‹ Le cycle de la croisade et la famille de BouillonChapitre 49 sur 76 · PREHIÈRE TRADUCTION EN PROSE · texte numérisé non relu

PREHIÈRE TRADUCTION EN PROSE

prennent des proportions capables d'épouvanter les lecteurs les plus intrépides : enfin les premières chroniques en langue vulgaire et les traductions des chroniques latines font aux récits des jongleurs une redoutable concurrence.

Cependant on ne pouvait rompre tout d'un coup avec des traditions longtemps populaires. Les personnages des romans et des chansons de gestes étaient d'anciens amis qu'on ne voulait pas abandonner, mais qui commençaient à ressentir les atteintes de la vieillesse : leurs longs discours, leurs histoires interminables contrastaient avec l'allure plus vive des jeunes chroniques en prose. On essaya pour la seconde fois de les rajeunir et de les habiller à la mode du jour.

Dès la première moitié du xm^ siècle, il se forma une seconde école de rénovateurs qui s'attachèrent à abréger et à traduire en prose les romans et les chansons de gestes du XI® et xn®. Les poëmes du cycle de la croisade n'échappèrent pas à la loi commune.

La plus ancienne traduction qui nous soit parvenue est celle du manuscrit n* 781 (fonds français) de la bibliothèque nationale (ancien 7,188*). Le manuscrit est du xm* siècle. n renferme la traduction abrégée de la Légende du Chevalier au Cygne, et de Gode f roi de Bouillon , de la Chanson d'Antioche, du poëme des Chétifs et de la Chanson de Jérusalem. Cette traduction anonyme se termine ainsi : <( Après orés coment . Acre et Sur et Tabarie fu prinse et coment li temples fu estorés et li hospitaus, et coment Harpins de Borges se donna au temple pour nostre Seigneur servir. )> Au feuillet 63 commence une leçon de la chronique d'Emoul, presque entièrement conforme au texte publié par M. de Mas-Latrie dans la collection de la Société de Y Histoire de France. Le volume se termine par la transcription du début de la' chronique de Bernard le Trésorier, et par une longue

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