‹ Le darwinismeChapitre 18 sur 28 · IE · texte numérisé non relu

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On reconnaît généralement, en zoologie, comme base de classification, quatre embranchements, et deux seulement en botanique. Serait-ce là les trois ou quatre types que veut bien admettre le système ? Mais combien n’en existe-t-il pas d’autres! En ce qui concerne seulement les vertébrés, peut-on se refuser de reconnaître un type distinct dans chacun des ordres, mammifères, oiseaux, reptiles et poissons. De ce que certains mammifères volent, et exceptionnellement de ce que l’ornithorhynque et l’échidné ont des mâchoires façonnées en bec, sont-ce des motifs suffisants pour croire qu’ils indiquent une transition des mammifères aux oiseaux? De ce que ceux-ci ont des pieds écailleux, un cou très-long, qui souvent ondule comme le corps d’un reptile, en déduira-t-on qu'ils ont quelque chose en eux qui les rapproche des serpents, et que peut-être ils en dérivent? De ce que les gobies et les blennies

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peuvent quitter l’eau momentanément pour s'élever sur les écorces moussues, sont-ils pour cela des animaux terrestres et grimpeurs? L’anguille, qui rampe plutôt qu’elle ne nage, estelle proche parente de la couleuvre, quoique l’une respire avec des branchies et l’autre avec des poumons? Où trouver les rapports qui uniraient les mollusques aux vertébrés? Serait-ce parce que les uns, suivant qu’ils sont terrestres ou aquatiques, respirent avec des poumons, comme les mammifères, les oiseaux et les reptiles, et avec des branchies, comine les poissons? Quoi de plus différent de tous les autres embranchement, que les articulés, et parmi ceux-ci quoi de plus distinct que les insectes et les arachnides, que les crustacés et les aptères, quoique tous aient le corps et les membres articulés et un système nerveux ganglionnaire? Et les rayonnés, les coraux, les madrépores, les éponges, à quoi se rattachent-ils? Enfin ce monde invisible, les infusoires, à quoi, pour la plupart, ressemblent-ils?

Cherchons seulement les types dans les mammifères, combien n’en devra-t-on pas reconnaître ! Les chéiroptères, les marsupiaux, l'éléphant, le cheval, le bœuf, la plupart des édentés à langue extensible, la baleine, le cachalot, ne sontils pas des types nettement caractérisés?

Si du règne animal nous jetons un coup d’œil sur le règne végétal, il ne nous sera pas difficile de conclure dans le même sens : fucus et champignons, mousse et lichen, lis et palmier, bambou et chêne, gui et nénuphar ! Tant de formes heurtées, tant de manières de vivre, tant d’aptitudes ou d’habitudes différentes, pourraient-elles appartenir à des créations lentement façonnées et sorties d’un même moule, seulement modifié ? D'ailleurs, comment établir les filiations? Prenons pour exemple de cette extrême difficulté une créature ambiguë, le lamentin. A bien voir, quoiqu'il puisse vivre dans l’eau, nager comme un poisson, et qu’il soit pourvu de nageoires, il a sa place parmi les animaux terrestres. C’est sur le rivage de la mer qu’il se nourrit, s’il est herbivore; c’est là qu’il se repose, qu’il doit s’accoupler, qu'il allaite ses petits. Le fera-t-on dériver d’un mammifère terrestre? alors lequel choisir? Si tout change pour se perfectionner, d’où est-il sorti? Son corps pisciforme devien-

dra-t-il propre à la vie terrestre? Ses jambes et ses bras, si prodigieusement raccourcis, sont-ils destinés à s’allonger, et ses nageoires à se métamorphoser en pieds propres à la marche? Changera-t-il les fucus pour l'herbe des prairies, ou les poissons pour la gazelle ou le lièvre? Admettons que le temps produise ces merveilles, qu’aura-t-il gagné? Rien; il aura perdu. Le temps pourra le modifier, diminuer ou bien augmenter sa taille, changer la couleur de son pelage, sans pour cela en faire autre chose qu’un amphibie. Est-il destiné à devenir un cétacé? Non, sans doute, car ce serait évidemment déchoir, puisqu'il perdrait une faculté, celle de sortir de la mer.

