‹ Le danger hongroisChapitre 6 sur 12 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

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« Ce qui fait souffrir la Hongrie, avait écrit Marnésia « à Bonaparte en 1802, ce n’est pas d’être unie à l’Au- « «triche, c’est d’y être mal unie, c’est de ne plus être « comptée que parmi les provinces autrichiennes, après « l’avoir été parmi les puissances européennes. »

Le Compromis de 1867 n’apporta que peu de changement à ce sentiment. L’Autriche avait trop longtemps dominé pour que, elle-même et l’opinion étrangère, prissent la nouvelle association au sérieux. Dans son âme et conscience, Vienne avait simplement fait quelques concessions de façade aux Magyars, en les admettant au gouvernement, sous les ordres de l’empereur suivant l’orientation de la vieille politique autrichienne. La vieille Wien demeurait capitale de l’Empire, et Budapest sa filiale mineure. Quand, vers la fin du siècle dernier, vous annonciez à Vienne vouloir faire un tour en Hongrie, on vous faisait la moue, et il y eut toujours quelqu’un pour vous déconseiller d’aller chez ces « sauvages ». L’orgueil magyar en souffrait, et l’opinion de l’autre côté de la Leitha ne cessait d’inviter son gouvernement à agir afin que le monde sût que

depuis 1867, le vieux royaume de Hongrie se trouvait reconstitué à l’égal de l’Empire d’Autriche. L’ignorance géographique de l’étranger à l’égard de la Hongrie égale du reste, comme nous allons le voir, de celle des Hongrois pour le dehors, devint dans la presse hongroise un sujet permanent de moqueries acerbes.

C’est en ces efforts de se faire connaître que peut se résumer toute la politique extérieure du pays jusqu’à la guerre. J’en exclue certaine rapports secrets avec T Allemagne qui passaient en marge, par l’Ambassade austro-hongroise à Berlin, dont le titulaire, sur le désir même de Berlin, était toujours un aristocrate magyar, et le Consulat général d’Allemagne à Budapest, toujours dirigé par un Junker bon teint. Pour le reste des pays, comme toutes les communications du gouvernement hongrois devaient passer par les postes de la diplomatie commune, demeurée foncièrement autrichienne, l’on peut se figurer la défiguration que subissait la pensée magyare au cours de sa cascade par dessus les échelons de la bureaucratie K. K.

A cette tendance à discréditer la pensée magyare, vint se joindre, lorsque la question des nationalités en Hongrie avait pris de la virulence, une politique autrichienne consistant à donner tort aux Hongrois. Par la voie de Prague, de Bucarest et de Belgrade où l’on n’était pas tendre pour les Hongrois, cela se comprend, les bruits de la lutte passèrent à l’étrangre, après quoi Vienne, toujours imbue du vieux centralisme, surenchérissait par la voie de l’information officieuse, voire officielle*

Je dis les choses comme je les ai vues, et non pas comme on les a imprimées. Le dualisme fut une des erreurs politiques de l’Autriche, des seigneurs magyars et de Bismarck. Destiné à satisfaire les Hongrois, dont

Bismarck avait besoin, sorti d’un marchandage politique par lequel on avait cherché à contenter « tout le monde » en conservant la vieille chèvre autrichienne et le petit chou hongrois, on ne contentait personne, mais on mécontentait puissamment les nationalités.

