TATOUAGES. — 3. ORFITLE DÉFURM
Sa. PonTE-PIPE. — 5 D, ÉTUI À GOULISSE, PORTE-PIPE. — he. CAYNE. — 7, MACUE, — K. TAROUNEI.
D. PARAGOL. — 10. SIÈGE DU HOI TOYFA À PORTO-XUVO. — 11, CABEGAIRE AVEC SON PORTE-HIPE.
nombre de six ou huit, ont la longueur et la dimension d’un porte-plume. On trouve de ces peignes en bois dur, ornementé, d'un très joli travail.
I ne faut pas croire que tous les noirs prennent soin de leurs cheveux. 11 y en a une grande partie chez les deux sexes qui sont couverts de vermine. On les voit dans les rues et sur les marchés, la tête appuyée sur les genoux d’un confrère, qui se livre, dans leur chevelure, à une chasse active et fructueuse.
Il nous reste à parler des différents attributs qui font, pour ainsi dire, partie du costume des chefs. Ces objets, qui accompagnent toujours, au Dahomey, les cabeçaires en promenade ou dans l'exercice de leurs fonctions, méritent une description particulière.
On est tellement habitué à voir ces attributs qu'ils peuvent être classés comme des compléments indispensables au type du chef indigène.
Parmi ceux qui l’accompagnent toujours, il faut remarquer la canne, Ja hache, le porte-pipe, le parasol et le tabouret.
La canne donne lieu, au Dahomey, à un usage curieux et que l'on ne retrouve que dans ce pays. Comme elle ne quitte jamais l'individu auquel elle appartient, on finit par s’habituer à la lui voir et à la considérer comme une partie intégrante de lui-même ; le jour où on l'aperçoit, on la reconnaît immédiatement, même si elle est dans les mains d’une autre personne.
Chez les Fons, la canne ou bâton devient ce que sont chez nous, à la fois, la carte de visite, un mot de billet, une procuration, une signature et un passeport : tout dépend de la circonstance.Chacun des chefs nombreux a son bâton, qu'il a cherché à rendre totalement différent de celui des autres. La vraie canne du Dahomey consiste en un objet sculpté sur le manche d’un bâton et ne formant qu'un seul morceau avec lui.
L'extrémité inférieure en est plus grosse que le reste, légèrement recourbée et terminée par une boule. La petite figure qui y est placée est souvent fort bizarre ; c’est, par exemple, un homme décapité étendu sur le dos, les jarrets pliés et tenant une tête entre ses mains; un oiseau penché piquetant un crâne, un crocodile tenant une tête entre ses mâchoires, une clef, un poisson, un homme assis, une femme et un petit enfant, un serpent, une simple boule, etc., selon la fantaisie du sculpteur.
Contrairement à nos usages, c’est le manche sculpté qui se
pose à terre et le petit bout qui se tient à la main. Pour éviter l'usure du manche, on y plante généralement un clou qui l’empêche d'arriver jusqu’au sol; l’autre extrémité est quelquefois garnie de cuivre.
Jl y a d’autres cannes plus courtes, faites, comme celles du roi, en ébène, en ivoire, en argent massif. La hache, insigne que nous décrirons plus loin, tient également lieu de canne, selon le goût du propriétaire.
Un cabeçaire bien disposé enverra, par exemple, son bâton à un Européen malade pour faire demander de ses nouvelles; cette démarche tient lieu de visite.
Le cérémonial pour l'usage du bâton est le suivant : celui qui le porte (quand c’est un envoyé) doit éviter de le poser à terre et le tenir de préférence couché sur un de ses bras replié en travers de sa poitrine, à peu près comme les nourrices portent leurs nourrissons.
Le porteur du bâton, s’il est l'ambassadeur d’un personnage important, ne doit pas attendre ; on doit le recevoir avec déférence. L’émissaire, quand il est mis en votre présence, vous remet le bâton, que vous êtes obligé de prendre et de garder à la main tant que le recade ! n’est pas terminé et que vous avez à écouter ce que le propriétaire du bâton vous envoie dire. Sitôt que vous avez à parler, vous rendez la canne et, dès que l’envoyé la saisit, vous donnez votre réponse; les Européens qu'on appelle à la gore pour recevoir un recade du roi doivent se découvrir et tenir le bâton couché sur les bras comme un enfant que l’on tient sur les fonts baptismaux.
Si l’on envoie son bâton pour saluer quelqu'un, la personne doit répondre immédiatement par l'envoi du sien.
On envoie chercher le bâton du chef comme laisser-passer sur un chemin interdit. |
L'Européen ne peut aller à la capitale que si le roi lui envoie sa canne.
Les blancs ont pris l’habitude du bâton entre eux; c’est on ne peut plus commode : on s’envoie le bonjour, on s’emprunte des provisions ; dans ces climats brûlants, à midi, on aime beaucoup mieux envoyer son bâton chez un ami que d’y aller soi-même. Cet objet, supportant très bien les ardeurs du soleil et tenant lieu de