‹ Le Darwinisme au point de vue de l'orthodoxie catholiqueChapitre 40 sur 65 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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parce qu'elles étaient contraires à l'exégèse des anciens Pères sur le sens réel des six jours de la Genèse : dans une matière qui n'intéressait pas directement la foi, il était permis aux Saints comme à nous-mêmes, dira plus tard saint Thomas, de différer d'opinion; mais bien plutôt parce qu'elles semblaient choquer le bon sens et la raison. Les choses en arrivèrent à un tel point, que Pierre, évêque de Sébaste et frère de Basile et de Grégoire de Nysse, justement alarmé pour la réputation de leur aîné, qui avait été aussi leur maître, fit appel aux lumières de Grégoire.

Saint Grégoire de Nysse n'avait ni l'éloquence, ni la brillante imagination, ni surtout les hautes qualités de gouvernement et de direction des âmes de saint Basile ; mais il était plus profond penseur ; ce fut même, si je ne me trompe, le plus profond penseur de l'Église grecque, du moins parmi les Pères dont l'orthodoxie n'a jamais été mise en doute; et il était aussi plus versé que son frère dans toutes les sciences en honneur chez les Grecs. L's^coOev (ptXoaocpta n'avait pas de secrets pour lui. Il n'eut donc pas de peine à comprendre l'impossibilité de soutenir certaines explications par trop anti-scientifiques de Basile, et il n'hésite pas à l'avouer à l'occasion. Nous ne pouvons douter non plus que les détails du système cosmogonique qu'il va exposer ne soient de lui : il a soin de le déclarer, afin qu'on ne leur attribue, dit-il, aucune valeur doctrinale et qu'on ne leur accorde pas plus d'importance qu'à une simple thèse académique. Sans doute aussi devons-nous attribuer au génie de Grégoire la profondeur et la précision dans l'exposé des principes. Mais, par contre, nous n'avons aucun droit de douter de sa parole, lorsqu'il se rend solennellement témoignage qu'il n'enseignera rien de contraire à la doctrine développée par Basile sur la cosmogonie. En un mot, c'est le

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disciple du grand Basile, nourri des principes du christianisme par son maître, qui, mettant au service de ces principes une plus puissante pensée, va nous développer, à propos d'une interprétation douteuse ^ de l'Hexaméron, la théorie chrétienne sur l'action de Dieu dans le monde.

;;; Après quelques notions préliminaires sur les relations entre la Puissance de Dieu, — qui n'a d'autre mesure que sa volonté, et la Volonté divine qui n'a pour règle que sa Sagesse, Sagesse qui sait comment chaque chose doit se produire, et sur l'identité réelle de la Puissance, de la Sagesse et de la Volonté divine, de telle sorte que, pour Dieu, concevoir l'ordre de la création, le vouloir et l'exécuter, c'est tout un. — Grégoire résumée succinctement quelques notions propres à la physique en cours, c'est-à-dire à la physique platonicienne, dont il fera usage pour appliquer les principes 2. Puis il commence son exposé.

Au commencement, c'est-à-dire à l'origine du temps, — donc en un instant mathématique ' — , Dieu créa le ciel et la terre. Par là. Moïse entend tout l'univers sensible; car, le ciel et la terre étant les deux limites extrêmes où s'arrête le regard humain, cette expression comprend aussi tous les corps intermédiaires ^ « Donc, en nous disant, au commencement de sa Cosmogonie, que Dieu créa le ciel et la terre, Moïse nous suggère (en résumé) que Dieu produisit (ou pour traduire plus littéralement : que Dieu projeta, lança xaTspàXXsTo) en un instant, les origines (principes), les causes, les puissances de tous les êtres, ÔTtxàvT(ovTcov6vTcovTàc;à9opp!.àç (=à7uôôp(jLàç:ce d'où

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