MARPHA, L'ENVOYÉ
l'éitvoté.
Je rends grâce au devoir qui près cte vous m'amène ; Ces lieux ont donc enfin revù teur souveraine. Le C^v i^'jEjnyoie ici pour un œuvre de paix ; Du haut du trône auguste où régnent ses bienfaits , Ses regards protecteurs sur son peuple descendent, Et ses soins paternels en tous lieux se répandent....
MARPHA y avec qn sourire amer.
En tous lieux... Oui, j> sais jusquoîi s'etencj soûbrasj.
L'ENVQYi.
Il sçnge à votre gloire ; il p^ souffrir^ pii^. Qu'un indjugne i^p^^steuc h^ut^wiea^ Y^wu^jQjUtragei^ Ejt ^ votre beaiji jçipm profane l'hérUag;^- Yousi le savez sdusi doute ^, ua jeune ^ud^^i^MPi Après avoir rQmp^ ses sermens et ses Vœux , Et franchi du couvent la barrière impuissante^ Cçmme le fils des Czars aux peuples se présente ; Un prince polonais a rompu le traité, Et nous conduit ce roi qu'il nous a suscité.
* Cci personnage était primitivement l^archevêque-priniat de 'Moscou, La c^ùsure a exigé que l'auteur le dépouillât de son caractère religieux.
ACtS I, ^. II4 <
Il lui donae sa fille ; il Im éomne une- armée.... De toute part Vémeut la Russie alarmëe...
Il dit qu U v^ent veogér les dmtsde sa ikiaisûa, Et partout y mr ses pias, s^e la trahison. .« Czarine , de Boris la bonté paternelle Du fond de ton.couvent dans ce palais t'appelle... De ce fils que chérit ta pieuse douleur C'est à toi de sauver la mémoire et l'honneur. Un obscur imposteur de ses destiqs s'empare , De son nom glorieux insolemment se pare; Et tu le souffrirais ! Devant le monde entier, C'est à toi de flétrir ce vil aventurier.
Dis qu'il n'est point Ion fils, que ton coèwr le r^îe; Fais rentrer" ce pervers dans son ignominie; Parle , et venge à la fois , dans? ton juste courroux , Les mânes de ton .fils et l'ombre d'un époux ! *
MARPHA I qni pendamt tout ce discours a para Tiolemment éane.
Se peut-il... O surprise! Instruis mon ignorance! Comment, du Polonais, gagnant la confiance.
Pour m6n fils , pour mon sang, s'estt* il accrédité ? Par quels pièges, tendus à la crédnlité..?
L ENVOTjf , avec une expression dédaigneuse.
Je ne sais... De ses traits la vaine ressemblance; Un écrit, qu'en ses mains plaça la providence; Un collier...
MARPHA , rittterrompant TiTeiçent.
Un collier! Qu'entends-je?..
B LE.CZARDiafIBTRIUS.
... V .• .-' ■> l'kïcvoyé'. . ' .
Une croix d'or, Qu'entsmirent neuf rubis; simple et pieuk trésor ' Dont le para sa mère au jour de çon baptàne ! -
MARPHA
11 montre cette croit ?. . Est-il vrai ?. . Trouble extrême !
( S'efforçant de demeurer calme. ) JMsûs comment prétencj-il que l'on sauva ses jours? Quelle main lui tçndit un généreux secours ?
Quel fut son bienfaiteur? qui veilla sur sa vie?
JuEVfyOYÉ,
I^oraqu'àtriva d'Uglitz le fet^l incendie ,
Un saint moine, in&tri^ment 4e§ célestes desseins.
Le, sauva 9 disent-iU , di^ fer des assassins..*
MARPHA
En quel lieu cacha-t-il sa jeunesse proscrite ? ,
l'envoyé,
Au couvent d,e Tschudqtir ; là , pieux pénobite , A lui-même inconnu , dans l'ombre des autels , Il vivait loin 4u monde et de tous soins mortels. Mais bientôt de ses nœuds la rigueur l'importune; La Pologne accueillit son errante fortune; Il y trouva sans peide un seuil hospitalier; Du prince Sandomir humble et pauvre écuyer , Sans désirs, il cachait sa timide existence.... Le hasard, à ses yeux , révék sa naissance.
AjGTO I, Se. n. 9
DTARPBA..
Et la Pologne entière eut pour lui des secours? Il s'est fait une armée avec de tels discours?
LENVOXÉ.
L% Polonais s'indigne au nom de Moscovie ; Ce peuple nous abhorre ; il voit avec e^vie Nos superbes cités , iios moissons , nos soldats ; Et tout prétexte est bon pour qui veut les combats.
MARPHA
Mais n'a-t-il pas séduit jusqu'au Russe fidèle ?
l'envoyé.
Parmi )ek nations règne un esprit rebelle;
Vous le savez. IjC peuple inconstant et léger
Accueille avec transport un récit mensonger ;
Et sa crédulité , facile aux impostures ,
Aime le merveilleux des grandes aventures.
Le présent le fatigue; il rêve l'avenir :
Avec un roi nouveau tous ses maux vont finir ;
On. le verrait, princesse, en tousses vœux extrême.
