SECONDE PARTIE
Véritable sens de l'Hexaméron.
INSTRUITS par l'enseignement même du Saint Siège, nous pouvons maintenant aborder, sans crainte de nous égarer, l'examen des objections que quelques auteurs ont voulu tirer de la Sainte Écriture contre la théorie de l'origine des espèces organiques par voie d'évolution naturelle. Les textes invoqués appartiennent à la Cosmogonie du Code Sacerdotal ou Hexaméron, ou bien se rapportent à cette Cosmogonie.
On lit, au I®*" chapitre de la Genèse, vv. ii et 12 :
Et Dieu dit : « Que la terre verdoie de jeune verdure ^ : herbes portant de la graine 2, arbres à fruit produisant du fruit ayant en soi sa graine selon leurs espèces, sur la terre. »
Et la terre fit sortir de la jeune verdure : herbes portant
énumérées dans un ordre différent de celui de l'Hexaméron. Pie X agit ici simplement comme évéque du diocèse de Rome et son autorité ne s'impose pas à l'Église universelle. Néanmoins, de ces modifications introduites par Pie X, au lendemain de la promulgation du Décret de la G^mmission Biblique, dans le Résumé d'Histoire Sainte publié par lui-même quelques années auparavant, nous pouvons conclure qu'éclairé par les délibérations de cette Commission, Pie X en est arrivé à considérer comme fausse ou du moins comme improbable l'hypothèse des jours-périodes, et à ne plus accorder un caractère historique à l'ordre de succession des œuvres tel qu'il figure au premier chapitre de la Genèse; ce qui revient à dire qu'il considère désormais l'ordre de succession relaté dans ce chapitre comme appartenant aux éléments figurés du récit. — C'est l'antique thèse de S. Augustin, que nous tenons, pour notre part, comme absolument certaine, et que nous aurons plus loin l'occasion de développer. Les esprits chagrins qui songeraient à nous en faire un reproche voudront bien reconnaître, j'espère, que nous ne nous trouvons pas en trop mauvaise compagnie.