‹ Le cycle de la croisade et la famille de BouillonChapitre 55 sur 76 · OODSFROI DE BOUILLON ET SES SUCCESSEURS · texte numérisé non relu

OODSFROI DE BOUILLON ET SES SUCCESSEURS

spoliation et jure de l'en punir. Tandis qu'il prépare lentemenl sa vengeance, Godefroi apprend que le soudan s'est réfugié au Cahaire (le Caire), sur le Jourdain ! Il confie à Jehan d'Alis la garde de Jérusalem et marche sur cette ville. La place est sur le point de succomber, quand Godefroi est emporté par une maladie subite et dont la cause ne reste pas longtemps secrète. C'est le patriarche qui, pendant un repas, a réussi à jeter du poison dans la coupe du roi. Luimême avoue son crime à Tancrède et prétend qu'il n'a empoisonné Godefroi que pour assurer le trône à Boémond. Mais Boémond est prisonnier des Sarrasins qui l'ont surpris, au moment où il allait rejoindre l'armée royale sous les murs du Cahaire. Avant qu'on ait eu le temps de réunir et de payer sa rançon, Baudouin d'Edesse que Grodefroi luimême a désigné comme son héritier sera maître de Jérusalem.

Tancrède, qui n'a pas oublié sa haine contre Baudouin, cède, après quelque hésitation, aux perfides conseils du patriarche, et somme le prévôt et les bourgeois de lui remettre la ville et de prêter serment à Boémond.

Le conseil des bourgeois refuse de désobéir aux dernières volontés de Godefroi et fait fermer les portes. Tancrède et le patriarche font bloquer la ville par leurs cavaliers et en commencent le siège. Pendant ce temps, Baudouin, mandé en toute hâte, a quitté Edesse avec une escorte de cent chevaliers.

Près d'Alep, il est arrêté par une armée de vingt mille Sarrasins : il s'ouvre un passage à travers les rangs ennemis et tue de sa main le chef qui les commande ; mais, blessé et poursuivi^ il va succomber quand Raimond de Saint-GiUes, qui occupe près de là le castel de Nike, survient à temps pour le sauver.

Ici le trouvère s'interrompt pour annoncer que la veuve de

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Godefroi prend le voile et ne tu*de pas ^mourir de chagrin ; puis il reprend son riécit en promettant de nous dire dans le nouveau chant qu'il commence comment Baudouin prit possession du trône de Jérusalem.

On pouvait s'attendre à une lutte sanglante, mais Tancrède, à qui la courageuse résistance de& bourgeois a doimç le temps de réfléchir, implore son pardon: Baudouin lui promet d'oublier sa révolte et se fait couronner roi dans l'église du Saint-Sépulcre.* Le patriarche s'est enfui à Gésarée, ^t, a décidé Dodekin de Damas, entre les mains duquel est tombé Boémpnd, à accepter la rançon de son prisonnier qui se rend lui-même à Gésarée.

Baudouin croit voir dans le choix de l'asile où s'est réfugié le patriarche, une preuve de la complicité de Tancrède à qui la ville appartient. Celui-ci n'a pas de peine à se disculper et offre même de livrer le coupable. Un message de Baudouin annonce à Bqémond la prochaine arrivée du roi à Gésarée et lui révèle en même temps le crime d'Héraclius. Baudouin est reçu à la porte de la ville par Boémond et par le patriarche qui lui présentent les clefs : mais il se détourne avec mépris et à peine rassuré sur les intentions de Boémond et deTancrède, il convoque une cour plénière pour juger l'empoisonneur.

Heraclius prpteste de son innocence, réclame le jugement de Dieu et demande qu'on lui permette de chercher un champion. Baudouin exige une caution et Boémond qui croit peutêtre à la fausseté de l'accusation, ou chez qui la reconnaissance l'emporte sur l'horreur du crime, est sur Je point de se porter garant pour le coupable, quand Baudouin tire son épée et veut se jeter sur Heraclius. Raimond de Saint- Gilles l'arrête, calme sa colère et propose qu'on s'en remette simplement au jugement des barons. Le patriarche es( condamné et enfermé dans une prison où il meurt

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