Sur le front d'un Titus briser le diadème.
C'est à vous d'arrêter les progràâ de Perreur;
De ce peuple aveuglé désarmez la fureur !
Un mot devons, Czarine, et Fimposleur succombé,
Et sa grandeur d'un jour.daâs le néant retombe.
Le Czaor attend de vous. ce service important;
Mais, que dis-je? le Czar, le monde eatkr l'attepd.
10 LE dSAR «lAfi^riOUS.
Vous frémissez!.. Héla^! eet aBronfe téméraire Retentit vivement dans voftre cœur (}e mère... Je ne puis, sans plaisir, voir tous vos sens émus....
HfARPHA.
OÙ se trouve aujourdliui le faux Démétrius?
De cités eà cités ^ la trahison l'amène;
11 a 'des mots puksans dont le prestige ent-raîiie ; Et déjà devait liû, s'avancent ces guerriers
Qui dans les flots du Don alH*euvent leurs coursiers.
MARPHA
Mais où se trouvè-t-il , répondez?
♦ A i*os porter.
' , . MAKPHA. /
Gloireà Qieu ! Grloire àtoi, fils d'Ivan! tu l'râiîM>rteâ! Marpha ^ que diles-^vous? .
AfARPHA, , ,
O justice du del l Guidezrl^f dieux pui$€îaQ^t jusqu'au Joh patm^aèl-l Devant ses pas yainqueura abaisîBez les barrières! Qu'aujoord'hui, sur ttoanuf s, aient floltéseg bannières.
x'wfifovÉ. , - CommoDlt?.. cet imposteur? .s
Oui..« C'est lui ; éés^ wms fils !
Et je le reÔQfHiaîftà'reffm die Boris!
iCTlil^ «C. ». u
Tyran, qiûttet<^'e.tepi^ Pi^ V« PQi*é 1»^ Grime! Voici que, du tombeau «'ébaofi Ut victime.
Place au fîU ^ Kom^! i\ vient prefidre sw rimg ; Il vient te demander et. ton trône et ton sang ! U luit eoQa ifOMT n^ kjouc ^ k v^^geaucel Il est venu Tiiutiiiit de iMtre délivrante!
Cet infame-Boris , rjtsstssià d^ua époux, ' Pour (femmder m grâce ^ il rane^ à me& genoux ! A-t-il pu le pei»fi««^ , Iç fléua de «a racé? , Moi , déroW sa, tête ^u sort qui le loenace?... Gran4 Dieu ! je puis enfin , libre d^n^ ma^douleur ^ Épancher tous lea maux qiiî dévproi^l «nm c^ur ! Qui se plut à flétrir ma jeunesse brûlante ?
Dans la auitdu tcimbeauqoi va^ plongea vivante? Qui m'arracha mon fils , mon fils iiilbrtuné ? D'où* venaient les bourreaux qui 1 ont assassiné ? Sait-il combien te> CQâUr a supporté d'alarmes? Sait-il oies longues nuits, mon désespoir, mfes lanoés? A mon tour, c'est à mpi de déôder son sont ; Je tiens entre me^c mains tt sa vie et sa odort* Il va tomber.,, il tc^be ; et d'un s^ùl mot }'ari*éte L'impitoyabk coup qui va briser $a tête;; Au seul bnîit de ma voix, au seul nom d'iaipôsteiir, A l'abandon de tous je Ijhcire mon veiigeur l O démence! il l'a cru !.. Moi , moi, sauver sa vie ! .
Ne soQge pa«.au Gxar, et sauve ta patrie; Tctti en&nt ne vil plus^r tvi dois le dédarev;*
11 LE CZAR DÉMÉTRIVS.
Détourne tous ces màux; qui vont nous )dëchirer. Ne nourris point , Czarine^une vaine espérance ! Sois fidèle à l'état comme à ta conscience...
MARPHA
Oui , j'ai pleurénion fils ; mais ses restes chéris N'ont reparu jamais à mes Sux attendris. .
Le bruit de son trépas, a parcouru le monde ; Tai cru la voix puWicpie et ma douleur profonde... Dieu j uste , > osoroas*nous , dan^ po tre impiété , Douter de ta grandeur comme de ta bonté ?
Qui pourrait mettre un terme à ta tbute*puissance? Salut au fils^des Czars , au fils de ma vengeance !
l'entoté.
Malheqreuse ! à quels maux veux-tu te condamner? Ne brave point Boris !
MARPHA
II peut m'assassîner!
Il peut-, aux dcJrniers JQurs d'un règfne iHégitime, Comme il le bommença , le finir par un crime. Mais étouilfer»*t-il lesaccens de ma voix?
Cette amë est libre encore et peut braver ses lois.
Il saura ce que peut unie épouse , uBie mère !
Oui , de mes derniers cris je remplirai la terre. Je dirai : C^est mon fils^ soûs la tnain du bourreau 1 Je veux le dire encor du fond de mon tombeau*
i/'enVoyé. '
Princesse, est-ce donc là ce qu'il faut que j'annonce ; Dois-je auCzar^qm m'attend, pqrtef cette réponse ?