Mème difficulté pour l’hippopotame, le rhinocéros, l’éléphant, le tapir et une foule d’autres. La sélection, dites-vous, perfectionne. Il faudrait expliquer ce qu’on entend par le mot perfectionnement. Tous les animaux actuellement vivants n’ont-ils pas la perfection propre à chaque espèce, et ne sontils pas merveilleusement appropriés à la nature des milieux dans lesquels ils vivent? Le singe, s’il devient marcheur, sera-t-il amélioré? Le lion, le tigre, le cheval, l'aigle, le condor, le cygne, le caïiman, le crocodile, la tortue, le requin, l'esturgeon, n'ont-ils pas toute la perfection possible? Changez-les, et ils seront déchus. L’argonaute, l’escargot, le homard, la langouste, l’abeille, la mouche, les araignées fileuses, le scorpion, n’ont-ils pas en eux tout ce qu’il faut pour vivre et reproduire leur race? En est-il autrement des plantes ? le champignon, la mousse, le lichen, les fougères, les palmiers, les bananiers, nos saules, nos chênes, nos hêtres, ne sont-ils pas parfaits, chacun dans son espèce? La rose, le lis, la violette au parfum si doux, le jasmin, qui le lui dispute en suavité, ont-ils besoin de qualités nouvelles? A l’homme de modifier, pour en tirer le meilleur parti, les plantes et les animaux qui peuvent s’y prêter ; à la nature de résister à son industrie, et de maintenir les types en leur conservant les caractères qui les distinguent les uns des autres.

L'homme lui-même, pour progresser, n’a qu’à rester ce qu’il est; son corps gardera sa forme, et son intelligence le caractère qui lui est propre. Supposer une créature humaine

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plus parfaite, sortie de nous, ne semble possible, ni même nécessaire. Nous n’avons pas reçu nos priviléges par droit de naissance, ils ont une source plus élevée. Ils sont notre conquête ; c’est l’œuvre du temps et des efforts heureux que nous tentons chaque jour dans la voie du progrès.

Le fameux axiome : Natura non facit saltus, équivaut à dire que tous les êtres forment une chaîne non interrompue qui les unit les uns aux autres par des transitions insensibles et graduées. On peut, jusqu’à un certain point, comprendre que cet enchainement existe en effet; mais il n’est pas toujours possible d’en réunir tous les chainons, et souvent on les cherche sans pouvoir les trouver. Les personnes qui constatent ces lacunes disent, non sans quelque vraisemblance, que les anneaux manquant reposent dans les couches du globe, audessous de la surface actuelle de la terre.

Les caractères qui unissent les êtres vivants, quels sont-ils? Si l’on voulait descendre jusqu'aux parties élémentaires des organes, sans avoir égard à la manière dont ils fonctionnent, et sans se préoccuper de la forme, on devrait aboutir nécessairement à la cellule, et déjà nous en avons fait la remarque ; mais, sans nier précisément qu’il en soit ainsi, on se contente de chercher des rapports d'ensemble, afin d’établir dans le règne organique une série continue également satisfaisante dans toutes ses parties. :

Nous voyons bien que les vertébrés, — pour ne parler que de cet embranchement, le premier de tous, — ont en commun une colonne vertébrale, base du squelette, un axe cérébrospinal, des côtes et presque universellement des appendices destinés à la locomotion ; mais la manière de vivre est si différente et si bien appropriée aux milieux d'habitation, les téguments extérieurs sont si variés, que les ordres de cette division primaire semblent n’appartenir qu’à eux-mêmes : et l’on se demande alors, sans trouver une réponse satisfaisante, par

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quels caractères les mammifères sont unis aux poissons ou aux reptiles, les oiseaux aux mammifères, les poissons aux oiseaux, et l’on ne peut se dispenser de constater que les types mammifère, oiseau, reptile et poisson sont parfaitement isolés. Ce sont bien des vertébrés, et si c’est par là qu’ils s’unissent les uns aux autres, plusieurs caractères, dont il est inutile de démontrer l'importance, les séparent. Les animaux à poils, à plumes, à écailles, n’ont qu’une parenté de convention. Rien ne rapproche intimement les mammifères des oiseaux, ni lornithorhynque, ni l’échidné; la chauve-souris qui vole, le phoque qui nage, l’autruche et le casoar qui courent, n’en sont pas moins des mammifères et des oiseaux. La dissimilitude ne fait que se prononcer davantage, si nous passons des vertébrés aux mollusques, et des mollusques aux articulés, les uns privés de squelette, les autres avec un squelette extérieur dont toutes les parties sont mobiles. Et que dirons-nous des rayonnés, animaux composés, et des infusoires, si variés de forme ? Quelle place leur donnera-t-on dans la série animale ? Disons-le, le mot règne, étant de pure convention, peut être diversement interprété, et l’on pourrait entendre dire, sans être en droit de s’étonner : le règne des vertébrés, des mollusques, des articulés, et, pour les plantes, le règne des fucus, des champignons, des fougères, des palmiers, des conifères; et cela avec d’autant plus de raison, que si ces êtres, si diversement organisés, ont en commun la vie, ils vivent de cent manières différentes. Ne sont-ils pas terrestres, aquatiques, pulmonés, branchiens, trachéens, carnassiers, herbivores, suceurs, vivipares, ovipares, ovovivipares, gemmipares? Le sang n’est-il pas froid, chaud, rouge, rosé? Les sucs des plantes n’ont-ils pas une constitution chimique infiniment variée? Ces dissemblances ne permettent pas toujours de souder ensemble les nombreux anneaux de la chaîne des êtres, et cependant il faudrait qu’il fût possible d’en comprendre la continuité, autrement le système des types réduits, comme géniteurs de toutes les formes végétales et animales, pécherait par sa base. Considéré sous le rapport psychique, l’homme lui-même est séparé par un abime des mammifères, auquel cependant le rattache son organisation physique. N’est-il pas doué d’une

