‹ Le cycle de la croisade et la famille de BouillonChapitre 48 sur 76 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

PREMIÈRE TRADUCTION EN PROSE. — TROISIÈME VERSION DU CHEVAURR AU CYGNE. — SECONDE VERSION DES CONTINUA- TEURS DES POÈMES DE LA CROISADE.

Au douzième siècle, chansons de gestes et romans avaient été composés non poui' des lecteurs, mais pour des auditeurs. C'étaient les jongleurs qui allaient de ville en ville et de château en château, colportant les œuvres des trouvères et récitant sur une sorte de mélopée rhythmée soit des poèmes entiers, soit les fragments qu'ils jugeaient les plus intéressants. De là ces interruptions, ces répétitions, ces fréquents

appels au silence ou à la générosité de l'auditoire qui se retrouvent dans tous les poèmes de cette époque.

Vers le commencement du xm* siècle, les anciennes habitudes se modifient peu à peu : le goût de la lecture se répand, les copistes sont plus nombreux, les manuscrits moins rares et moins chers. Les longues tirades monorimes, quand elles ne sont plus soutenues par la musique et par la déclamation, commencent à paraître lourdes et monotones. Les romans sans cesse grossis de nouveaux épisodes

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