‹ Le cycle de la croisade et la famille de BouillonChapitre 54 sur 76 · DEFROI DE BOUILLON ET SES SUCCESSEURS · texte numérisé non relu

DEFROI DE BOUILLON ET SES SUCCESSEURS

Puis Tôt rois Corbarans batisié et lev^e (lavée) •

Et apriès le rendi, s'en fi nonne velée.

(165, Arsenal, ^ 242.)

Le manuscrit de V Arsenal s'arrête après ces derniers vers et nous n'avons plus désormais qu'une seule des deux versions, celle du n® 12,569 dont le dénoûment comnae nous le verrons plus loin, n'est pas conforme à celui qu'annonce l'autre manuscrit.

Le texte unique commence au folio 122 (verso) par ces deux vers qui servent de préambule à la seconde branche :

Or commence cançons bien faite et avenans D'amours et de batailles, de fiers assaus pesans.

Vainqueurs à Oliferne, les chrétiens viennent me^ttre le siège devant Acre. Robert de Normanfdie, Hugues de Vermandois, Raimond de Saint-Gilles, Tancrède, Boémond, Etienne d'Albemarle, Baudouin du Bourg, le roi des Tafurs accompagnent Godefroi de Bouillon. Les assiégés sous la conduite de Dodekin de Damas attaquent les lignes dés chrétiens : une bataille sanglante s'engage. Robert de Normandie est blessé, Etienne d'Albemarle est tué; niais l'arrivée de Corbaran décide la victoire et les Musulmans coupés de la place se dispersent de toutes parts.

En poursuivant Dodekin qui essaie de se réfugier à Césarée, Tancrède rencontre un convoique l'émir de cette viHe conduisait à Acre. Il massacre l'escorte, fait l'émir prisonnier et ne lui rend la liberté qu'après TaVoir^forcé à lui livrer Césarée. Dodekin, qui a reçu des renforts, tenté îinè surprise sur cette place: ses soldats sont repousdés, mèas le chef musulman a reconnu Tancrède dans là mêlée. Q lé pM>-

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Tbque : un combat furieux commence. Tancrède trompé par une feinte imprévue, laisse échapper son épée, mais il se jette sur son adversaire, le fait reculer en le frappant au visage avec son écu, le saisit corps à corps, le renverse et reprend son arme. Les deux combattants épuisés convien* nent d'une trêve et Tancrède s'engage même à obtenir pour Dodekin le libre passage à travers le camp chrétien et à lui permettre d'entrer dans Acre pour annoncer au soudan l'issue de sa malheureuse tentative,

Dodekin, qui n'a d'autre sauf-conduit que la parole de Tancrède, est arrêté par Corbaran qui s'efforce en vain de le convertir et refuse de lui rendre la liberté. Pendant ce temps, le siège se poursuit lentement; les fêtes se mêlent aux combats. La sœur de Corbaran vient d'arriver au camp. Dès la première entrevue, Godefroi s'éprend de la reine d'AIénie.

En attendant le mariage qui doit être béni après la prise de la ville, des repas et des tournois célèbrent les fiançailles du roi de Jérusalem.

Amours d'un dart trançant droit al cuer le féri.

On vient d'apprendre la mort de l'évêque de Mautran : pour le remplacer, Godefroi nomme patriarche de Jérusalem un clerc protégé par Boémond, Héracle (Heraclius) qui apparait pour la première fois sur la scène où il jouera un des rftles les plus importants. Le prince d'Antioche et Tancrède, après avoir pris possession de Césarée, reviennent au camp pour y prendre leur part des fêtes et des batailles.