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intelligence indéfiniment progressive, qui fait sa dignité et qui lui révèle la grandeur de ses destinées ?

Plusieurs naturalistes éminents ont inféré de cette loi du progrès, à laquelle seul entre tous les animaux l’homme est soumis, qu’il doit constituer un règne à part. Il est bien difficile d'admettre une séparation aussi radicale. Les caractères physiques déterminent seuls la place que doivent occuper les êtres dans chacun des embranchements. Or, qui oserait nier que l’homme ne soit un mammifère? Peut-être pourrait-on accorder les exigences de l’histoire naturelle avec celles de la métaphysique, en mettant l'homme tout à fait en dehors des classifications. Cette séparation n’aurait rien d’illogique. N’estil pas le point de départ de toute science? l'être auquel tout se rattache, le seul qui comprend, juge et apprécie?

Quoi que puissent dire les partisans de la progression indéfinie des types, jamais aucune espèce d’animal ne viendra se fondre ou se confondre avec l’homme, et l’on peut à bon droit s'étonner qu’on ait pu sérieusement écrire que nous sortions de la même souche que les singes ; qu’ils étaient nos cousins germains ou même nos grands parents. Les siècles, disent certains naturalistes, ayant perfectionné le singe, il s’est lentement métamorphosé en homme. Dans cette opinion, la métamorphose des formes se serait étendue à l'intelligence ; or, si l’une semble difficile, l’autre parait absolument impossible.

La forme du singe ne lui a pas été donnée sans intention ; elle s’harmonise avec sa manière de vivre, qui est toute spéciale : c’est le seul mammifère de grande taille qui soit arboricole. Ses longs bras, ses longues jambes, ses pouces opposables, la souplesse de ses articulations, ce corps si agile et ces membres si flexibles, conviennent tout à fait à ses habitudes d’acrobate ; il court sans peine sur les arbres : on croirait que c’est pour lui qu’aurait été inventé le mot gambader. Forcez cet animal à marcher, et le voilà gèné comme le chien savant qui danse sur les pattes de derrière. Et ce serait de cet animal dont les idées sont aussi mobiles que les gestes, que nous pourrions dériver ! Que le gorille ait des pouces à peine opposables aux pieds de derrière, qu’il passe ses nuits à terre, qu’il marche moins mal que les autres quadrumanes, qu’il les dépasse en

puissance musculaire et en stature ; ce ne sera pas pour nous une raison de croire que jamais il puisse devenir un homme, çar ce qu'il a d'intelligence ne le distingue en rien des autres mammifères. Pour croire à cette descendance de l’homme par le singe, il faut sortir de toute vraisemblance ; supposer que la vie arboricole lui aura déplu; que las de courir sur les arbres, il ait pu juger que le séjour de la plaine valait mieux, et qu’il fallait, quittant des habitudes justifiées par l’organisation, s’essayer à la marche, lui, ses petits et leur lignée. Cette résolution, suivie d’effet, aura rendu les pieds moins maladroits; les pouces, dont le système musculaire se sera modifié, p’auront plus été opposables qu’aux mains ; les mollets et les muscles fessiers se seront prononcés davantage, afin de rendre la station verticale plus facile. La face aura pris le caractère et le calme de la physionomie humaine; plus de nez aplati, plus de museau prognathe, plus de grimaces, plus de gambades ! Tout le reste s’en sera suivi, armes, abri contre les intempéries de l'air, provisions pour prévenir les disettes, langage sans lequel ne saurait être formé le lien de famille, moralité des actes, conscience, intelligence toujours en progrès; et le singe, ainsi métamorphosé, après avoir changé le fruit pour la chair, sera devenu l’un des ancêtres de Newton, de Leibnitz et de Descartes. Ne croyons pas à de semblables merveilles ; rien n’a pu se passer ainsi. Les animaux ont leur lot et nous avons le nôtre ; ils resteront ce qu’ils sont et nous progresserons toujours. Quoique notre intelligence puisse se communiquer par l'éducation à nos animaux domestiques, ce n’est qu’un pâle reflet de la vive lumière qui nous éclaire, et l'individu ne peut en faire profiter l’espèce. L’épanouissement progressif de cette merveilleuse faculté nous sépare chaque jour davantage des animaux. Ils ne marchent pas, et nous marchons toujours. Le Juif errant personnifie l'humanité, elle ne doit plus s’arrêter. C’est là ce qui nous fait douter de la valeur absolue de l'axiome Natura non facit saltus : s’il est soutenable au point de vue de l’homme physique, il ne l’est plus s’il s’agit de l’homme moral. Mais si l’intelligence humaine a été refusée aux animaux, il ne faut pas croire qu’ils n’en aient pas une qui leur soit propre et qui n’est pas la même pour tous. Sans vouloir

