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VIII. Insectes

PARASITES. — Le pou (Pediculus capitis), dont les indigènes malpropres ont les cheveux, les vêtements et les habitations peuplés ; l’ascaride de la gale (Sarcoptes scabiei), qui dévore les gens et les animaux; une foule d'autres insectes du même genre aussi peu agréables.

APHANIPTÈRES. — La puce commune {Pulex irritans) et la puce chique (Pulex penetrans). Cette dernière causa des ravages épouvantables dans les débuts de son introduction dans le pays. Cet insecte est originaire du Brésil] et il était inconnu sur la côte d'Afrique il y a trente ans. Un navire brésilien arriva un jour à Lagos, avec un lest de 600 tonnes de sable pour y prendre un chargement. On mit le sable à terre et l'insecte infecta bientôt toute la côte. Les indigènes, qui ignoraient la cause du mal qui les frappait, voyaient enfler leurs mains, leurs pieds, leurs jambes; la gangrène se déclarait, et ils mouraient dans d’atroces souffrances.

La puce chique femelle s’introduit sous la peau sans faire sentir d'autre gêne qu'une légère démangeaison; au bout de deux jours, elle se renferme dans une poche où elle pond une moyenne de cent cinquante à deux cents œufs. Grosse au début comme la puce ordinaire, elle atteint, au bout de cinq jours, la dimension d’un pois. Au bout de dix jours, les œufs éclosent et on a dans la chair deux cents insectes qui vous dévorent. On comprend aisément l’inconvénient d'une pareille situalion; c’est de préférence sous l'ongle des orteils que la chique aime à s’introduire. Les Européens ne sont pas à l'abri de ses visites : elle pénètre très bien dans les chaussures, surtout dans les pantoufles. Dès qu’on sent une légère démangeaison continue aux orteils ou aux pieds, il faut faire extirper la puce, ce à quoi les indigènes sont aujourd’hui fort habiles.

Les CoLÉOPTÈRES, les NÉVROPTÈRES, qui possèdent les Termiles de deux variétés, les HyMÉNOPTÈRES, les LÉPIDOPTÈRES, les DIPTÈRES sont nombreux et variés; leur étude demande plus de suite que n’en peuvent donner les voyageurs qui passent.

Parmi les HYMÉNOPTÈRESs, citons l’abeille qui est connue et appréciée des indigènes ; plus petite que celle de nos régions, elle habite de préférence la troisième zone où les grands arbres lui permettent de se loger dans leurs anfractuosités.

Parmi les NÉMATOÏDES, citons la filaire de Médine ou ver de Guinée qui faisait des ravages il y a quelques années, même chez les Européens. Son germe se trouvait, dit-on, dans l’eau, et l'introduction des filtres l’a fait disparaître; sa longueur est d'environ 1",50, sa largeur de 5 millimètres et son épaisseur, car il est plat, de 1 millimètre. Sa forme et sa couleur sont ceux des filets de pâte appelés fagliarini. 11 se manifeste généralement aux jambes; on le tire tous les malins avec précaution de façon à ne pas le briser et l’on enroule ce que l’on en sort sur un petit bâton fendu qui reste à l’extérieur de la plaie.

Les animaux phosphoriques se comptent en grand nombre, tels sont : les lampyres (Lampuris noctilucu), le porte-lanterne (Fulgora lanternaria), le scolopendre électrique (Cancer fulgens), les annélides phosphorescents, et, sur le littoral, de nombreux noctiluques.

Nous terminerons ici l’aperçu que nous avons essayé de donner des principaux spécimens du règne animal et du règne végétal au Dahomey; nous avons voulu, en passant, à la hâte, donner une idée générale sur la matière.

Notre court séjour dans la région et les limites restreintes de cet ouvrage ne nous ont pas permis de compléter régulièrement le sommaire que nous venons de donner.

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