RER RS
retrouver dans les pays chauds tous les animaux des pays froids, la chaleur favorisant la vie au lieu d’en abréger la durée ?
Pour sortir de ces difficultés insurmontables et rester, sinon dans le vrai, du moins dans le possible, il faut admettre que les plantes et les animaux ont été créés pour le lieu où nous les voyons vivre aujourd’hui.
Les plantes des montagnes y resteront toujours, celles de la plaine ne les escaladeront pas. Le moineaudes neiges (Fringilla nivalis) ne viendra jamais nicher dans nos villes; le nénuphar jaune ne quittera pas l’eau pour le sable, ni la truite des ruisseaux pour les grands fleuves. Nous ne verrons point en Europe les colibris voltiger sur nos fleurs, ni notre chardonneret s'attaquer aux immortelles du cap de Bonne-Espérance; le tronc de nos arbres ne se revêtira jamais d’orchidées ni de broméliacées, non plus que les baobabs africains de lierre et de chèvrefeuille.
En voyant les plantes et les animaux complétement séparés par la qualité des terrains, la nature des eaux, l'élévation des montagnes au-dessus des mers, la différence des climats, on doit croire que la sélection n’a pas pu produire des aptitudes si diverses, et que d’autres causes plus puissantes ont dû intervenir. C’est là ce qu’il conviendra d’examiner bientôt.