ANGLETERRE
laires du Danemark et de la Norvège, et recueillie par J. Grimm dans ses Légendes allemandes : c'est l'épisode du chevalier Gérard Swan, qui arrive au palais de Charlemagne dans une barque traînée par un cygne, et qui obtient plus tard de l'empereur la main de sa sœur et le duché des Ardennes. Il est impossible de méconnaître dans cette saga Scandinave une forme quelque peu altérée de la tradition wallonne.
Jusqu'au xiv® siècle, l'Angleterre n'a eu d'autre langue littéraire que le français et les barons anglais n'ont connu d'autre poésie que celle des trouvères.
Les relations si fréquentes et si intimes, qui existèrent au xu® et au xm® siècle, entre le comté de Boulogne et le royaume anglo-normand, durent y faire pénétrer de bonne heure les romans de la croisade.
La bibliothèque du British Muséum possède un manuscrit français du xiii° siècle (15 Evj.) * , que nous n'avons pu consulter, mais qui d'après les citations de M. Michelant, de M. de Reiffenberg et de M. Gibbs nous paraît une reproduction à peu près textuelle du n** 1621 de notre bibliothèque nationale. Il s'arrête avant la bataille d'Ascalon, au début du récit d'un combat singulier entre Godefroi et son prisonnier l'émir Marbrin, et renferme la légende du Chevalier au Cygne et l'histoire de la croisade.
1. Ce manuscrit commence par ces deux vers reproduits par lesn»* 786, 795 et 12,569 de la Bibliothèque nationale.
Or escoutés, seigneur, por Dieu l'espiritable Que Jhésus vous garisse de le main au dyable.
n finit par ceux-ci qui se rapportent au duel de Godefroi de Bouillon avec le sarrasin Marbrin [Chanson de Jérusalem) :
« Un seul coup te donrai de mon branc acheré,
a Atant de raen^n seras quitte clamé. — «
'a Pi^r Mahom, dist Marbrins, je Tottroye et le gré, »
M. P. Meyer a signalé Texistence d*uii manuscrit de la bibliothèque d'Oxford qui contient une paraphrase de l'histoire de Baudry, suivie d'une version du roman des Chétifs * . Un coffret en ivoire ciselé, qui paraît remonter au xiv* siècle et qui appartient à un des membres delà familledeM.Gibbs, le dernier éditeur de la version anglaise du Chevalier au Cygne, représente en trente-six tableaux, toute l'histoire d'Hélias. Chaque tableau est accompagné d'une légende et le dernier nous montre le Chevalier quittant Nimègue, sur la barque traînée par le Cygne. L'artiste doit avoir eu sous les yeux une copie de la seconde version, celle du manuscrit 1621 de la Bibliothèque nationale.
Le British Muséum possède, outre le manuscrit français, un manuscrit de la fin du xv"" siècle (Gotton Mss. British Muséum. Caligulu A. 2 in P de 125 feuillets) qui nous a conservé une version en vers anglais de la première partie de la légende.
Ce poëme qui ne comprend que 370 vers a été publié en 1820 par M. Utterson et réédité en 1868 par M. Gibbs, sous le titre à^ Romance ofthe Chevelere Assigne^,
Il aurait été composé, suivant l'éditeur anglais, dans les dernières années du xrv® siècle. C'est un abrégé des 1083 premiers vers du manuscrit français du British Muséum. L'auteur qui donne au chevalier le nom d'Enyas s'arrête après la délivrance de la reine Béatrix et au moment où les enfants métamorphosés en cygnes viennent de reprendre leur forme naturelle.
Enfin il existe à la bibliothèque Bodléyenne de l'Université d'Oxford un manuscrit in-f* de la fin du xv® siècle (Rawlinson 368*> ), qui renferme une traduction latine de la première