‹ Le cylindrographe appareil panoramique (volume 2)Chapitre 4 sur 10 · CHAP. I · texte numérisé non relu

CHAP. I

de ces branches portent, à la brisure même, une crémaillère , un pignon et une vis de pression, permettant d’en faire varier légèrement la longueur sans rien déranger et, par conséquent, d’amener

aisément la chambre à l’horizontale, conformément aux indications de deux niveaux à bulle d’air , encastrés à angle droit sur le couvercle ( fig . 9 et 1 2).

20 Les échelles d’azimuts et de pentes dont il vient d’être question s’impriment d’elles-mêmes

24 LE CYLINDROGRAPHE TOPOGRAPHIQUE.

sur le cliché. A cet effet, deux demi-cercles BAG ayant leur centre sur l’axe de rotation sont placés

Fig. io.

de champ sur le plafond et sur le plancher de la chambre (fig. 10)5 leur bord libre porte des dents

Fig. 11.

triangulaires, dont l’écartement correspond au grade. Deux autres lames rectilignes verticales,

BB, GG, fixées aux montants du cadre, portent de même des crans dont l’écartement est égal à la centième partie de la distance des lames à l’axe. Deux pointes plus longues /?, mobiles le long de ces lames, donnent la ligne d’horizon.

L un des demi-cercles azimutaux est visible sur

la Jig. 1 1, qui représente l’appareil replié pour le transport.

3° Une boussole topographique , fixée à demeure sur le plafond (Jig. 9 et 12), permet d’orienter sur le méridien magnétique chaque cliché formé par la chambre. A cet effet, le plancher de la chambre est muni à l’intérieur d’un troisième demi-limbe

26 LE CYLINDROGR APHE TOPOGRAPHIQUE.

LL ( fig . 12), posé à plat et centré également sur l’axe de rotation; ce limbe est divisé en grades et ses graduations correspondent à celles du demicercle antérieur de la boussole. Deux curseurs G, C , mobiles sur ce limbe, portent chacun un index, l’un en flèche, l’autre en croissant.

La silhouette des crans de BAC, de BB et de CC, des pointes p et des index flèche et croissant, vient se peindre sur le cliché au moment de la pose.

Mode d’emploi.

Pour se servir de l’appareil, on le fixe sur son pied, on l’ouvre, on le cale et on l’oriente, d’après la vue que l’on veut prendre; la pointe bleue de l’aiguille de la boussole marque alors une certaine graduation, 43Gr par exemple ( fig . i3, pose 1). O11 place les curseurs intérieurs en face des deux divisions égales à cette graduation ou n’en différant que par le chiffre des centaines, 43Gr et 34 3Gr dans l’exemple^ 43Gr (la flèche) donne le nord et 34 3Gr (le croissant) donne Y ouest magnétique. Puis, on introduit le châssis comme d’ordinaire et, après ouverture du rideau de pose, on replace la chambre en position telle^ que la pointe bleue marque exactement 43Gr.

CHAP. I. — CANEVAS TOPOGRAPHIQUE. 27 On découvre l’objectif et on met l’alidade en marche à la main, d’un mouvement uniforme et assez rapide, allant d’un bout à l’autre de sa course, et revenant sur ses pas, sans s’arrêter, autant de fois

Fig. j3.

qu’il est nécessaire pour le temps de pose que l’on veut avoir, insistant même s’il le faut sur les parties sombres du paysage. Puis on ferme l’objectif.

Dans la seconde pose (reportée en 2, fig. i3), du même tour d’horizon, l’aiguille devra marquer

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4 3Gr -4— 1 85Gr =: 2 28Gr, i85Gr représentant le développement d’un cliché; la flèche à 228Gr indiquera le sud, le croissant à i28Gr donnera Y est.

Dans la troisième pose (3) l’aiguille sera à 228Gr -f- i85Gr = 4 1 3Gr ou i3Gr; mais ici l’on n’aura à ouvrir le châssis que de 3oGr de A en B, et la course de l’alidade sera comprise dans les mêmes limites ; quant aux curseurs, pour en avoir un sur ce cliché

complémentaire, on placera la flèche à 83Gr, par exemple, faisant un angle de 70Gr avec le nord, vers l’est.

On inscrit sur son carnet les significations diverses des curseurs pour chaque vue.

La photographie fournie par une de ces opérations, par l’opération (i) par exemple, se présente sous l’aspect ci-dessus ( fïg . i4).

Les azimuts topographiques se comptant, comme on sait, de oGr à 4ooGr, en partant du nord et marchant vers l’ouest, l’azimut d’un poi nt dont l’image est en m! est mesuré sur l’échelle longue en N/n, soit 3 1 Gr. La pente de la visée est comptée en hm^ sur l’échelle courte, en centièmes du rayon; si mji est égal à 1 1 divisions, la pente sera de -p^.

