‹ Le Darwinisme au point de vue de l'orthodoxie catholiqueChapitre 42 sur 65 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

2. L. c, col. 77. Voici le texte complet du passage auquel nous faisons allusion : rèypaTCTai yàp, 6x1. « *H 8è y^ ^v àopaTOç xài àxaTaaxsûaaToç • » wç èx toutou S^Xov slvat., oTt, TV) (ji,èv 8uvà[X£t Ta TcàvTa ^v èv TrpwTy) toû

0eoij Tiepl TY)V XTlCJtV OÇ)\)Jf\, OÎOVSI (J7r£p[/,aTlXY)Ç tlvoç

Suvà[Ji£Ci>(; Tupèç ty)v toλ TravT^ç yévsaiv xaTa(3X7)6£iair)ç, èv£py£ta Se Ta xaô'ëxaaTov oÛtcû) ^v. « *H yàp yî], çyjalv, ^v à6paToç, xat àxaTaaxsiSaaTOç. »

Suvàjxst, xà TràvToc ^w... olovel OTrepjxaTixYJç Tivèç Suvà[jt,£Ci)(; Tupoç T-/)v Toîi TravToç yéveaiv xaTa[îX7)0eia7)ç, aucune cependant n'avait encore une existence distincte et actuelle. »

èvepYSLoc Se rà xa0' exaaxov outcw ^v.

L'auteur définit donc l'acte créateur comme une sorte d'impulsion par laquelle Dieu projette le monde vers son évohition, qui doit aboutir à la production de tous les êtres qui le constituent aujourd'hui, savoir : le ciel, l'éther, les astres, le feu, l'air, la mer, les animaux et les végétaux. Tout cela était contenu virtuellement (Suvà(X£i.) dans la masse informe et homogène, résultat immédiat de la création; mais aucun de ces êtres n'y avait une existence actuelle.

« De cette projection de la Puissance et de la Sagesse vers l'achèvement de chacune des parties du monde, continue l'auteur ^, devait résulter une succession nécessaire selon un ordre déterminé : de sorte que le feu prit l'avance et apparût avant les autres choses visibles de l'univers ; de même, après lui, celle qui devait le suivre nécessairement, et après celle-ci une troisième, de la façon que la nature artistique y contraignait ; puis une quatrième et une cinquième et le restant de

I. Loc. cit., col. 72 : Tyî Se auyxaTa^XYjôstoT) Suvà(xsi Ts xal (Tocpia Tipoç ttjv TeXeicodiv éxàcrou twv (xopicov Tou xoajjiou, slp[ji6ç tiç àvayxaLoç xaxà Ttva Ta^iç è7C7)xo>.ou0y)a£v, œare to Tîîip 7cpoXa[3£LV(xsvxal7:po£xcpav^ivai. TÔiv àXXcov tcov èv tw Tcavxl 0£(opou(jLévoiv, xal ouTco [jt,£T'£X£'î!vo, TO àvocyxaLcoç, T(p 7upoXa(36vTi é7:6[/,£vov, xal kizX toutco TptTov, «ç yj xzyyviO] auvv]vàyxa^^s çuaiç* TÉxapTov t£ xal TréfZTiTov, xal xà XoiTià TTJç xaxà xà £9£^^i; àxoXouôiaç, oùx aùxoixàxo) xtvl ouvxuj^ia, xaxà xtvà àxaxxov xal xuj^atav (popàv, ôuxoç avaçaivojxEva.

la suite apparaissant de même par ordre, et non par une rencontre de hasard, suite d'un mouvement désordonné et fortuit ^ ».

Veuillez remarquer l'expressiona nature artistique » : « Comme la nature artistique y contraignait » — wç y; TE/VU7) ouv7)vàY)ca(^e (pûaiç.

Le qualificatif « artistique » peut s'attribuer à une œuvre d'art ou à un artiste. Mais ici, la nature artistique est dépeinte comme cause du développement du monde et de son développement ordonné vers le terme voulu par la Sagesse divine. C'est une oeuvre d'art, sans doute, puisqu'elle est l'œuvre de la Sagesse et de la Puissance divines; mais c'est aussi, en quelque sorte, un artiste, parce qu'elle possède V empreinte active de la Sagesse et de la Puissance divines, et que, par cette activité, elle est cause de l'évolution du monde et de toutes ses parties : évolution qui ne peut être qu'ordonnée, et ordonnée comme l'a voulu la Sagesse divine; puisque la nature artistique n'est autre chose que l'impulsion de cette Sagesse, ou, suivant l'expression hardie de l'auteur, elle est la Sagesse et la Puissance de Dieu projetées vers V achèvement de chacune des parties du monde auyxaTapX7)0£iay) SuvàfjLiç ts xal aocpta Tipoç ttjv TeXetoiaiv

éxàcjTOU TCOV (JLOptOiV TOU xoajJiou.

Cette impulsion a d'ailleurs été unique; l'auteur insiste particulièrement sur ce point : c'est la (xia poTiT] 2 : l'imique déclanchement ; et elle n'est autre chose que l'acte créateur. Après cet acte créateur, réahsé à l'origine du temps, la nature artistique exécute néces-

1. S. Grégoire de Nysse entend réprouver ici l'erreur de Démocrite et d'Épicure sur la rencontre purement fortuite des atomes.

2. Loc.cit., col. 72, 73 : "Apxt yàp àOpocoç èv t^ (xt-ôc pOTcyi TOU ôeiou GsX^^fxaToç àSiaxpixcoç tou TcavTOÇ ÛTCoaTavToç,...

TRADITION ET PPIILOSOrHIE CATHOLIQUE 95

sairement le plan divin, par la puissance active gui est en elle.

Pour achever l'exposé des traits généraux de la thèse, il nous reste à dire dans quel sens il faut entendre, d'après saint Grégoire, ce que l'Hexaméron rapporte des paroles prononcées par Dieu et de la constatation par Dieu que ses œuvres sont bonnes.

« C'est avec raison, dit Grégoire, que Moïse inscrit des paroles de commandement, correspondant à chacune des œuvres. Car tout ce qui se fait avec ordre et sagesse est une voix manifeste de Dieu. » Aussi Grégoire pense-t-il que les paroles attribuées à Dieu par Moïse ne sont autre chose que les œuvres mêmes de Dieu ; car, voyant que dans la nature tout est ordonné, nous percevons clairement que tout y est fait selon l'ordre de la sagesse divàne. C'est pourquoi David dit que les deux proclament la gloire de Dieu. Et, de même, parlant des miracles que IMoïse a faits en Egypte, il parle du langage des miracles et des prodiges que Dieu a faits dans la terre de Cham ^. Et, si, après l'apparition de chaque œuvre. Moïse ajoute que Dieu vit qu'elle est bonne, il veut nous apprendre par là que, si nous pouvons estimer, dans une certaine mesure, les œuvres de . Dieu, Dieu seul cependant peut apprécier combien elles sont parfaites ^.

La pensée de Grégoire de Nysse est d'autant plus manifeste, spécialement en ce qui concerne sa façon d'entendre l'évolution du monde par la seule activité des puissances actives que Dieu lui a données en le créant, que l'auteur a soin de répéter cette pensée, en termes variés, à propos de chacune des œuvres dont il traite spécialement.

Le temps nous fait défaut pour suivre l'auteur dans

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