I II, 4-6III
Création : Surface de la , Terre aride et nue. terre entièrement couverte d'eau.
le jour. Lumière.
Ile jour. Voûte solide du
Ciel.
Séparation de
la terre ferme
TTTo • ) et de la mer,
Ille jour.
Tous les végétaux.
IVe Jour. Soleil, lune et étoiles.
Ve jour. Tous ^ les poissons et TOUS 1 les oiseaux.
Tous les animaux terres- Vie jour, l très.
Humanité (des deux sexes).
Vile jour. Repos de Dieu.
Établissement du régime des pluies.
Premier homme.
Plantes utiles et agréables à l'homme (Paradis terrestre) .
Tous ^ les animaux terrestres et TOUS ^ les oiseaux.
Première femme.
Péché originel. La terre produit des plantes nuisibles à l'homme (épines et chardons).
I. Nous écrivons ici « tous » en petites capitales, parce que le terme bs = tout, se trouve dans le texte sacré; par contre, nous écrivons « tous » en caractères minuscules, là où cette totalité est exprimée seulement par le terme 'i3''oi5.
Et au chapitre XXXI, vv. 15-17 :
Pendant six jours vous travaillerez; mais au septième jour, c'est un sabbat, repos saint pour le Seigneur; quiconque travaillera en ce jour mourra. Que les fils d'Israël observent le sabbat et le célèbrent, en leurs générations. C'est un pacte étemel entre moi et les fils d'Israël et un signe perpétuel; car c'est en six jours que le Seigneur a fait le ciel et la terre, et au septième il a cessé son œuvre.
Donc, disent nos adversaires, la loi de Moïse base le précepte du repos du septième jour de la semaine sur le repos de Dieu, faisant suite aux six jours de l'Hexaméron. Or cette base ferait défaut, si l'Hexaméron ne représentait pas une succession réelle.
Eh ! pourquoi donc, s'il vous plaît? N'est-il plus permis de bcLSer un précepte de morale sur une parabole, lorsque cette parabole a Dieu pour auteur? Que deviendra donc, à ce compte, l'enseignement évangélique, qui se compose en grande partie de paraboles?
D'ailleurs, qu'on veuille bien analyser la valeur logique de cette base. L'Exode ordonne à l'homme d'interrompre son travail le septième jour, à l'exemple de Dieu, qui, après avoir travaillé six jours, s'est reposé le septième. Or l'exemple proposé est évidemment figuré; car Dieu ne travaille pas, et ne se repose pas dans le temps. En toute hypothèse, c'est donc sur un élément figuré que repose le précepte. Que peut faire après cela que le monde ait réellement évolué en six jours? Que peut faire surtout que l'on puisse diviser arbitrairement les temps géologiques en six époques, auxquelles correspondraient, plus ou moins vaguement, les œuvres des six jours de l'Hexaméron. Le type proposé à l'imitation des Hébreux n'est pas le monde qui évolue : c'est le Dieu ouvrier qui travaille pendant six jours et se repose le septième; et, pour ce type, l'élément chronologique ne peut être que figuré.
Mais il y a plus. Nous avons cité les textes de l'Exode d'après la version de la vulgate. Y aurait-il quelque indiscrétion à consulter le texte hébraïque?
L'idée signifiée y est bien la même que dans la Genèse ; mais les termes qui expriment le repos de Dieu sont plus expressifs. Tandis que le verbe n2;a qui, dans la Genèse, exprime le repos de Dieu signifie simplement, en soi, que Dieu a cessé de produire, le terme du premier texte de l'Exode (n:*i du verbe n^iD) signifie, dans son sens primitif, être déposé ou s'abattre, puis se coucher, enfin, dans un sens dérivé identique à celui de notre mot français, se reposer (d'une fatigue) : et tel est toujours le cas, lorsque le verbe a pour sujet un être animé que l'on décrit comme ayant travaillé. — Quant au second passage de l'Exode, saint Jérôme a oublié d'en traduire le dernier mot. « Car c'est en six jours, traduit-il, que le Seigneur a fait le ciel et la terre, et au septième il a cessé son oeuvre » : c'est bien jusqu'ici et le verbe est le même que celui de la Genèse nnttJ il a cessé. Mais le texte de l'Exode ajoute ^"Sï*", c'est-à-dire « et il a respiré » : littéralement « il a repris son souffle ». Ce verbe 'JSSî n'est jamais employé par la Bible, que pour signifier le repos nécessaire pour se remettre de la fatigue corporelle, « ce qui constitue », dit le P. Delattre ^, un concordiste cependant, « ce qui constitue, pris matériellement à la lettre, le comble de l'anthropomorphisme ». — En résimié, les verbes qui, dans l'Exode, expriment le repos de Dieu, signifient un repos physiologique, rendu nécessaire par une fatigue physiologique.
En voulez- vous davantage? — ■ Au chapitre XXIII de l'Exode, v. 12, il est question aussi du sabbat ; seulement, le législateur n'y parle plus du repos de Dieu, mais seulement du repos des animaux et des hommes.