‹ Le cycle de la croisade et la famille de BouillonChapitre 35 sur 76 · LE ROMAN BES GHÉTIFS · texte numérisé non relu

LE ROMAN BES GHÉTIFS

l'abbé de Fécamp ^ , apparaissent pour la première fois dans la croisade de Pierre l'Ermite. Après des prodiges de valeur à la bataille de Civetot, ils sont forcés de se rendre, et leurs vainqueurs les emmènent au fond de la Perse ou du Khorassan, où nous les perdons de vue jusqu'après la prise d'Antioche, et la victoire remportée par les chrétiens sur Corbaran. L'émir d'Olifeme s'est enfui avec quelques cavaliers, emportant le corps de Brohadas, le fils du soudan : il arrive à Sarmazane (Rirmanschâh), au milieu d'une fête : à la vue de ces tristes débris de son immense armée, à l'aspect du cadavre de son fils, le soudan éclate en cris de fureur : il accuse Corbaran de félonie et jure de le faire brûler vif s'il ne parvient à se justifier. Le roi de Nubie, qui a survécu à la bataille d'Antioche, essaie inutilement de défendre son compagnon d'armes. Corbaran indigné jette son gage de combat. Pour prouver qu'il a pu être vaincu sans trahison^ il çst prêt à choisir pour champion un chré* tien, et à marcher à la mort, si seul contre deux Turcs, son défenseur est défait en champ clos.

Le Soudan accepte cette espèce de jugement de Dieu, et Corbaran part pour la Palestine avec l'assurance de trouver un champion parmi ses vainqueurs. Mais il s'arrête à Oliferne. Là, sa vieille mère, Galabre, lui rappelle, que sans aller jusqu'au camp des croisés, il peut trouver dans l'enceinte même de son palais des chrétiens aussi intrépides que leurs frères : ce sont les compagnons de Pierre l'Ermite, prisonniers depuis plus d'un an et voués aux travaux les plus rudes et les plus humiliants.

Quelques jours auparavant, Richard forcé avec ses compa-

vonim) et de Monibrison qui portait souvent le titre d'arcbiprètre de Forez ou Forois. {Cartulaire de Savigny, publié par M. Bernard {Documents inédits), lr« partie, introduction, p. lxv.)

1. L'abbé de Fécamp, Guillaume de Ros, nommé en 1079 et mort en 1108, ne visita jamais la Palestine. (Gallia Christianay t. V, p. 201-207.)

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