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voudra de ne pas accepter ce système; mais nul ne pourra se refuser de croire qu’à son début la création, lors même qu’elle aurait eu la cellule pour prototype, a dû la créer, tandis que les hétérogénistes se contentent d’étendre ses propriétés et de croire possible que, détachée d’une membrane qui a vécu, elle puisse se comporter comme germe.
De la spécificité bien établie de la cellule, ne faudra-t-il pas déduire l'impossibilité de la métamorphose d’une plante en une autre plante, d’un animal en un autre animal? car nonseulement la forme aurait été changée, mais même la nature intime des organes élémentaires. Ce serait admettre une véritable métamorphose. Une forme serait détruite pour en créer une autre, comme le phénix qui renaissait de ses cendres toujours plus jeune et toujours plus beau. Il ne semble pas que la nature procède ainsi; elle est soumise au mouvement, mais ce mouvement est réglé dans son action : c’est une loi.
Nous reconnaissons volontiers que tous les êtres vivants ont entre eux des rapports d'organisation qui les unissent, sinon toujours par la forme, du moins par la manière de vivre.
Ce qu'ils ont de commun, c’est un pouvoir de résistance qui s’oppose pendant un temps à la disjonction des cellules élémentaires,—base des organes, — maintenues unies par une force particulière qualifiée de vitale. Quoiqu’elle n’ait pas une durée indéfinie, comme l'attraction qui s'oppose à la séparation des molécules inorganiques, dont l’ensemble forme l’individualité minérale, elle résiste comme elle. Aussi longtemps que l'être vit, il met obstacle par les actes fonctionnels des organes à la séparation de ses éléments constitutifs; il meurt si la force chimique l'emporte sur la force vitale, et ce que la nature avait prêté, elle le reprend.
Tous les êtres vivants ont, sinon dans les parties extérieures qui les protégent, du moins dans leurs organes sous-jacents à l’épiderme, une certaine souplesse due à l’intermixtion, dans toutes leurs parties, d’une quantité d’eau plus ou moins consi-
dérable. Végétaux ou animaux naissent, s’accroissent et se reproduisent en vertu d’acles qui tendent au même but, quoique avec des moyens différents. Si tous ont besoin d’eau, tous aussi ont besoin d’air. Mais faut-il conclure de ces rapports fonctionnels qu’il n’existe pour tous qu’un type, et ne vaudrait-il pas mieux se contenter de reconnaitre que leurs destinées seules sont pareilles : naître pour vivre, et vivre pour mourir ?
Pour qu’il n’y eût qu’un seul type, il faudrait qu’il n’y eût qu'une seule espèce de plante et qu’un seul animal pour s’en repaître ; or, comme les deux règnes sont variés à l'infini dans les formes extérieures et dans la constitution élémentaire des organes qui composent leur masse; comme ils vivent dans des milieux pour lesquels ils ont été façonnés, et que leurs habitudes, leurs instincts, leur intelligence diffèrent, nous ne voyons plus seulement un type, mais une foule de types, et nous déduisons de leur manière diverse d’être une place distincte dans la création. Nous admettons qu’ils puissent disparaitre, nous ne comprenons pas aussi bien qu’ils puissent
changer.