Moteurs à « huile lourde
Tout récemment, en décembre 1937, dans un très intéressant rapport au Conseil d'Hygiène Publique et de Salubrité du Département de la Seine, au nom de la Commission d’étude contre la « Pollution de l’air », le général MAURIN et KLING étudient la composition des gaz d’échappement des moteurs du type « Diesel » dans les cylindres desquels on introduit de l'air pur, puis du combustible liquide, lourd (+ gas oil») finement pulvérisé.
En marche normale, il n’est pas utilisé de bougie d'allumage : l’inflammation du mélange se fait sans l'intervention d’aucun dispositif extérieur, grâce à Félévation de température produite par la compression brusque de l'air.
Ces auteurs ont expérimenté 3 types de moteurs :
un moteur Baudouin, à accumulation d’air ;
un moteur C.L.M. Berry, à deux temps, à pistons
opposés ;
et un moteur Lorraine, à chambre de précombus-
tion, avec trois échantillons différents de combustible : Gaz oil type «Chemin de fer», type «Irak» et type « Vénézuela ».
Quatre conditions de marche sont envisagées :
au ralenti, à vide,
à faible charge (20 à 25 % de la charge normale),
à charge normale,
et en surcharge de 10 % environ.
Eos er
Nous indiquerons seulement les proportions d'oxyde de carbone observées, puisque aussi bien l’objet de
notre étude se borne-t-il au « Danger oxycarboné ».
Dans le moteur Baudoin, le pourcentage d’oxyde de carbone dans les gaz brûlés est inférieur à 0,1 en volume, à faible charge et à charge normale. Il peut monter jusqu’à 1, dans le cas de surcharge et surtout avec déréglage de la pression d'injection, quantité cependant nettement inférieure à celle que nous avons indiquée dans les gaz d'échappement et fumées de moteurs « à essence », dont la carburation est gé-
néralement trop riche.
Avec le moteur C. L. M. Berry, la proportion d'oxyde de carbone observée dans le cas le plus défavorable ne dépasse pas 0,16 %.
Enfin, avec le moteur Lorraine, elle est très faible, elle oscille entre 0,02 et 0,05 % et son maximum, avec tous les déréglages, est de 0,15 %.
Ainsi donc, les quantités d’oxyde de carbone contenues dans les fumées émises par les moteurs « Diesel » sont très faibles et fort inférieures à celles produites par les moteurs alimentés à l’essence et cela tiendrait, d’après les auteurs, à ce qu’ils fonctionnent avec une admission d’air pratiquement constante et que, même en cas de surcharge, les gaz d'échappement qu’ils évacuent contiennent encore un excès d'oxygène très notable, excès qui devient très
considérable lorsque la charge diminue.
Aussi au point de vue émission d’oxyde de carbone,