CONTINUATION DES POEMES DE LA CROISADE
Godefroi contre le châtelain Guy. Cornumarant triomphe, et le poëme se termine par une réconciliation générale et par le serment de faire bonne contenance en face des chrétiens.
En m£me temps que la poésie remontait dans le passé pour y chercher les origines légendaires de la croisade et de la famille de Bouillon, elle avait dû songer à compléter l'histoire de la guerre sainte par le récit des événements postérieurs à la bataille d'Ascalon, la mort de Godefroi, la conquête de la Palestine, la fondation des ordres militaires, glorieux couronnement de la première croisade.
En effet, tous les manuscrits annoncent une dernière branche qui devait être à la fois la continuation de la Chan-son de Jérusalem excelle du poëme des Chétifs.
En un autre volume oïr d'Acre porrés
Et de la grant bataille où Turs furent oultrés,
Acre prise et puis Sur et Tabarie après,
Et là oirés comment li temples fu peuplés
Et Tospital aussi, là où Dieu fu sacrés.
Ci finerai mon livre où dit en ay assés
Tous ceulz qui l'ont oy et celles de tous lés.
Soient après leurs jours es sains cîoulx couronnés.
(12,558, fo 192 verso.)
Mais les deux versions qui nous ont été conservées, Tune incomplète et qui s'arrête avant la prise d'Acre, celle du n^ 165 (Arsenal), et l'autre beaucoup plus longue, celle du n® 12,569 (Bibliothèque nationale), appartiennent à une date relativement récente «t reproduisent sans doute très-imparfaitement la physionomie de l'œuvre primitive. Pour ne citer qu'un exemple, ni l'une ni l'autre ne font mention de la fondation de l'ordre de Saint-Jean, ni de ceUe des Tem-