La politique extérieure de la Monarchie, étant soidisant commune aux deux pays, relevait parlementairement des « Délégations », corps constitué d’un nombre limité de représentants des parlements autrichien et hongrois. « Ainsi, dit un journal de Budapest, « nos parlementaires finirent par se désintéresser des « choses de l’extérieur, considérées comme une spécia- « lité dévolue aux membres des « Délégations ». On « étudie en Hongrie les sciences sociales et financières, « mais point les questions étrangères, de sorte que, « même nos sommités politiques, se distinguent par « une ignorance géographique sans pareille. » (Budapesti Hirlap, 23 juillet 1905.) En effet, je me rappelle une conversation que j’eus vers cette époque, avec Alexandre Wekerlé, président du Conseil et au cours de laquelle je fus obligé d’expliquer à cet important personnage, des éléments de géographie humaine dont aurait ri un élève de troisième. Un autre grand journal hongrois avait déjà écrit en 1902 : « Si nous passons « en revue nos hommes d’Etat, nous ne voyons aucun « qui soit capable de servir notre avenir extérieur. Le « dernier qui ait su dire un mot énergique fut Coloman « Tisza qui, à propos du coup d’Etat bulgare en 1886, « déclara que nous ne permettrions sous aucune condi- « lion, ni une avance ni un protectorat de la Russie 1 « dans les Balkans, et encore cette déclaration avait- « elle été suggérée à notre grand ministre par Jules- « Andrâs-sy, père de l’alliance avec l’Allemagne, ami « de Bismarck. »

Un mot ici sur la politique balkanique de la Hongrie. Sous ce rapport, il y avait, en effet, une idée, elle consistait à favoriser l’indépendance et l’évolution des Etats balkaniques, afin qu’aucune grande puissance ne puisse s’implanter dans la péninsule, « car nous ne pouvons empêcher une conquête des Balkans par d’autres, qu’en n’en faisant pas nous-mêmes ». Cette politique n’eut pas le moindre succès; cela se comprend, la Russie ayant su prendre ces Etats sous son parapluie, l’occupation de la Bosnie-Herzégovine en 1879 fut l’œuvre de la Cour de Vienne, celle du Sandjak de Novibazar, de même; on tendait ouvertement vers Salonique, mais on protestait contre la politique russe vers Constantinople. Vienne conclut d’abord l’accord de Mürzsteg dans l’intention secrète de s’implanter dans la Macédoine occidentale de façon à être en première loge lors du futur partage de la Turquie. Vint, en 1906, le baron Lexa Aehrenthal et l’annexion de la Bosnie contre laquelle l’opinion hongroise protesta autant que cela était possible. La pauvre politique magyare dut capituler devant les tendances de ses autocrates alliés de l’Autriche et visant des conquêtes dans le proche Orient.

Après la guerre la situation n’avait pas beaucoup changé : en 1919 Sir Georges Clark, le représentant de l’Entente en Hongrie pouvait encore déclarer à Budapest : « (Les Hongrois ne comprennent rien à la politique extérieure. » Et, certes, l’adaptation fut difficile, d’autant plus difficile, que la situation de la Hongrie, devenu subitement souveraine et indépendante, pouvait se comparer à un navire ayant brisé ses amarres et jeté en pleine tempête au large.

La nouvelle diplomatie hongroise n’avait ni passé ni tradition, ni préparation, et les faibles lumières de

ceux qu’on appelait en Hongrie des hommes d’Etat n’avaient jamais brillé au delà du pont de la Leitha à Bruck. Les éléments magyars de la diplomatie impériale et royale étaient donc tout indiqués pour servir de cadre au nouveau service extérieur de la Hongrie souveraine. Ils y apportèrent les procédés tortueux, l’habitude des pratiques et menées souterraines, provocatrices de conflits auxquels nous dûmes jadis le procès Friédjung (1909), l’affaire Prohaska (1912), créée pour susciter la guerre contre la Serbie, puis le drame de Sarajévo... Ces petits Metternich et leur école constituent encore aujourd’hui le fond moral de la nouvelle diplomatie hongroise.

La Hongrie rénovée chercha son orientation, sentant bien que des appuis lui étaient indispensables. Cela donna lieu à des commentaires et à des rivalités aigresdouces dans la presse étrangère. Aussi, pour clamer ces appréhensions, le comte Teleki, président du Conseil déclara-t-il en date du 12 août 1920 que la Hongrie ne songeait qu’à sa consolidation intérieure, que son gouvernement était décidé a ne s’engager dans aucune aventure, de ne participer à aucune action militaire ou diplomatique n’intéressant pas directement la Hongrie, et de demeurer un facteur actif de l’ordre et d’une paix durable.

