‹ Le darwinismeChapitre 19 sur 28 · I. — De la vie nocturne chez les plantes · texte numérisé non relu

I. — De la vie nocturne chez les plantes

Les plantes soumises à la Yie nocturne revêtent une physionomie particulière. On a donné à leurs fleurs l’épithète de tristes, à cause des teintes de la corolle, qui sont ternes. Ces * fleurs, inodores pendant le jour, dégagent leurs parfums la nuit, et, quelle que soit la famille à laquelle elles appartiennent, ce parfum, très-suave et analogue à la vanille, est toujours le même pour toutes. Chez les plantes nocturnes, la fécondation s'opère la nuit, ce qui ne leur est pas exclusif.

Il existe aussi des fleurs crépusculaires : la belle-de-nuit, le Convolvulus tricolor, en sont des exemples remarquables. Même parmi les fleurs qui ne sont ni nocturnes ni crépusculaires, il en est un bon nombre qui ne sont odorantes “que quand le soleil est sous l’horizon; l’air, plus chargé d’humidité le soir et la nuit que le jour, empêche la diffusion trop rapide des effluves aromatiques, et l’abaissement de la température concourt au même résultat, La chaleur, si elle est trop vive, fait perdre à la plante plus qu’elle ne gagne, et la vie n’a plus la même activité.

Sans avoir un sommeil comparable à celui des animaux, l’absence de la lumière impressionne les plantes d’une manière très-marquée. Chez beaucoup d’entre elles, le pétiole de la feuille s’élève ou s’abaisse ; les folioles se dressent et s’appliquent les unes contre les autres, tantôt par la lame supé-

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rieure, tantôt par la lame inférieure. Le pédoncule de la fleur se comporte comme le pétiole, et Les enveloppes florales, calice et corolle, comme les feuilles, d’une manière même plus marquée, en raison de la délicatesse des tissus et de la facilité

avec laquelle ils sont impressionnés par les grands excitateurs # de la vie. Toutefois, en exécutant ces mouvements, les plantes

obéissent à des lois physiologiques qui sont en elles sans que Jeur structure extérieure puisse en donner l'explication; seulement, on comprend, en voyant certaines de leurs parties articulées, qu’elles sont destinées à se mouvoir, et d’une mapière d'autant plus marquée, que les articulations sont plus nombreuses et mieux conformées.

# Aller plus loin sur ce terrain serait sortir de notre sujet. Nous nous bornerons à faire remarquer que les plantes diurnes, les-plantes nocturnes et les plantes crépusculaires forment trois catégories ou groupes distincts qui ne sauraient procéder les uns des autres par sélection naturelle ou artificielle, les

s propriétés physiologiques ayant une fixité, une persistance,

une ténacité qui dépasse infiniment tout ce qu’on peut attendre de la stabilité des formes spécifiques extérieures.

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