TROISIÈME VERSION DU CHEVALIER AU GTONE
Ce fat peut-être rapparition de la version en prose qui provoqua de la part des trouvères wallons un effort pour ranimer la vogue delà légende du Chevalier au Cygne et pour réveiller l'attention publique en imaginant de nouvelles aventures inconnues à leurs devanciers.
Quatre manuscrits, les numéros 786, 795, 12,569 de la Bibliothèque nationale, et le numéro 165 de l'Arsenal nous ont conservé une troisième version rimée du Chevalier au Cygne qui doit avoir été composée dans la seconde moitié du xm* siècle et qui se distingue des deux précédentes par l'addition d'une nouvelle branche, très-inférieure du reste aux autres parties de la légende.
Les deux premières versions avaient jeté un voile sur la destinée du héros. Nul ne sut jamais, disaient-elles, où la barque l'emporta. Elyas et son guide, comme deux êtres d'une nature supérieure, un moment mêlés à la vie réelle, étaient rentrés dans le domaine du fantastique et de l'inconnu. Ce vague déiioûment, un des attraits et une des habiletés de la légende, laissait le champ libre à tous lès caprices de l'imagination et piquait la curiosité sans la satisfaire. Les nouveaux trouvères sont mieux informés.
Li cisnes s'en aia moult efforciement :
Là où ala dirai et con {comment) fait ierement.
Aucun si dient puis nel vit-on noient,
Mais se feme le vist et se fille ensement (mêmement);
Par Ponchon les manda, je vous di vraiement,
Si comme vous osrés, se j'ai de Yostre argent.
dit le numéro 12,569 (f®49). Le n® 795, plus précis encore, cite ses autorités.
Souvent, dit-il, en ont chanté Cil jougleor breton, mais ils ne savaient que la moitié de l'histoire :
Car aine par jogleor ne fd li vers oïs, Mais je le vos dirai, si com dist li escris,