Dans son exposé du 24 septembre 1920, le comte Teleki constata qu’une orientation française n’était pas à négliger, que la France était à l’heure l’Etat le plus puissant dans l’Europe Centrale, qu’elle venait d’appuyer la Hongrie en mainte occasion difficile, qu’elle l’avait ravitaillée en charbon, qu’elle lui avait facilité la reprise de ses relations avec ses voisins immédiats notamment les relations économiques avec la Tchécoslovaquie... mais ce même jour le président du Conseil,

en même temps ministre des Affaires étrangères, remit ce dernier portefeuille au comte Emeric Csâky.

Le 12 décembre de la même année dans son leader, le Pester Lloyd, tout en versant une larme "sur feue l’orientation allemande, « la seule vraie et bonne, quoique pour l’instant indésirable en raison des mauvais résultats- qu’elle venait de donner », constata que l’orientation française avait dû être abandonnée et que le pays s’était retiré dans une position d’attente. C’est que l’orgueil magyar est « daczos » (combattit) et ne saurait s’associer au vainqueur.

L’Italie le guettait depuis longtemps; l’ancienne fraternité d’armes de 1848 et 1866, les souvenirs du colonel Romanelli, de la mission militaire italienne qüi avait sauvé tant de vies hongroises pendant leJbolchévisme et avait su tenir tête avec une rare énergie à Bêla Kun et à ses complices, l’arrivée des premiers wagons italiens de vivres et de vêtements en plein dénument général après la cessation des hostilités, la serviabilité de tous les Italiens à l’égard des Hongrois, la mémorable activité en faveur du pays du général Mombelli, président du grand Conseil militaire de l’Entente en Hongrie, etc., etc., constituaient un terrain admirablement préparé à un rapprochement italo-hongrois auquel il ne restait au comte Bethlen, succédant au comte Teleki à la tête du gouvernement hongrois, que de poser la clef de voûte.

Ce sont là les prémices dont l’alliance italienne fut la conclusion.

Quant aux facilités d’un retour à l’orientation allemande elles peuvent s’expliquer, à part l’amour de l’autocratie magyare pour la force prussienne dont nous avons parlé, par le fait que la Hongrie est comme une éponge imprégnée de germanisme. Pendant des siècles

les lumières extérieures n’ont pénétré en Hongrie qu’à travers l’AlLemagne, toute l’idéologie hongroise n’est qu’une traduction en magyar de l’idéologie allemande; méthodes scientifiques, littérature, arts ont leurs racines dans le germanisme. Tout Magyar cultivé parle l’allemand, qui est son idiome véhiculaire pour l’étranger; de grands journaux, comme le Pester Lloyd paraissent, prospèrent en Hongrie, et donnent même le ton à l’opinion. L’oligarchie magyare trouvait donc un vieux terrain propice au retour à une alliance allemande en marge de celle italienne, Les peuples ont la mémoire si courte et ne se rappellent jamais* que les roses d’antan, sans se souvenir de leurs épines. Les petits Metternich hongrois de même !

La Pologne est située au Nord de la Tchécoslovaquie, à l’opposé de la Hongrie. Au jour où elle fit mine de ne plus être d’accord avec la France et avec la Petite Entente de monter en croupe derrière Hitler, quitte à se faire jeter bas au premier saut, se réveillèrent en Hongrie les souvenirs des rois communs de jadis et de la fraternité d’armes hongro-polonaise de 1848.