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ouvrir une discussion sur l’âme des bêtes, âme qui serait aussi différente de la nôtre que leur intelligence diffère de notre intelligence, il faudra pourtant convenir qu’il y a chez les animaux des qualités immatérielles dont le pouvoir mystérieux règle les actes de la vie. Ils sont de ce côté aussi distincts les uns des autres que par le côté corporel. Admettre qu’ils changent, c’est supposer qu’ils changent aussi bien sous le rapport matériel que sous le rapport psychique. Outre que nous ne voyons pas bien la nécessité de ces changements d'état, nous refusons de croire qu’ils puissent agir sûr l'intelligence et la rendre perfectible, de stationnaire qu’elle était. Or, c’est là ce qui arriverait si les animaux devenaient plus intelligents sous une forme plus parfaite. Nous attribuons à l’espèce une grande puissance de résistance à l’action du temps. Ce qu’elle produit se borne à des modifications légères qui n’atteignent pas le type dans son essence, et cette permanence d'état s'étend à l’homme pour le rendre immuable sous le rapport physique.

Que les êtres vivants aient entre eux des analogies, qu’ils forment une longue série qui unit les organismes simples aux organismes composés, personne ne pourrait le nier. Vus par un certain côté, ils sont donc analogiques. Pour être un animal, il faut pouvoir se déplacer à l’aide d’organes locomoteurs, avoir en soi les moyens de réparer les pertes quotidiennes qu’entraine la vie; il faut respirer, éprouver des sensations, se mettre en rapport avec des individus de son espèce pour reproduire sa race. Pour être plante, il faut absorber les liquides et les gaz, se les approprier en les décomposant ; recevoir l’influence de l'air et de la lumière, se laisser pénétrer par le calorique, se reproduire à l’aide de germes ; mais, malgré la diversité des formes, animaux et plantes devant naître, s’accroître, se reproduire et mourir, ne sauraient être complétement isolés, puisque tous ont des destinées communes et que tous parcourent les mêmes phases d’existence.

Dire de deux êtres organisés qu’ils vivent, c’est donc indiquer une parenté et constater des rapports d'organisation; de sorte que par ce côté nous pouvons admettre comme rigoureusement vrai Faxiome : Natura non facit saltus, mais en le paraphrasant, et en disant que la nature, qui eniploie toujours

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Jes mêmes éléments pour donner la vie, ne varie que la forme : si bien que deux êtres étant donnés, quelque séparés qu'ils soient en apparence par la structure extérieure, il est permis de décider qu’ils se ressemblent encore plus qu’ils ne diffèrent. Mais ces analogies fonctionnelles n’empêchent pas la permanence du type spécifique. Ce qui va suivre est destiné à le prouver, en montrant combien sont nombreux et variés les caractères sur lesquels ce type est basé, caractères qui déterminent les habitudes et la manière de vivre.

V. — PARTICULARITÉS DE LA VIE DES PLANTES ET DES ANIMAUX QUI SEMBLENT REMONTER A L'ORIGINE DES ESPÈCES ET LES RENDRE IMMUABLES.

$S 1. — Agents de locomotion.

La locomotion n’est pas seulement le pouvoir, mais aussi la volonté de changer de place; c’est dans l'exercice libre de cette faculté, refusée aux plantes, que réside surtout la dignité du règne animal. Il était indipensable qu’elle fût accordée aux animaux, car elle est pour eux une condition d’existence. Les deux principales nécessités de la vie, l’alimentation et la reproduction, ne pouvaient être satisfaites sur place. Il faut que les aliments soient en rapport avec l’organisation de chaque animal, et que le concours des deux sexes ait lieu pour opérer le grand œuvre de la reproduction. Comment ces fonctions conservatrices de l’individu et de l’espèce eussent-elles pu s’accomplir sans s’aider de la locomotion? Les plantes se nourrissent et se multiplient sans quitter le sol où elles vivent attachées, aussi sont-elles hermaphrodites, et seulement par exception unisexuelles. Les conditions dans lesquelles elles se trouvent sont trop bien connues et les séparent trop complétement des animaux pour qu’il soit besoin de les exposer ici. Tous les actes qu’elles accomplissent s’opèrent à leur insu sans qu’elles y participent par la volonté, tandis que les animaux, quoique poussés fatalement vers les actes qui soutiennent la vie

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ou qui la perpétuent, ne les accomplissent pas sans que la volonté y ait une part, quelque légère qu'elle soit.

