SCÈNE VI
Les Mêmes, WALMOOR , jjuIs FRANK.
WALMOOR.
A merveille ! Messieurs ! . . . Me voici pour vous faire raison !
ASTERMANN.
D'où viens-tu donc, Walmoor? Pourquoi nous laisser ainsi ?
WALMOOR.
Il s'en est peu fallu que je ne vous revisse pas: Sewood tire mieux que je ne croyais : mon chapeau a été percé.
BROWN
Tu viens de te battre ?
WALMOOR.
Deux pouces plus bas et la belle italienne ne me trouvait pas au rendez-vous : vous l'auriez consolée, n'est-il pas vrai, mes amis?
Et Sewood?
WALMOOR.
Pendant deux mois le bras droit en écharpe. Mais occuponsnous de Dona Maria : voici l'heure convenue. Mon cher Brown, tu ne m'en veux pas?
BROWN
Malgré moi, mon ame se révolte , je l'avoue, à l'idée d'une si odieuse vengeance.
WALMOOR.
Elle n'est pas encore proportionnée à son crime. Eh quoi ! compromettre l'existence entière d'une femme qui ne lui a fait aucun mail... Et cela sans avoir même l'excuse d'une passion, car Dona Maria est incapable de connaître l'amour. Ah ! point de pitié pour ces coquettes au cœur froid et méchant qui comptent leurs journées par leurs noirceurs ! Qu'un exemple terrible leur apprenne qu'on ne se joue pas toujours impunément du repos des hommes et de l'avenir des femmes. D'ailleurs , en la punissant je te venge de sa coquetterie. ^^ j;
BROWN
Fais comme tu l'entendras, et ne songe pas à mol.
WALMOOR.
A la bonne heure ! . . .
FRANCK , annonçant.
M. le baron de Walbell.
TOVS,
Le Baron ! ! !
Que diable vient-il faire ici ?
JOHNSOlf .
Voilà qui dérange vos projets.
ASTERMANN.
Il ne peut pas entrer.
WALMOOR , qui a reflèxhi.
Et pourquoi donc ? sa présence ne doit rien changer à mes résolutions : au contraire ! Franck , faites entrer Je Baron. {Franck sort.) La situation se complique, messieurs, mais elle n'en sera que plus piquante.