‹ Le czar Démétrius, tragédie en cinq actes et en versChapitre 46 sur 58 · CTE IV, SG. IV · texte numérisé non relu

CTE IV, SG. IV

ROMA!N'OW , rœll.fix^ àm les aeigneiirs polonais.

Mais il est d'autres bruits dont s'alarme la ville , Et qui trouvent partout un accès plus facile. Moi-même I ai senti ma foi s'en ébranler.

Sans crainte et sans détour je dois ici parler : On dit que coûtre nous te Pologne conspire, Et se flatte en secret d'opprimer cet empire.

* Le Russe avec douleur a vu dans ses foyers

* D'une terre ennemie accourir les guerriers.

* Leurs armes, leurs drapeaux, et jusqu'à leur langage,

* A ce peuplé inquiet tout pataît un outrage.

On se plaint des faveurs et des nombreux bienfaits Dont spnt déjà comblés tous les chefs polonais. . On leur livre, dit-on , la garde de nos villes, L^ postes de l'armée et les grandeurs civiles; A l'esclavage ainsi l'on veut nous façonner.

Nous dompter sans nous vaincre et sans nous étonner. De Sigismond, roi faible, imitant les exemples, . A Rome on a promis nos autels et nos temples, Et l'altier Polonais , nous imposant sa loi.

Veut aussi par le fer nous soumettre à sa foi. Sur le trône des Czars s'assied une étrangère Qui régnera soumise aux volontés d'un père; On s'indigne...

SAIfDOMfR.

Arrêtez.4. Quel est donc votre esppir? Vous ofiensez le Czar!

ea LE GZAR DpiETRIUS.

ROMAJfOW.

Je remplis un devoir»

MARPHÀ.

Cette noire imposture , on saura là confondre. Ces bruits sont mensongers.

ROMANOW

c'est au prince à répondre.

V Le tocsin sonne ; des clameurs s'élèvent. Après un moment de silence , Romano'fV continue : )

Entendez- VOUS ces cris ? chacun s'arme à la Fois. De l'altier Wassili tonne en tous lieux la voix;

* Ce boyard, enflammé d'une sainte furie,

* SemÎDle un Dieu tutélaire armé pour la patrie;

* 11 parle aux vieux guerriers de leursanciens combats,

* D'indépendance au peuple, et dé gloire aux soldats.

* Tout s*embrase aux fureurs de sa haine éloquente ;

* Oui, j'ai cédé moi-même à cette voix puissante,

* A ces accens de flamme , à cet œil inspiré,

* Et ce glaive un instant contre toi fut tiré.

Démétrius , je veux eu croire ta parole.

Si du peuple alarmé la peur n^est point frivole; Si contre mon attente et mes vœux les plus chers. Ces bruits n'ont pas été semés par des pervers; Si de l'empire enfin tu médites la perte, Que du palais pour moi la porte soit ouverte;

' ACTE IV, se. IV; 69

Ëaissez-moi repartir, et que de tes soldats Lies formidables rangs n'arrêtent point mes pas. J'irai du peuple russe embrasser la querelle , Et combattre avec joie un monarque infidèle.

Mais si par toi ces bruits sont déclares menteurs, Si tu veux repousser dès soupçons imposteurs , ( Je n'exige qu'un mot de ta bouche royale ) Alors à ton parti j'offre une main loyale, Je viens te demander , en t'apporlant ma foi , La faveur de combattre et de mourir pour toi.

C'est à vous , Polonais , qu'aujourd'hui j'en appelle !

Avons-nous mérité cette injure cruelle ?

Répondez : notre cœur a-t-il conçu jamais

D'aussi noirs attentats, d'aussi lâches projets?

Pour vous, nobles amis, ce doute est une offense;

Et mieux que vos discours il croit votre silence.

L*avenir apprendra que votre foyauté Brille aussi pure en youu que l'intrépidité*

Vous connaissez mon cœur : vous savez si ma vie

Ne s'est pas dévouée au bien de la patrie.

Si la Russie un jour devait craindre vos coups,

Je serai \e premier à marcher contre vous ,

Je m'écrirais, du Russe agitant la bannière :

« Malheur à ^étranger dont la maiti téméraire

« Oserait atenter à nôtre liberté !»

( à Romànow. ) -•

Eh ! bien , veux-tu partir ?

^o LE CZAR BÉMÉTRIUS,

ROMTiJrOW.

Oui, prince, à Ion coté!

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