Le Comité national de Vémigration polonaise à Paris, déclarait en 1832 : « La Pologne agonisante a tourné « ses yeux vers la Hongrie, et c’est d’elle qu’elle attend « sa résurrection. » La situation aujourd’hui est exactement renversée. C’est de la Pologne que la Hongrie, agonisante selon les Magyars, attend sa résurrection. On espère d’abord une frontière commune par le retranchement de la Subcarpathie tchécoslovaque du fait d’un de ces coups d’énergie triomphante dont la Pologne fit récemment preuve. On espère ensuite que la menace polonaise fera rendre gorge à la Tchécoslovaquie pour les territoires slovaques. Visiblement on continue à Budapest à ne douter de rien et à ignorer qu’on

LR DANGER HONGROIS

ne peut pas toujours empêcher les enfants de jouer avec des allumettes.

Complétons ici de quelques réflexions, ce que je dis dans le chapitre précédent touchant la politique de la France dans le bloc Hongrie, Autriche, Allemagne.

Les relations officielles, entre la France et la Hongrie, au temps de la double Monarchie, furent toujours réservées et strictement correctées; ainsi le voulait la constitution bicéphale de l’Empire faisant de la Cour de Vienne, le centre de la politique extérieure. Il y avait en plus la fascination que les exhibitions de la force germanique exerçaient sur les hommes d’Etat des deux moitiés de rAutriche-Hongrie. Ni Vienne, ni Budapest ne se esraient jamais permis le moindre écart de la ligne de conduite fixée par Berlin; pas le moindre tour de valse avec la France, aucune initiative n’était permise. On était médusé, plat et obéissant comme des écoliers.

(Les sympathies sincères que nous rencontrâmes en Hongrie, nous venaient toutes de l’opposition, surtout kossuthiste, donc de la grande majorité de l’opinion. Leur caractère anti-gouvernemental et anti-autrichien, nous rendait la réciprocité difficile du moins officiellement, mais notre presse a souvent manqué de réparer ce défaut. Hélas, l’histoire de notre presse d’avantguerre, notamment de la grande presse, est un chapitre peu réjouissant. On se contentait d’insérer et de commenter avec force éloges ce que Berlin soufflait à Vienne et à Budapest, et ces éloges semblaient rarement désintéressés.

Les plus intéressantes de ces manifestations étaient généralement étouffées, comme celle à Budapest de 1870-71, en faveur d’une prise d’armes de l’Autriche-

Hongrie aux côtés de la France, et dont ceux-là même qui l’étouffèrent, se targuent aujourd’hui afin d’influencer les Français au bénéfice de révisionnisme. Mais il en fut aussi de tolérées, voire de provoquées, avec l’assentiment de Berlin, toutes les fois que le gouvernement hongrois songeait à émettre un emprunt sur le marché français; Berlin a toujours approuvé quand il s’agissait de « prendre » en France. Il y eut ainsi un temps où l’on pouvait s’attendre à ce qu’un brusque mouvement de sympathies francophiles fût automatiquement suivi d’une « carotte » de quelques centaines de millions. Même le premier emprunt hongrois émis à Paris en 1868, avait été précédé, ou accompagné, de l’offre faite à Napoléon III d’une alliance offensive et défensive austro-hongroise contre la Prusse, par M. Kiss de Nemeskér, grand seigneur magyar, ami de Kossuth, réfugié en France, rentré en grâce à Vienne et très hautement répandu dans le monde des Tuileries. L’alliance ne réussit point, malheureusement pour nous, mais l’emprunt eut un plein succès, M. Kiss en fut l’heureux ouvrier.

Les sympathies que l’opinion française manifesta ensuite aux Slaves et aux Roumains d’Autrihe-cHongrie dans la lutte pour leur émancipation, vinrent jeter quelque trouble dans l’eau calme des anciens rapports. La France qui savait fort bien ce qu’elle faisait, fut fort mal traitée, en Hongrie, par les hautes compétences mêmes, dont la presse hongroise avait maintes fois souligné les défaillances géographiques, et l’insuffisance de lumières extérieures.

