LIL. — MILIEUX D'HABITATION DES ÊTRES VIVANTS
Les plantes et les animaux dépendent de la terre, qui fournit les éléments inorganiques sur lesquels s’appuie la vie : chaux, silice, magnésie, alumine, soufre, phosphore, fer, manganèse, etc. C’est d’elle et de l'air que nous tirons les matériaux qui servent à notre accroissement, ainsi que les ali ments qui nous nourrissent. Nous sommes, en quelque sorte les parasites de la terre, comme les ténias, les bothriocéphales, les ascarides sont les nôtres.
Il est facile de voir que la terre et ses annexes ont été disposées pour permettre l’évolution de la vie. L’harmonie qui existe entre les êtres organisés et le milieu où ils vivent est parfaite. Qu'elle s’interrompe en un seul point, et ils devront disparaître. Pour qu’ils pussent se perpétuer, il fallait que Vair ambiant convint à tous ; que cet air pénétrât le sol et qu’il vint se mêler aux couches superficielles des eaux douces ou salées. Il fallait que la lumière fût ce qu’elle est : trop diffuse, les végétaux se fussent étiolés ; trop vive, ils auraient été surexcités. Ïl fallait des alternatives de pluie et de sécheresse; des terrains humides et des terrains secs: une salure médiocre de l’eau des mers; un sol composé de particules faciles à pénétrer. Tout cela existe, et les vues providentielles peuvent facilement en être déduites. Si ces conditions eussent été différentes, il y aurait une autre nature organique. Telle que la terre existe, elle se prête d’une manière merveilleuse au développement des êtres vivants. Qu’une lagune se forme et persiste, qu’un coin de terre émerge du sein des eaux, et presque aussitôt apparaissent des animaux et des plantes. Ces dernières surtout sont envahissantes et s'emparent du sol, sans rien laisser d’inoccupé. Le sable des déserts et celui des rivages, les moindres anfractuosités des rochers, les troncs d’arbres jeunes ou vieux,
se couvrent de plantes, et il suffit du moindre espace laissé libre pour qu’elles puissent prospérer.
Lorsque la végétation des plantes ligneuses vient à cesser sur les hautes montagnes, la végétation des herbes continue. Si, par delà la limite des neiges éternelles, un roc coupé à pic laisse à nu ses pans perpendiculaires, les lichens et les mousses s’y établissent et de petites plantes viennent y fleurir. Si le sommet du Mont-Blanc pouvait se dénuder, il se couvrirait de verdure.
Mais tous les lieux ne conviennent ni à toutes les plantes, ni à tous les animaux. A chacun son habitation, à chacun son climat, à chacun le milieu hors duquel il ne saurait vivre.
La terre a trois océans : un central, le feu; un extérieur, la mer; un aérien, l'air. La densité de ces océans diminue du centre à la circonférence, atmosphère comprise. Tous ont leurs tempêtes : l’océan de feu ne se révèle à nous que par des désastres, et il communique avec le sol par la bouche des volcans; l’océan des eaux s’émeut de la violence des vents, et plus grands sont les troubles de l'air, plus violentes sont les tempêtes qui agitent la mer.
Mais ces troubles momentanés profitent à la nature organique : l’eau de la mer et celle des lacs se saturent d'air, et les animaux à branchies, ceux mêmes qui vivent à de grandes profondeurs, respirent plus aisément. Les rivières dont le cours est rapide et qui descendent des montagnes s’aèrent aussi dans leur trajet avant d’arriver dans la plaine, et l’eau acquiert des qualités vivifiantes qu’elle n’aurait pas sans cela. Enfin les vents, s'ils soufflent sans trop de violence, renouvellent les couches inférieures de l’atmosphère, la purifient et activent la nutrition des plantes en favorisant la transpiration, qui appelle des racines vers les feuilles de nouveaux sucs nourriciers.
Quoique d’ordinaire les plantes et les animaux soient divisés en aquatiques et en terrestres, tous sont aériens, puisqu'il faut, comme condition essentielle de la vie, que l’air intervienne, soit directement, soit à l’état de mélange avec l’eau.
L’air a partout la même composition ; il semblerait donc au premier abord que les animaux et les plantes pourraient vivre