Il est facile de voir que tous les inconvénients signalés plus haut à l’emploi de la photographie plane n’existent plus avec le cylindrographe.

i°Les constructions et mesures peuvent se faire indistinctement sur le cliché, ou sur toute épreuve positive, puisque toutes portent les échelles, dont les variations de dimensions sont les mêmes que les variations de l’image même. Il est prudent seulement de faire la mesure, comme il est indiqué {fig. i4)j en haut et en bas, à droite et à gauche, et de prendre la moyenne dans le cas où les lectures seraient différentes.

On n’a pas à rabattre le point de vue sur la photographie : la seule construction à faire consiste à joindre hh'\ pour éviter les déformations ultérieures, on fait bien de mener cette droite au crayon sur le cliché même, aussitôt que les points h et h' apparaissent au développement, pour éviter

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les déformations consécutives aux lavages et aux

séchages.

2° On n’a pas à sepréoccuper de la distance du point de vue au tableau , puisque, en vertu de son principe même, le cylindrographe ne fonctionne que lorsque le point nodal d’émergence est sur l’axe de rotation; après réglage, la distance focale est justement égale au rayon du cylindre.

3° On n’a pas de distorsion à craindre; car, en vertu même du principe sur lequel repose l’emploi de l’appareil, s’il y avait distorsion, les images manqueraient de netteté.

Dans le sens vertical, le champ n’étant pas limité de même, il peut y avoir de la distorsion pour les points extrêmes, mais cela est de peu d’importance; car ces points sont, en haut, le ciel, en bas, des points très rapprochés de la station pour lesquels une petite erreur dans la mesure de la pente de la visée est négligeable.

4° L 'excentricité des poses î , 2 et 3 n’a plus d’inconvénient, chacune d’elles étant orientée pour son compte propre sur les points cardinaux magnétiques; on n’a pas de raccords à chercher, pas d’erreur à craindre.

5° Le nombre de clichés à exécuter se trouve

C II A P. I. — CANEVAS TOPOGRAPHIQUE. 31 considérablement réduit; un tour d’horizon tient tout entier sur deux clichés et | environ, de sorte que 8 tours d’horizon complets n’exigent que 17 clichés, 16 d’une seule venue et le 17e formé de tous les compléments analogues à AB (fig- i3). En Photographie plane, ces 8 tours d’horizon demanderaient 96 glaces. Ajoutons que nos clichés pelliculaires sont plus légers, moins fragiles, moins encombrants, beaucoup plus commodes à conserver, à emballer et à transporter que les glaces, même de surface bien moindre.

6° Deux clichés contigus, pris du même point de vue, sont identiques dans leur partie commune; le racxord se fait donc de lui-même. Du reste, ce raccord non plus que l’excentricité de l’appareil importent peu, puisque chaque cliché est orienté pour son propre compte.

Pour la même raison, rien n’oblige à faire à chaque station un tour d’horizon complet : on se contente de prendre le secteur dont on a besoin, comme on a fait pour AB (fig- i3). Il est rare en effet que, d’un point du terrain, quel qu’il soit, on puisse prendre utilement un panorama entier : il y aura presque toujours à proximité quelque obstacle, maison, arbre, bosquet, mur, mouve-

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ment de terrain, qui masquera un espace parfois considérable; plus on s’élève, plus cet effet s’accentue, et, d’un point élevé, le panorama, très étendu en profondeur, comporte rarement en largeur plus d’un demi-tour d’horizon. Ce résultat, d’apparence paradoxale, s’explique aisément si l’on réfléchit que le mouvement de terrain, que

le monument, au sommet duquel on veut s’établir, se présente en profil sous la forme ABCD (Jîg- i5). Pour découvrir le pied A de la pente, ou tout au moins des points aussi rapprochés que possible de ce point A, on est forcé de stationner en B, à l’extrême bord de la plate-forme supérieure, dont la portion BC cachera une étendue de terrain assez notable pour qu’en général tout

CHAP. I. — CANEVAS TOPOGRAPHIQUE. 33 l’horizon visible en B tienne sur un seul cliché cylindrographique. C’est, du reste, un résultat constant de notre expérience personnelle.

Vérification et réglage de l’appareil.

Régler l’appareil, c’est fixer la position des niveaux à bulle d'air et des pointes p qui doivent marquer les extrémités de la ligne d’horizon.

Pour caler les niveaux, on monte l’appareil sur un sol bien ferme, et, en agissant sur les crémaillères du pied, on amène les génératrices du cylindre à être verticales, ce dont on s’assure à l’aide d’un fil à plomb que l’on promène sur le contour circulaire du plafond et qui doit toujours affleurer de même le contour circulaire du plancher. En agissant sur les vis des niveaux, on amène alors exactement les bulles entre leurs repères.

Pour achever le réglage et en même temps vérifier l’instrument dans tous ses détails, le mieux est de procéder par comparaison avec un instrument de topographie bien construit et dont on est sûr.