On peut trouver les extrêmes de la puissance locomotrice dans le vol de l'aigle qui fend les airs, et dans le mouvement très-restreint des mollusques attachés aux rochers, réduits uniquement à ouvrir et à fermer leur coquille.

Les agents à l’aide desquels les animaux se déplacent sont extrêèmementnombreux ; les plus résistants, ceux qui agissent avec le plus de puissance, ont été attribués aux animaux terrestres, et nous en avons donné ailleurs les raisons : ils marchent, volent, rampent, grimpent et sautent. Les animaux aquatiques, qui n’ont pas besoin de varier autant le mode de locomotion, nagent et rampent, car on ne peut raisonnablement regarder comme vol l’élan que prennent certains poissons qui s’élancent hors de l’eau pour y retomber presque aussitôt,

Chacun de ces modes de locomotion résulte de modifications particulières du squelette, ou de la souplesse que peut acquérir, soit la colonne vertébrale, soit le corps tout entier des animaux articulés. Nous allons successivement les indiquer, et nous ferons voir que ce n’est pas au hasard qu’elles sont dues, puisqu'il en résulte des aptitudes et des facultés différentes. L’embranchement des vertébrés présente les plus considérables.

Parmi les mammifères, l’homme est le seul qui soit organisé pour la marche à station verticale, et son pied, Le plus long et le plus large de tous, relativement à sa taille, la lui rend facile. On doit voir en lui un plantigrade, cependant il n’appuie sur le sol que le talon et l'extrémité interne du métatarse.

Pour la marche bipède et quadrupède, il faut que les articulations soient maintenues par des ligaments solides qui cèdent et résistent sans trop de roideur ou sans trop de mollesse. C’est là ce qui n’a pas lieu chez les quadrumanes. La souplesse excessive des articulations, avantageuse pour la vie arboricole, est défavorable pour la marche ; aussi doit-on dire qu’ils ne marchent pas, mais qu’ils gambadent. Le pouce qui est opposable aux mains de derrière rendrait seul la marche extrêmement difficile.

Les pieds de l'ours rivalisent en largeur et en longueur avec

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ceux de l’honmme, ce qui explique la facilité avec laquelle il se tient debout ; mais cette large base de sustentation ne lui permet pas cependant de garder longtemps la station verticale, c’est soutenu sur ses quatre pattes qu’il se déplace pour marcher et courir.

Les meilleurs marcheurs sont les digitigrades. Les carnassiers s'appuient sur quatre ou cinq doigts ; l'éléphant, sur trois ; le cerf et le bœuf, sur deux ; le cheval sur un doigt unique : il est monodactyle. Un assez grand nombre de carnassiers, à doigts armés d'ongles crochus, sont grimpeurs. Tous les animaux marcheurs peuvent sauter : tels sont surtout les kanguroos, les gerboises, l’hélamys, le néotome de la Floride et le gerboa. Le saut chez eux n’est pas le résultat de la volonté, mais une nécessité de l’organisation. Les membres thoraciques, les bras, ne sont pas en rapport de dimension avec les membres postérieurs ; ces animaux, posés sur les quatre pattes, ont le corps incliné en avant et la tête presque à niveau du sol, ce qui rend la marche extrêmement difficile, aussi n’at-elle lieu que dans l’état de calme ; aussitôt qu’ils redoutentun danger, ils s’élancent, bondissent et disparaissent. Sont-ils en repos, ils s’accroupissent et s'appuient sur leur queue, qui est très-longue et très-robuste. Lorsque la nature a déshérité un animal sur quelque point, elle l'en récompense sur un autre.

Les modifications les plus profondes que subissent les agents de locomotion chez les mammifères sont celles qui, en leur interdisant la marche, leur donnent le vol et la natation.

Une classe tout entière de mammifères, les chiroptères, a des ailes formées de membranes attachées aux bras, aux avantbras et aux doigts, dont les phalanges ont une longueur extraordinaire ; elles s'étendent jusqu'aux membres inférieurs, auxquels elles vont s'attacher. On trouve parmi les marsupiaux un exemple de cette organisation curieuse, le phalangier volant, et un autre parmi les rongeurs, le polatouche ; mais la palme du vol, parmi les mammifères, Papartient de droit aux chiroptères.

