‹ Le darwinismeChapitre 21 sur 28 · LL · texte numérisé non relu

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peut-être même ce besoin est-il encore plus impérieux et peut-on supporter moins longtemps celte privation.

Dans la veille, la vie est tout action; la puissance nerveuse, comme toutes les forces, s’épuise, et le repos devient nécessaire. Ce repos, c’est le sommeil, une sorte de mort avec résurrection de chaque jour. L'animal endormi oublie jusqu’au soin de sa propre conservation. L’œil ne voit plus, l’oreille n’entend rien, les muscles sont détendus, et chez l’homme le cerveau n’a plus que des idées confuses. Lorsque cet état a duré plus ou moins, suivant les diverses espèces d’animaux, le réveil arrive, et les forces sont réparées jusqu’à nouvel épuisement et nouveau sommeil.

Nous n’avons à considérer le sommeil que chez les mammifères et les oiseaux, non que les reptiles et les poissons ne dorment pas, mais parce que le sommeil ne donne lieu chez eux à aucune particularité digne d’être notée. Les serpents se roulent en cercle, et, comme ils n’ont point de paupière, ils cachent leur tête dans un repli de leur corps; les tortues se contentent de rentrer la leur dans la carapace. Même pendant le repos des nuits, les poissons nageurs ne sont pas absolument immobiles, et leurs nageoires les maintiennent en équilibre, Pour tout le reste des animaux, mollusques, insectes et rayonnés, le sommeil m’est autre chose que l’immobilité.

Nous avons parlé des animaux diurnes et des animaux nocturnes, c’était dire implicitement qu’il existe un sommeil de jour et un sommeil de nuit. On peut reconnaître aussi deux genres de sommeil quant à la durée : le sommeil intermittent ou à courte période, et le sommeil continu ou de longue durée. Le premier est celui auquel les animaux se livrént quotidiennement ; le second, qui dure plusieurs mois, est une sorte de torpeur ou d’engourdissement qui a fait donner aux animaux chez lesquels on l’observe l’épithète d’hibernants. L’hibernance est inconnue chez les oiseaux, rare chez les mammifères, et presque universelle chez les reptiles, surtout dans les climats froids ou même tempérés.

Pour goûter ce long repos, les mammifères se blottissent, roulés en boule, dans des trous, avec quelques provisions. Tous ceux qui cèdent à ce genre de sommeil sont frugivores. Une

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