A mesure cependant que les armements allemands et austro-hongrois commençaient chez nous à provoquer des doutes, le bas de laine français se resserrait, ce qui

engendra encore une fois le courroux de l’opinion hongroise. Les organes officieux nous enseignèrent charitablement que les finances n’avaient rien à voir avec la politique, que nous retardions d’un siècle à vouloir mélanger les deux choses, et qu’au lieu de gaspiller notre épargne aux emprunteurs de Haïti, de l’Uruguay et de l’Equateur, nous ferions mieux de soutenir la Hongrie dans sa marche vers le progrès.

Au lendemain de la guerre, nous fûmes maudits et voués aux gémonies en Hongrie. Alors que ce fut Wilson le principal coupable du morcellement de la Hongrie, la France servit de bouc émissaire. On nous classa parmi les peuples réprouvés que l’Eternel fera disparaître. Le « biïdôs Francia » (Français puant) était dans toutes les bouches. « Nem, nem soha » (jamais, jamais) était la devise. Les patriotes de professions, dont M. Gômbôs lui-même semblait regretter de ne pouvoir nous faire subir les traitements que la terreur blanche infligeait aux Juifs qui refusaient de « chanter >>. La France se vengera élégamment. Ces messieurs eurent en Europe une si mauvaise presse qu’on finit par faire venir une équipe de notables écrivains français afin de blanchir ce qui n’était plus blanc. La lessive fut condensée dans un livre qui eut un réel succès chez tous les fils de Joseph Prud’homme.

Vint l’affaire des faux francs où de hautes compétences politiques magyares eurent l’idée lumineuse de fabriquer un milliard et plus de billets de mille francs dans la louable intention d’inflationner la devise française tout en se procurant d’immenses ressources, soi disant devant servir à la propagande révisionniste magyare. On ne saurait donner une plus grande preuve de naïveté politique. Ce fut là un pas de clerc, si

jamais il en fût. Que penser d'hommes d’Etat de ce calibre !

Encore une fois les caisses hongroises étaient vides. Se souvenant de la générosité avec laquelle la France leur avait réduit leurs dettes d’avant-guerre, ces messieurs se mirent de nouveau à courtiser le bas de laine français, en escomptant la prodigieuse faculté d’oubli dans cette France où tous les trois mois arrivait au pouvoir une équipe de bons hommes ne vivant que dans le présent, oublieuse d’hier et insouciante de demain. Et la France marcha. On serait en droit de demander quelles ont bien pu être les raisons de haute politique qui ont porté le gouvernement français à retomber dans ses anciens errements de dupe, en accordant en 1931 à la Hongrie un emprunt de plus de 300 miliinos, pris sur le trésor, c’est dire sur le contribuable, si l’on ne connaissait pas l’écœurante cuisine des parlementaires et des financiers, chez qui l’appât des grosses commissions prime toutes les considérations d’intérêt national. Cette dernière opération eut tout juste la valeur morale de l’affaire des faux francs, car cet argent n’a servi qu’à « forger des verges pour nous fouetter ». Elle fut autorisée par un ministre statufié depuis à titre d’ange de la paix, ce qui rappelle le mot de Pascal ( Pensées , art. XXIV-LI).

Le total des sommes, capital et intérêts, que la Hongrie, insolvable en ce moment parce que gaspillant l’argent en armement et en propagande, doit ainsi à la France, représente un nombre fort respectable de milliards; je proposerais volontiers, si jamais il était question d’un remaniement de la carte, comme condition première, de payer d’abord celle-là.

Et, de nouveau, nous sommes traités en Hongrie comme nation primaire ignorant que la révision cons-

titue un intérêt vital pour la France, qui, toujours bornée et toujours bernée, s’entête à ne pas compren r dre « ce qui est lumineux pour tout esprit clairvoyant ».

Or, tant que la France n’aura pas compris son rôle qui consiste à engager la Tchécoslovaquie, la Roumanie et la Yougoslavie à rendre des territoires à la Hongrie, elle ne doit compter en Hongrie que sur les sympathies qu’inspirent à tout bon Magyar les lingots d’or déposés dans les caveaux de la Banque de France. Que nos nouveaux gouvernements se le tiennent pour dit.

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