Dodekin est toujours prisonnier, et Godefroi, qui ignore la promesse de Tancrède, l'a abandonné à la discrétion de Corbaran. En apprenant l'arrivée de son généreux adversaire, le captif fait appel à sa loyauté. Tancrède réclame de Crodefroi la liberté de Dodekin, et le conduit lui-même aux avant-postes, mais h condition que, sa mission une fois rem-

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plie, il yieûdra tenniQer le combat singulier interrompu sous les murs de Gésarée. .' >

Fidèle à jsa. parole, le musulman sort le lendemain de la place : les deux adversaires recommencent la lutte en présence de la reine d'Alénie et de tous les barons chrétiens. L'issue du combat est encore douteuse quand Murgafé (Emir- Çhàfé?) d'Aremblois, le niari de la vieille Çalabre, .ton:i1)e à llmproviste sur le camp des croisés. Une mêlée terrible s'engage, le Soudan accourt avec des troupes Traîçbes, i^t arrête la déroute des Sarrasins découragés par la mort de Murgafé; mais un nouvel effort des chrétiens décide la victoire. Le Soudan s'enfuit par mer et Calabre se tue en apprenant la mort de son époux.

La ville, privée d'une partie de ses. défenseurs, est enlevée d'assaut ; mais un roi sarrasin occupe encore cette fameuse tour qui ferme l'entrée du port de Saint-Jean-d'Acre et que les chrétiens appelèrent successivement la Tour maudke et la Tour des mouches. La résistance pouvait durer longtemps, car la garnison était bien approvisionnée ; Baudouin s'avisa

d'un stratagème qui précipita le dénoûment. On avait découvert dans les environs de la place de nombreuses ruches d'abeilles. Baudouin fait lancer par un mangonneau une de ces ruches au milieu des défenseurs de là tour. Les abeilles furieuses les couvrent; de piqûres, pénètrent parles trous des visières, se glissent à travers les mailles des hauberts. Les Sarrasins épérdiis jettent leurs armes et la tour esteinportëe presque sans coup férir*. "

1. La chroiiiqde de Widukind (xii« siècle) rapporte un fait analo^e qui se serait passé sous l'empereor Henri IV : -a^am injnriam dox-flsilbertiM); ferre non valens obsedit Immonem. Ille antem plurima apom examina habnisse fertur, qu» frangens projecit contra équités. Apes autera aculeis equos stimulantes în insaniàm vertebant ita nt équités periclitari cœpissent.»'(]flèx Gests Saxonics, liv. II, cb. 23, dans les Scriftora rerum gémamcarùik de Pertz, t. III, p. 444). Les éditeurs belges do romandu€A«va2ter.att Cygne

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Quelques jours après la prise d'Acre, Oodefi^ de BoiûUon épousait la reine d'Alénie à qui il donnait, comme le Saffet, Acre, Sur, Arsur, Tripoli et Beyroutti»

Un troisième chant qui commencé au folio 233 pouËse l'histoire du royaume chrétien de Palestine jusqu'à la mort de Oodëfroi de Bouillon et à Tavénement de Baudouin I'^^

Or commence cançons de bien enluminée, Si comme Godefrois qui bien fiert de Tespée, Se parti des barons et fisent desevrée ^ ; Ensi comme cascuns râla en sa contrée ; Et comment fu par lui puis le tere gardée ; Gomment H patriarces en fist envenimée.

Tant com Téchi li rois, c'est vérités provée, Ne perdi il de tere vallant une denrée*.

(12,569, f^ 233 verso.)

La prise d'Acre est pour ainsi dire le couronnement de la croisade. Les barons qui n'ont pas encore quitté la Terre- Sainte^ Hugues de Vermandois, Thomas de Marie, Robert de Flandre, Eustache de Boulogne, font leurs adieux à Godefroi et reviennent en France. Le roi de Jérusalem, qui ne reverra jamais ni son pays, ni sa mère, veut du moins prou* ver à ceux qu'il a laissés en Europe qu'il ne les a pas oubliés, n demande au patriarche de Jérusalem un morceau du bois de la vraie croix, et quelques autres reliques pour les envoyer à la comtesse Ida. Le patriarche n'ose refuser; mais il ne pardonne pas au roi ce qu'il regarde comme une

«t é% 6od$frox d» B(ïuHUni prétendent que cette tradition se retrouverait aussi étns le Sleswig et le pays de Bade.

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