‹ Le Danger Oxycarboné: En Temps de Paix - En Temps de GuerreChapitre 33 sur 58 · C. — CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

C. — CONCLUSIONS

En résumé, la toxicité des gaz d’automobiles relève d’un mécanisme complexe.

C’est surtout la combustion incomplète du carburant qui est en cause avec, au premier plan, la présence de l’oxyde de carbone qui, pour être le plus souvent négligeable, ainsi que nous l'avons vu, peut atteindre parfois des proportions susceptibles de provoquer des accidents sérieux, et même très exceptionnellement mortels. |

En dehors de l’oxyde de carbone, les hydrocarbures qui, bien qu'avec une pathogénie toute différente, puisqu'ils ne semblent pas agir sur l’hémoglobine, seraient susceptibles de provoquer des accidents à syndrome bulbaire.

La décomposition des huiles de graissage serait également à envisager comme appoint de toxicité, huile subissant au contact des cylindres une combustion partielle avec production d’acide carbonique, mais encore d’oxyde de carbone et de produits mal déterminés parmi lesquels cependant on a signalé lacroléine.

Mais il est une source de toxicité non négligeable, le plomb tétra-éthyle Pb (C?N°)4 utilisé depuis 1925 comme antidétonant et additionné à l’essence dans la proportion de 1 pour 1.000 ou 1 pour 1.500, en vue d’un meilleur rendement du moteur.

Toxique par lui-même, volatil à la température ordinaire, il pénètre dans l’organisme par inhalation, par absorption cutanée, par voie digestive même, comme l’a montré Borpas, et est susceptible de créer un syndrome toxique se rapprochant du saturnisme, en s’accumulant au niveau du système nerveux par combinaison avec les lipoïdes. Il semble qu’il serait désirable d’en prohiber l’emploi et de le remplacer par d’autres antidétonants tels que l’alcool, le benzol, le toluol, etc.

En Allemagne, on utilise le carbonyle de fer, Fe (CO)*, sous le nom de motylène, qui ne semble

pas être toxique et sa combustion produirait seule-

PT ment de l'acide carbonique et de l’oxyde de fer sous forme impalpable et invisible.

Un auütre élément de toxicité résulte encoré dans: les atéliérs dé réparation, de la production d’oxydes d’azote par les chalumeaux oxyhydriques et oxyacé-

tyléniques.

Physio-pathologie.

Après avoir passé en revue les causes diverses de production d'oxyde de carbone dans la vie urbaine ainsi que les proportions susceptibles d’être rencontrées pratiquement, nous envisagerons le point de vue biologique.

Tout d’abord l’hémoglobine, tant «in vitro » qu’ «in vivo » se combine à l’oxygène en donnant de l’oxyhémoglobine. C’est le phénomène fondamental de l’hématose qui se produit au moment de la respiration au niveau des alvéoles pulmonaires et la fixation de l’oxygène sur les globules rouges se fait par l'intermédiaire du plasma sanguin dans lequel ce gaz se dissout. Puis au niveau des tissus, il y a libération de l’oxygène nécessaire aux combustions intracellulaires, sources de la chaleur et de la vie. En définitive,

nous sommes en présence d’une réaction réversible : Hb + O0? = Hb O?

L’oxyde de carbone se combine à l’hémoglobine du

sang, fait capital à la base de l’action nocive de ce

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