‹ Le Danger OxycarbonéChapitre 47 sur 56 · Protection collective · texte numérisé non relu

Protection collective

Nous serons très bref en ce qui concerne la protection collective contre les gaz de combat en général.

Elle comprend :

a) L’INSTALLATION DE SIGNAUX D’ALERTE (signaux acoustiques et signaux optiques, tels que fusées, pour les armées en campagne, sirènes pour les populations

civiles).

b) L'ORGANISATION DES ABRIS. — Sans entrer dans le détail de l’organisation de la protection individuelle de la population civile, nous nous bornerons à énumérer les différentes mesures envisagées : création d’'abris profonds, évacuation de la population civile «passive» en ne conservant que les corps « actifs »

participant à la défense, à la désinfection et à la vie

sociale indispensable ; mise à la disposition de masques à gaz.

Ces mesures sortent un peu de notre cadre et nous nous limiterons à celles relatives à la protection contre l’oxyde de carbone.

Elles ont été envisagées par l’autorité militaire et réunies dans «/l’Instruction technique sur la proteclion contre les gaz de combat > à laquelle nous em-

pruntons ce qui suit :

« 326. — La présence de l’oxyde de carbone peut être révélée au moyen du détecteur L. D. Celui-ci se compose d’un petit flacon dont le bouchon en liège est traversé par un tube de verre. Ce tube porte, à l'extérieur du flacon, une poire en caoutchouc ; le bouchon est muni d’une rainure latérale permettant le passage de l'air, et d’un crochet auquel on adapte une bande de papier réactif (1), dont un approvisionnement est conservé, à l’abri de l’humidité, dans un flacon bouché.

A la partie supérieure d’une bande de papier réactif, faire un petit trou à l’aide d’une épingle ou d’un canif. Tremper le papier dans l’eau propre ; le retirer rapidement et éliminer l’eau en excès en agitant, ou : mieux en pressant légèrement le ruban entre deux

feuilles de papier buvard.

(1) Le réactif utilisé est vraisemblablement du chlorure de palladium. Sans mettre en doute l'efficacité de cet appareil, nous sommes sceptiques quant à son utilisation par les corps de troupe et nous craignons fort qu’on s’exagère les services qu’il serait susceptible de rendre.

M. Bouyssy 9

Retirer le bouchon de l'appareil pour suspendre le papier par son trou au crochet du bouchon, puis reboucher.

Se protéger avec un appareil isolant avant de pénétrer dans l'atmosphère suspecte. Placer le flacon dans cette atmosphère ; presser la poire une vingtaine de fois (avoir soin de ne pas obturer l'orifice de prise d'air) de façon à remplacer l'air contenu dans le flacon par l'air extérieur.

Examiner ensuite le flacon hors de l’atmosphère suspecte. Pour une dose d'oxyde de carbone de 1/3.00 à 1/1.000 en volume, on voit au bout de 2 à 3 minutes, le papier prendre une teinte grise très nette. Pour une concentration supérieure à 1/1.000, Ia réaction est d'autant plus rapide et la teinte d'autant plus accentuée que la dose d'oxyde de carbone est plus forte.

Pour chaque recherche, employer une nouvelle bande de papier.

Outre la reconnaissance des atmosphères suspectes pour laquelle on opère comme il vient d'être dit, le détecteur peut servir également aux occupants d'un local ou aux travailleurs d'une galerie pour s'assurer que latmosphère dans laquelle ils vivent n'est pas viciée par l’oxyde de carbone.

On peut aussi déceler l'oxyde de carbone en utilisant des petits oiseaux qui tombent morts dans une atmosphère contenant une dose d'oxyde de carbone qui n'est pas encore dangereuse pour l'homme.

La manifestation des premiers symptômes d'in-

toxication oxycarbonée (maux de tête, vertiges, fa-

tigue, etc.) chez tous les occupants d’un abri doit être considérée comme un indice suffisant de la pré-

sence de l’oxyde de carbone.

327. — Lorsque la présence de l’oxyde de carbone dans un abri est soupçconnée ou décelée, la première chose à faire est d’évacuer l’abri et de n’y laisser pénétrer que les hommes munis d’un appareil isolant.

Assurer ensuite la ventilation de l’abri, soit en allumant des feux, soit par aspiration à l’aide de ventilateurs., Un simple dégagement d’oxygène serait inefficace.

L’assainissement par le feu ne s'applique pas aux

galeries de mines.

328. — Les opérations de sauvetage ne sont faites que par des hommes munis d’un appareil isolant. Elles doivent être conduites par équipes de 2 hommes au moins ; en cas de besoin, un des sauveteurs doit pouvoir porter secours à l’autre.

Le matériel destiné à donner les premiers soins

aux intoxiqués est fourni par le service de santé.

329. — Pour éviter les accidents dans les abris de mitrailleuses, chercher autant que possible à instailer celles-ci à l'air libre.

Lorsqu'il est nécessaire de recourir aux abris, assurer une ventilation énergique en maintenant un courant d’air permanent entre le créneau de tir et la porte.

Diminuer le dégagement d’oxyde de carbone en

rapprochant autant que possible l’axe de pivotement de la paroi de l'abri, de manière que l’orifice d’échappement des gaz se trouve franchement hors de l’abri ; ce résultat pourra être obtenu en pratiquant dans la paroi, au-dessous du créneau, un logement pour les pieds antérieurs du trépied, ou en montant la mitrailleuse sur un affût de circonstance approprié.

Dans le cas où ces conditions ne seraient pas réalisables et si les mitrailleuses ne sont pas pourvues d’un dispositif assurant l’évacuation des gaz de la

poudre, munir les mitrailleurs d'appareils isolants ».

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