‹ Le dandyChapitre 20 sur 27 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Volontiers.

ASTERMAJJN.

Ma foi ! vive le plaisir, quoiqu'il nous fasse damner.

UN JEUNE LORD

Oui, oui , vive le plaisir!» . . Moi , je dis comme le prince de Galles, récompense à qui m'en pourra procurer un nouveau I

ASTERMANN.

11 avait raison 1 . . . Qui vit en sage , vit en martyr. Vivons la vie, comme disaient les anciens I... Elle se moque de nous, il faut nous moquer d'elle.

Air d'Yeha Notre avenir, hélas! n'est qu'un peut- être: Et , sur ma foi , je n'imiterai pas Ceux qui , rêvant des ilélices à naître ,

Se fontun enfer ici-bas:

Sur leur ennui tout leur espoir se fonde ; • Les pauvres gens ! quels seront leurs regrets ,

S'ils découvrent dans l'autre monde

Qu'ils en ont été pour leurs frais!

Voyons, Brown , mélancolique amoureux, trente guinées que la belle Italienne viendra. Elle vaut bien trente guinées.

BROWN

Si elle vient, non , elle ne les vaut pas.

ASTERMANN.

Eh bien ! vingl.

BROWN

Cent, qu'elle ne viendra pas î

ASTERMANN.

Soit ! ... Je les tiens ! . . . Tu perdras à-la-fois cent guinées et une illusion : c'est trop de moitié!

BROWN

Et si je gagne ?

ASTERMANN.

Oh ! alors . . . mais tu perdras.

BROWN

i^a vengeance que médite W^alraoor est-elle digne de gens de cœur?

ASTERMANN.

Et l'action de dona Maria n'est-elle pas odieuse? Quoi! maîtresse du mari , elle veut perdre la femme ! Elle expose deux hommes honorables à s'égorger ! . . . Ah î point de châtimens assez cruels pour semblable conduite I Mon cher Brown, tu as encore un bandeau sur les yeux; regarde

Walmoor, il a été plus vile que toi , pourquoi ? parce qu'il a vu clair.

BROWN

Qui trop se hâte n'arrive pas toujours.

ASTERMANN.

Qui ne se hâte pas assez n'arrive jamais. D'honneur, tes doctrines te perdront!. . . Et ce serait conscience de laisser au diable une amc comme la tienne.

BROWN

Grand merci du soin que tu prends de la sauver : mais je ne suis pas si malade que tu penses.

ASTEBMAWIf.

Oh ! ton cœur est pris !

BROWN

Non! J'ai reconquis ma liberté.

ASTERMANN.

Je n'en crois pas un mot.

BROWN

Et que faut-il donc pour vous le prouver ? Boire ? Versez... Chanter ? Ecoutez-moi :

Air : Verse , verse le vin de France.

Le poète rêve uu laurier ; Le soldat rêve la victoire ; Mais souvent poète et guerrier , Loin de vivre un jour dans l'histoire ,

Meurent sans gloire !

Puisque l'homme toujours verra Fuir un but qu'il s'obstine à suivre; Dans ce monde puisqu'il faudra Qu'aux chagrins chaque instant le livre, L'art d'oublier est l'art de vivre !

Versez donc ! heureux qui s'enivre !

Grâce à l'ivresse, il oubltra.

UN JEVISE LORD.

Bravo ! Brown! bravo!

ASTERMANN.

Il chante comme un poltron , la nuit , pour se donner du courage. Ecoutez-moi , à mon tour !

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