mère du roi que le poème ne nomme pas, aurait voulu marier son fils à quelque riche héritière des royaumes voisins. Elle essaie

Page 1