Voici comment on procède : en un point bien déterminé et à une hauteur bien exactement mesurée

34 LE CYLINDROGR A P II E TOPOGRAPHIQUE, au-dessus du sol, on slationne avec un théodolite, un tachéomètre, une boussole éclimètre, ou tel autre instrument analogue, et l’on fait un tour d’horizon serré et soigné, dont on enregistre les résultats en azimuts magnétiques et en pentes ou angles de pente.

Quand ensuite on aura un cylindrographe à essayer, on le placera au même endroit, le point nodal de l’objectif à la place même qu’occupait le centre du limbe de l’instrument pris comme type; on amènera par les crémaillères du pied les bulles des niveaux entre leurs repères, et l’on tirera une ou plusieurs épreuves comme il a été dit plus haut.

On étudie ensuite ces épreuves. Les index, flèche et croissant, qui marquent deux points cardinaux voisins, doivent être séparés par ioo crans sur les échelles longues. On mesure ensuite azimuts et pentes des points visés dans le tour d’horizon modèle. Si les résultats concordent exactement, l’appareil est bien construit et bien réglé.

Dans le cas contraire, on recherchera la cause des différences entre ces chiffres, et on la corrigera ou l’on indiquera au fabricant le moyen de la faire disparaître.

Ainsi observe-t-on une différence constante

CHAP. I. — CANEVAS TOPOGRAPHIQUE. 35 entre la valeur des pentes des mêmes points mesurée sur les deux tours d’horizon, c’est que la position des pointes p n’est pas correcte et qu’il faut les remonter ou les abaisser d’une quantité égale à cette différence constante ; si on le préfère, on se contentera, au lieu de mener la ligne d’horizon par les pointes /?, de la hausser ou de la descendre de cette même quantité sur chaque épreuve.

Si les deux échelles de pente, si les deux échelles d’azimuts ne sont pas égales sur le cliché, c’est qu’elles ne sont pas dans la chambre à la même distance de l’axe. D’où résulte une correction à faire sur la chambre elle-même ou sur les épreuves qu’elle fournit.

Et de même, pour toutes les anomalies relevées, on rectifiera la chambre ou l’on introduira les éléments de correction nécessaires dans les calculs, jusqu’à ce que les chiffres, fournis par une dernière épreuve obtenue comme les précédentes* et corrigés d’après ces règles, soient en concordance absolue avec les types.

Le plus souvent, on pourra du reste se dispenser de tirer épreuve à chaque retouche nouvelle ; on se bornera à observer et à mesurer sur l’écran en verre dépoli, jusqu’à ce qu’on se croie arrivé au

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résultat : c’est alors seulement qu’on tirera un cliché définitif, qui lèvera les derniers doutes.

Exécution du canevas.

Soit AB la base {fi g. 16), dont on connaît la longueur reportée à l’échelle en ab sur la minute.

Fig. 16.

Cette longueur a été mesurée directement sur le terrain où elle résulte d’une triangulation antérieure. Le& termes A et B sont marqués par des jalons.

On stationne en A et l’on photographie tout ou partie du tour d’horizon, en y comprenant le terme B.

CHAP. I. — CANEVAS TOPOGRAPHIQUE. 37 On répète la même opération en B et en un certain nombre de points convenablement choisis, de chacun desquels on voit soit les deux jalons A et B, soit deux quelconques des points (clochers, pignons , arbres, etc.) qu’on a choisis comme points du canevas.

Tous ces clichés sont développés et fixés; les azimuts des points du canevas sont mesurés comme il a été dit plus haut, et, pour chaque station, on construit, au rapporteur, sur une feuille de papier calque, le rayonnement, autour d’un point, des directions dont on connaît l’azimut. Ces calques sont ensuite mis en place sur la minute, en commençant par celui de la station A, que l’on oriente sur ab, et celui de B orienté de même sur ba ; comme vérification, aN et b N, les deux méridiens magnétiques, doivent être parallèles. On continue de proche en proche, la position de chaque calque étant déterminée par la direction du méridien magnétique et celle de deux points tels que c ou d, déjà déterminés par intersection . L’opération marche rapidement et les vérifications sont nombreuses.

Le calcul des cotes se fait de même de proche en proche, en partant du point A, dont la cote M. — IIe Partie. 4

38 LE CYLINDROGRAPHE TOPOGRAPHIQUE.

est connue. On a

cotes? = cote A 4- As? x pente As?.

La pente Ax est mesurée directement sur la photographie ; A#, la distance horizontale de deux points, est pris sur la minute. Dans cette partie du travail encore, on a un grand nombre de vérifications, grâce auxquelles on est prévenu dès qu’on a commis une erreur.

Toute erreur constatée soit dans le placement des points, soit dans la détermination de leur cote, ne peut provenir que des opérations faites dans le cabinet; on n’est donc jamais forcé de retourner sur le terrain pour la faire disparaître, ou de sacrifier des résultats intéressants mais douteux, comme cela arrive si souvent dans les levés à la planchette ou à la boussole. Il suffît ici de reprendre ses clichés, de bien retrouver ses points, de refaire mesures et calculs, et l’erreur doit forcément disparaître.

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