Une élongation considérable des phalanges, qui pourtant ne sont pas unies entre elles par des membranes, se remarque chez l’aye-aye, animal frugivore de Madagascar. Il peut em-

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brasser les troncs dans une grande portion de leur circonfé. rence, et s'élever dans la cime, soutenu par ses longs doigts, aussi haut qu’il le veut. Ici la longueur extraordinaire des phalanges supplée à l'absence d’ongles crochus dont les doigts de l'animal sont dépourvus.

Il existe des mammifères nageurs et marcheurs : les castors, la loutre, les hydromys, l’ornithorhynque et l’échidné; ils ont les doigts palmés, et cette disposition sert à la natation sans nuire à la marche. Les cétacés amphibies sont d’excellents nageurs ; s’ils atterrissent, ils se traînent sur le sol sans chercher à s'éloigner du rivage. Ce ne sont pas seulement les doigts qui sont modifiés chez ces animaux, mais le corps tout entier, devenu pisciforme. L'organisation des cétacés marins est modifiée d’une manière encore plus profonde, quoiqu’elle tende au même but.

Ce n’est point au hasard qu'ont été réglées les dimensions des organes locomoteurs chez les mammifères. On sait pourquoi la girafe a des jambes si grandes, et pourquoi les gazelles, les cerfs, les chevaux, en ont d’aussi déliées et d’aussi favorables à la course : sans elles, ces herbivores, créés sans armes, ne pourraient échapper à la dent des grands carnassiers. Les longs bras et les longues jambes des quadrumanes leur permettent de saisir des branches, qui sans cela ne seraient pas à leur portée ; aussi quand ils se déplacent, croirait-on qu’ils courent. À ces moyens puissants de locomotion vient s'ajouter une queue prenante pour les singes du nouveau continent. /

Les oiseaux volent, nagent, courent, sautent et grimpent comme les mammifères, mais leur organisation les destine surtout à se servir de leurs ailes. Les rapaces et les insectivores ont la supériorité du vol; les échassiers sont marcheurs, les palmipèdes nageurs, et les DR méritent le nom sous lequel on les désigne.

Les oiseaux ont quatre doigts : trois doigts en avant et un en arrière, le pouce, ou deux en avant et deux en arrière, le pouce et le doigt externe. Destinés presque tous à percher, il fallait que les doigts fussent disposés sur deux plans, afin de pouvoir, en se repliant, saisir la branche sur laquelle ils cher-

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chent un appui. Il est digne de remarque que le doigt postérieur ou pouce n’existe pas ou n’existe qu’à l’état rudimentaire chez beaucoup d’échassiers ou de palmipèdes qui ne perchent pas. Chez les viseaux grimpeurs, le pied a deux doigts antérieurs et deux doigts postérieurs, afin d’équilibrer les forces qui sont ainsi réparties également, soit que l'oiseau monte, soit qu'il descende. Les doigts sont totalement unis par des membranes dans les vrais palmipèdes et incomplétement dans les lobipèdes à doigts festonnés. Les tarses, en général assez courts chez les oiseaux nageurs, sont de médiocre longueur chez les oiseaux de proie, ainsi que chez les passereaux, et gigantesques chez un grand nombre d’échassiers.

Les ongles sont des instruments de préhension ou de défense donnés aux oiseaux et aux carnassiers ; ce n’est donc pas ici le lieu d'en parler. Nous ne dirons rien non plus des particularités d'organisation de l'aile plumeuse ; il devra suffire au sujet que nous traitons, de faire remarquer que plus elle est étendue, plus le volest rapide et soutenu. Les rapaces et les insectivores, qui fendent l’air avec une vitesse que rien n'’égale, sont, sous ce rapport, les mieux doués de tous. Beaucoup d’oiseaux volent pour le seul plaisir de voler; c’est une sorte de gymnastique qui leur plaît. Les échassiers et les palmipèdes, sauf la frégate et quelques oiseaux totipalmes, quoique très-capables de soutenir un vol prolongé, ne volent que pour changer de climat et pour trouver une nourriture plus abondante. Quelques oiseaux lourds ne se servent de leurs ailes que pour s’aider dans la course : tels sont l’autruche et le nandou.

Le nom donné aux reptiles indique leur genre de locomotion ; beaucoup en effet rampent, mais non tous, à beaucoup près. Les ophidiens sont, sous ce rapport, les véritables reptiles. On reconnait les tortues amphibies à la conformation de leurs pieds ; elles nagent avec la plus grande facilité, tandis qu'à terre elles ont une allure lente qui est passée en proverbe. Les petits sauriens courent très-vite, même sur les pans presque perpendiculaires des rochers, et cependant d’une manière sinueuse, comme s'ils rampaient ; les grands sauriens courent aussi, mais en ligne droite, ce qui permet de les éviter. Parmi les animaux qui composent cet ordre, se trou-

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vent quelques espèces organisées pour voler, mais d’un vo] lourd et peu soutenu: tels sont le dragon frangé et le dragon de Java. La reptation des serpents, quelle que rapide qu’elle soit parfois, ne saurait égaler en vitesse la course des mammifères. Certaines espèces glissent sur l’eau avec une merveilleuse facilité.

