‹ Le Darwinisme au point de vue de l'orthodoxie catholiqueChapitre 24 sur 65 · Ps. cm (Hebr. civ · texte numérisé non relu

Ps. cm (Hebr. civ

3. Le terme 3i32| est employé pour désigner les légumes aussi bien que les herbes des pâturages ot les céréales. Ces deux dernières catégories appartiennent aux graminées qui n'ont commencé à exister que très longtemps après l'époque houillère, et il serait difficile de trouver un végétal du houiller que l'on puisse appeler « légume ».

de l'ère secondaire ou ère des reptiles que l'on se plait à faire concorder avec le cinquième jour, il n'y a pas d'arbres fruitiers, et, à l'époque houillère, il n'y a que des Cryptogames, qui n'ont ni fruits, ni graines, et des Gymnospermes, dont la graine n'est pas contenue dans un fruit. Il est vrai que certains concordistes, qui ont entendu dire, sans doute, que l'on trouve dans le Houiller des Gymnospermes et que les sapins sont des Gymnospermes, ont cru pouvoir tout arranger, en disant que Moïse a fort bien pu appeler fruit une pomme de sapin 1. Mais, par malheur pour le concordisme, les Gymnospermes de nos forêts houillères ne portaient rien qui ressemblât à des pommes de sapin. Leurs graines étaient vraiment nues, insérées, pour la plupart,

I. Est-il nécessaire de faire observer que le terme "^"iB n'avait pas, chez les Hébreux, le sens conventionnel que les botanistes modernes ont donné au terme fruit, mais qu'il a simplement le sens que tout le monde attribue au mot fruit dans le langage usuel. — """iS 1^25 a le sens du terme français arbre fruitier, sens fort bien exprimé par la version des LXX (^uXov xàp7rt,[j!,0v) et par les versions latines {lignum pomiferum). — On nous a demandé, à ce propos, si un Gymnosperme dont les graines seraient comestibles ne pourrait s'appeler arbre fruitier, ce nom étant parfois donné au noyer, au chataigner, etc. Nous répondrons que la Genèse précise davantage : elle parle d'arbres produisant du fruit ayant en soi sa graine et non des arbres chez lesquels la graine et le fruit (au sens usuel de ce dernier mot) se confondent. Ni le noyer et le chataigner, ni à plus forte raison les Gymnospermes, ne répondent à cette description. Cela ne veut pas dire que l'auteur sacré ait voulu exclure les Gymnospermes de l'œuvre du troisième jour : le psaume cxlviii qui, en parlant de l'œuvre de la création, a manifestement devant les yeux le récit du premier chapitre do la Genèse, invite les cèdres, en même temps que les arbres fruitiers, à louer leur Créateur. Mais l'auteur du Code sacerdotal ne parle explicitement que des arbres fruitiers proprement dits, ce qu'il ne pourrait évidemment faire s'il entendait décrire une végétation, comme la végétation houillère, où n'existait aucun arbre de cette sorte.

sur des feuilles largement épanouies. Il n'est donc pas possible de leur trouver une enveloppe, que, même avec la meilleure volonté du monde, on puisse décorer du nom de fruit.

Les concordistes cherchent à nous expliquer comment la Bible ne place qu'au quatrième jour l'apparition du soleil, en nous disant qu'un soleil à peine sorti de sa phase cosmique, et par suite peu lumineux, ou bien complètement caché par d'épais nuages, était précisément ce qui convenait au développement de la végétation houillère et à la conservation de sa matière sous forme de houille. Mais, il est absurde de supposer que les quantités prodigieuses de calories emmagasinées dans nos dépôts de houille ont été empruntées à ce soleil concordiste. Et, quant à l'affirmation que la chaleur interne du globe terrestre suffisait pour cela, je ne pense pas qu'elle ait grande chance d'être acceptée par les botanistes ^ Il fallait en réahté, pour le développement de la puissante végétation houillère, un soleil ardent, joint à un climat constamment humide, tel qu'on le rencontre aujourd'hui dans la région des grandes forêts intertropicales; et la découverte d'une immense tourbière boisée à Java, presque sous l'équateur, a achevé de démontrer que la riche frondaison des arbres houillers, telle que nous la connaissons aujourd'hui, pouvait, sous un soleil ardent, répandre sur le sol une ombre sufi&sante, pour lui conserver les conditions d'humidité, nécessaires à la conservation des produits de la végétation sous forme de tourbe, qui s'est plus tard transformée en houille. Du reste,

