Gen., vni, i
Il nous est donc impossible de reconnaître, par le seul langage de la Sainte Écriture, si le monde, soit organique, soit inorganique, est arrivé au terme de parachèvement décrit dans l'Hexaméron, par une suite d'interventions spéciales de Dieu, ou bien plutôt par l'action divine opérant, comme dans les phénomènes que nous voyons se produire tous les jours, par les causes créées agissant selon les lois naturelles que Dieu leur a imposées en les créant. C'est au sens chrétien et aux sciences d'observation qu'il appartient de se prononcer; et nous verrons, dans la prochaine conférence, que le sens chrétien n'a pas attendu la réponse des sciences de la nature pour répondre à la question dans un sens bien plus radical que celles-ci.
B. Examen de l'argument tiré du repos du septième jour.
Mais une objection, en apparence plus grave, contre la théorie de l'évolution, résulte du contexte. Le P. Brucker est, à ma connaissance, l'auteur qui l'a présentée avec le plus de talent.
Le P. Brucker commence par poser en principe que la succession des six jours de la Genèse doit s'entendre d'une succession réelle dans le temps. Non pas qu'il prétende que les six jours soient des jours véritables : il soutient, au contraire, que l'on peut légitimement, et que, vu les données de la Géologie, on doit les entendre dans le sens de six périodes. Mais ce qu'il retient, et ce qu'il prétend qu'on doit absolument retenir, c'est lé caractère successif des œuvres attribuées aux six jours. Il pense qu'à chaque « jour » de la Genèse correspond la première apparition de l'œuvre assignée à ce jour, bien que l'œuvre ait pu se développer pendant les jours ou périodes suivants ^. La formule aurait pour but de