Les batraciens nagent et marchent d’une manière pénible, en trainant lourdement le ventre, à peine soutenu par des pattes mal articulées.

Si l’aile a été donnée pour le vol, les nageoires l'ont été pour la natation : il n’en est pas de plus parfaites que celles des poissons. Elles résultent de l'allongement et de l’écartement des phalanges, que des membranes unissent entre elles. Les nageoires pectorales sont des bras, les ventrales des jambes. La colonne vertébrale, dans une partie de son étendue, fournit des apophyses qui s’élèvent sur le dos comme de longues crêtes et constituent la nageoire dorsale, tandis que l’extrémité de cette même colonne, épanouie en éventail, forme la nageoire caudale, principal agent de déplacement, A tout cet appareil viennent s’ajouter souvent une nageoire anale et une vessie natatoire, laquelle, par pression, diminue ou augmente le poids de l’animal ; s’il l’a dilate, il monte, et descend s’il l’a contracte. Quelques poissons privés de cette vessie natatoire peuvent introduire à volonté de l'air par l’anus. C’est une manière de suppléer à l’absence de l'appareil hydrostatique qui leur manque et que possèdent les autres. Dans les dactyloptères ou poissons volants, les nageoires pectorales deviennent de véritables ailes qui soutiennent en l’air ces singuliers poissons aussi longtemps qu’elles conservent leur humidité. On sait que les poissons qui vivent en haute mer ont les nageoires beaucoup plus robustes que celles des poissons de rivage. Les poissons qui en sont entièrement privés, ou qui n’en ont que de rudimentaires, les lamproies et les anguilles, se déplacent par une sorte de reptation.

Que dirons-nous de la locomotion des mollusques ? Les espèces terrestres rampent, et, en rampant, peuvent s’élever jusqu’au sommet des arbres, favorisés par la matière visqueuse qui englue leur corps et qui les soutient. Les espèces aquati-

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ues sont aussi très-souvent rampantes ; quand elles nagent, et c’est le plus petit nombre, elles ont pour appareil de natation des lobes attachés à leur pied abdominal, ou des nageoires

Jacées aux deux côtés de la bouche, en manière d’ailes. Les céphalopodes ont pour se déplacer un tube locomoteur hydrostatique.

Les insectes sont peut-être, de tous les animaux, ceux chez lesquels la locomotion est le plus variée. Ils ont six pattes pour Ja marche, deux ou quaire ailes pour le vol, des pattes disposées en rames ou en nageoires pour la natation. Les appareils qui leur facilitent le saut agissent avec une puissance si grande, qu'ils peuvent faire franchir aux insectes qui les possèdent jusqu’à deux cents fois la longueur totale de leur corps. Les orthoptères marchent et sautent, les diptères peuvent indéfiniment soutenir le vol.

L'ampleur des ailes est toujours en rapport avec la grosseur de l'insecte. Généralement la délicatesse des formes appartient aux diptères ; les coléoptères sont surtout bizarres. Certains insectes peuvent marcher sur les plafonds, soutenus uniquement par leurs pattes dont les tarses sont garnis de crochets et de ventouses.

Les crustacés nagent et marchent, et c’est en conséquence de ce mode de locomotion qu’ils sont organisés. Les arachnides marchent, portés sur des pattes, si longues chez certaines espèces, qu’elles en sont gènées. Les annélides rampent ou nagent, suivant qu’ils sont aquatiques ou terrestres. Le mode de locomotion des sangsues, hors de l’eau, peut être comparé au trajet qu’exécuterait un compas ouvert sur le papier, dont on ferait alternativement marcher les pointes, représentées par les deux extrémités du corps de l’animal. Les rayonnés nagent ou rampent. Les acalèphes hydrostatiques siphonophores se déplacent au moyen de vessies aériennes, qu’ils ont la faculté de remplir ou de vider d’air. Suivant qu’elles se vident ou qu’elles se remplissent, la densité de l’animal est changée, et il peut descendre au fond de l’eau ou remonter à la surface. Les grands mollusques et les polypes ont des tentacules pour agents de locomotion.