I . On sait, en effet, que la transformation de la matière inorganique (eau et anhydride carbonique) en matière organique (fécule), dans les parties vertes des végétaux, exige l'action des rayons solaires : la température ambiante, quelque élevée qu'on la suppose, ne peut en rien y suppléer.

nous avons la preuve que, longtemps avant l'époque houillère, certaines régions avaient été sous l'influence d'un climat désertique, qui suppose un ciel dépouillé de nuages et un soleil ardent. — Je crois inutile de nous arrêter, à propos du quatrième jour, à l'adorable naïveté de certains concordistes, qui, de ce que le soleil n'est qu'une étoile fixe, trouvent tout naturel de conclure que toutes les étoiles fixes ont dû passer, en même temps que le soleil, de leur phase de nébuleuse à leur phase de plein éclat.

Après le quatrième jour, que les concordistes fixent généralement à l'époque permienne, vient l'ère secondaire, le grand jour de triomphe pour les concordistes. Car, c'est au cinquième jour que Dieu dit :

Que les eaux fourmillent d'êtres rampants ayant souffle de vie et que l'oiseau vole au-dessus de la terre et sous l'étendue des cieux. Et Dieu créa, continue Moïse, les grands monstres marins et tous les animaux rampants dont fourmillent les eaux selon leurs espèces et tous les êtres volants ayant des ailes, selon leurs espèces.

« Est -il possible, s'écrient les concordistes, de mieux définir l'ère secondaire, l'ère des reptiles et spécialement des reptiles gigantesques, respirant l'air en nature, les uns vivant dans l'eau ou du moins capables de nager, les autres volant dans l'air à la façon des oiseaux? Peut-on nier, après cela, que Moïse se montre historien fidèle des époques géologiques? »

Hélas ! ce beau raisonnement est basé sur de simples jeux de mots. Le terme '^'S: (nephesh) a bien, comme le terme grec 'if^xh, la signification primitive de souffle, mais il a aussi, comme ce dernier, le sens dérivé, mais devenu tout à fait propre, de principe vital; ce qui est particulièrement le cas lorsqu'il est associé au terme njn (hhayiâ) = vie : cette expression composée iras n^n (nephesh hhayiâ), mot à mot, souffle de vie, signifie

aussi, par antonomase, animal : et c'est ici le cas. Quant au terme yys (sheretz), que l'on traduit par être rampant, il n'indique pas précisément le mouvement de reptation, tel que nous l'entendons en français; mais il s'applique à tout animal terrestre ou aquatique qui progresse autrement que sur de longues pattes. Les sheretz des eaux, dont il est question ici, comprennent tous les animaux qui nagent dans l'eau, — non pas à la surface de l'eau, mais dans l'eau, — comme le montre le texte de la loi qui distingue les « sheretz des eaux » qui n'ont ni écailles ni nageoires, de ceux qui en ont ^. Il s'agit des poissons, dans le sens large et vulgaire du mot. Aucun exégète sérieux ne doute plus que les animaux dont il est ici question ne soient bien les mêmes que ceux qui sont désignés au v. 26, sous le nom de o^n r:-i (d'gath hayiâm), les poissons de la mer. Mgr Lamy, quoique concordiste convaincu, était trop bon hébraïsant pour ne pas reconnaître la chose comme évidente ^. D'autre part, le terme « reptile » n'a pas, pour le naturaliste, le sens d'animal rampant, et cela est vrai spécialement pour les reptiles secondaires, comme vous pouvez vous en rendre compte, en jetant un coup d'œil sur les planches que j'ai exposées.

Mais pourquoi l'auteur de l'Hexaméron emploie-t-il ici cette périphrase, au lieu d'appeler simplement les poissons, poissons? La réponse est facile à découvrir : l'auteur a agi par un pur souci d'élégance littéraire. Il avait écrit plus haut : « Herbascat terra herbulam, « et « herbas sementantes semina », et bientôt il écrira : que les volatiles volent. De même ici, profitant du double sens du verbe 77:^ (shâratz), qui signifie à la fois foisonner et serpenter, il écrit : « que les eaux foisonnent d'ani-

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