PREMIÈRE TRADUCTION EN PROSE
bataille de Bouvines et après la mort dlda (i316) qui n'avait laissé qu'une fille mariée à Philippe Hurepel frère de Louis Yin. On comprend qu'il n'ait pas jugé à propos de reproduire des prédictions que l'événement n'avait pas réalisées, ou des allusions blessantes pour la mémoire du roi de France.
La traduction de la partie historique du cycle de la croi* sade est beaucoup moins fidèle et beaucoup moins complète. On y chercherait vainement la trace du séjour des croisés à Constantinople et de leurs démêlés avec Alexis, des exploits de Raimbaud Creton, du dévouement de Renaud Porquet.
La branche entière des Chétifs est réduite h quelques pages (f^ 35-43) ; les descriptions d'armes et de batailles, les détails de mœurs, la peinture des caractèr^^s disparaissent sous la morne uniformité de la chronique : c'est l'ombre inanimée d'une œuvre vivante.
Malgré la faveur qui commençait à s'attacher à la prose, et les premiers essais de traduction, la verve des trouvères n'était pas encore épuisée et les jongleurs ne se tenaient pas pour vaincus.
Le traducteur lui-même semblait s'e^ci|ser de sa hardiesse en avouant que la rime était molt bêle et plaisante \ et en lui reprochant seulement d'être un peu longue. Moins d'un siècle plus tard, les traducteurs disaient : « Plus est le langage plaisant prose que rime ', » et le public était de leur avis.