Qui ne serait frappé des modifications nombreuses que pré-

sentent les agents auxquels les animaux doivent la faculté de se déplacer, et qui ne se verra forcé de conclure qu'elles remontent pour chacun d'eux à l’origine de la création, puisque c’est de leur seule permanence que résulte leur manière d’être. Si la sélection naturelle opérait ainsi qu'on le prétend, elle agirait en sens contraire des lois naturelles.

A bien voir, il n’y a que quatre modes de locomotion : Ja marche, le vol, la natation et la reptation. Le saut n'appartient exclusivement à aucun animal, et vient s'ajouter à Ja marche comme moyen de salut ; la course elle-même n’est qu’une marche accélérée ; grimper, c’est marcher, et tout animal qui grimpe peut en outre marcher, sauter, voler ou ramper.

La marche appartient surtout aux mammifères, le vol aux oiseaux, la natation aux poissons, la reptation aux reptiles et aux annélides.

Le mammifère, pour être dans les conditions les plus parfaites de son organisation, doit être terrestre et marcheur, Or donc, le castor, l’hippopotame, les phoques, qui vivent dans l’eau et sur la terre, non-seulement ne sont pas plus parfaits que les autres, mais au contraire ils le sont moins. Ainsi donc, s’il fallait les ranger à la suite des mammifères terrestres d’après leur degré de perfection apparente, ils devraient être ainsi énumérés : hippopotame, amphibies, cétacés. Et en effet ceux qui présentent les modifications les plus profondes et qui s’éloignent le plus du vrai type mammifère, sont les cétacés et les amphibies au corps pisciforme, les marsupiaux à double parturition, les ornithorhynques et les échidnés aux -pieds palmés, ayant un bec au lieu de mâchoires.

Le vol a pour agent l’aile plumeuse ; les oiseaux, parmi les vertébrés, en sont seuls pourvus. Ainsi, plus l'aile sera capable de servir le vol, plus l'oiseau sera oiseau. Les nageurs, qui n’appartiennent au domaine de l’air que par intervalles; l’autruche, le castor, le nandou, qui courent et ne volent pas ; les pingouins, le manchot, avec leurs ailes impuissantes à quitter le rivage ; l’aptéryx, qui n’a point d’ailes du tout, sont des oiseaux moins parfaits que les autres. Voilà pourquoi les rapaces et les insectivores doivent être placés en tête de la série.

La natation demande la vie aquatique et des nageoires ; autrement, nager et ramper sont une seule et même chose. II faut des nageoires pectorales, ventrales et caudales. En dépit des caractères qui les unissent aux autres espèces à corps eylindroïde, ceux auxquels manquent des nageoires ou qui . n’en ont que de petites, s’éloignent du type poisson pour se rapprocher du type reptile.

La reptation chez les vertébrés n’appartient en réalité qu’aux ophidiens, animaux terrestres totalement privés de membres. Les tortues, les sauriens et les batraciens peuvent marcher; Jeur allure tient tout à la fois de la reptation et de la marche, sans être précisément l’une et l’autre. La reptation des poissons cylindroïdes ne diffère de la reptation terrestre que par la nature des milieux où elle s'opère.

La reptation des animaux articulés n’a pas lieu d’après le même système que celui d’après lequel rampent les ophidiens : chez les reptiles, c’est une simple flexion des vertèbres ; chez les annélides, une contraction et une élongation alternatives des pièces qui constituent le squelette extérieur.

Les insectes sont évidemment destinés au vol; ceux qui n’ont pas d’ailes s’écartent du type général. Il est facile de comprendre que les aptères, par exemple, étant privés des appareils locomoteurs dont sont doués les autres ordres, se trouvent dans des conditions évidentes d’infériorité. De même que la supériorité du vol place les oiseaux en première ligne parmi les oiseaux, de même les insectes qui volent le mieux doivent être mis au premier rang parmi les insectes: ainsi les hyménoptères et les diptères viennent avant les coléoptères, ceux-ci avant les névroptères et les hémiptères, qui sont les derniers de la série sous le rapport de la perfection du vol.

Mais ce ne sont pas là des imperfections, ce ne sont que des nuances. Tout ce qui dure par une reproduction continuée pendant des siècles a ses raisons d’être, et bien audacieux serait celui qui déciderait que ces légères déviations au plan général sont destinées, dans la suite des temps, à disparaître. Un caractère de durée indéfinie semble empreint sur tout ce qui existe, et la nature ne saurait procéder par des retouches,

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comme le peintre qui termine un tableau, ou comme l’écri. vain qui fait un errata après avoir relu son livre. ’

$ 2. — Vie nocturne. "

On donne le nom de vie nocturne à cette manière particulière de vivre qui donne l’activité pendant la nuit et le repos pendant le jour. Les deux règnes en fournissent des exemples nombreux; mais ils sont bien plus saisissants chez les animaux que chez les plantes.

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