De Genesi ad litieram, 1. IX, cap. xvi (n
2. Voir aussi, à ce sujet, ce que nous avous dit plus haut à propos de S. Basile, p. 98, note 2 de la p. 97.
s'étaient présentées. Nous ne raisonnons pas autrement aujourd'hui. Qui oserait prétendre encore qu'il est radicalement impossible à un œuf de telle espèce donnée de se développer sans fécondation, depuis qu'on a réussi à obtenir le développement d'œufs non fécondés d'oursins et d'autres animaux? — ■ Or, des conditions favorables à la génération spontanée de certains animaux avaient pu se présenter aux premiers âges du monde, qui ne se rencontrent plus aujourd'hui. Quant à la cause, les platoniciens ne regardaient pas les astres comme ayant une essence transcendante par rapport à celle des corps terrestres et les anciens Pères combattent, parfois avec vigueur et même avec excès ^, l'activité que certains philosophes attribuaient aux corps célestes; il est donc naturel que saint Augustin considère les corps d'où naissent les organismes par génération spontanée, comme les véritables causes de ceux-ci, et que, par conséquent, il tienne que les raisons séminales primitives, causes actives de l'évolution naturelle de tous les organismes, avaient pour sujet la matière inorganique solide ou liquide, d'où devaient naître, directement ou indirectement, toutes les espèces vivantes.
Mais des aristotéliciens devaient se montrei plus difficiles.
Aristote, cherchant à préciser les causes des phénomènes que l'on observe sur notre globe, reconnut que
I. Voir S. Basile, /. <;., col. 96 et 120, seq.; S. Jean ChrvsosTOME, ' 0\ii'ki(X.\. sic T7)V FeveaiiV (Migne, P. G., t. LUI, col. 52, 58 et 59); S. Ambroise, Hexaemeron, 1. III, cap. VI (Migne, P. L., t. XIV, col. 166, 167), 1. IV, cap. i et 11 {ibid., col. 187-190. On comprend néanmoins la violente opposition de ces auteurs, si l'on songe aux relations intimes de ces théories avec les doctrines païennes; les esprits qui animaient les corps célestes ou qui les conduisaient et à qui était due principalement leur activité étaient, en effet, des dieux.
beaucoup d'entre eux ne peuvent s'expliquer par les propriétés des quatre éléments. Pour rendre compte de ces phénomènes, il lui parut donc nécessaire d'avoir recours à des causes extra- terrestres. Oi, par des raisons très spécieuses, il avait cru pouvoir établir que les corps célestes ne sont pas composés des quatre éléments, qu'Us sont d'une nature supérieure à celle des corps terrestres et qu'ils exercent sur ceux-ci une puissante activité, provenant de la supériorité de leur nature. Il fut ainsi amené à admettre que les corps célestes exercent une influence générale sur tous les phénomènes de la nature terrestre ou sublunaiie, influence qui, tout en étant subordonnée à l'action de la Cause Première, Premier Moteur immobile, est cependant comparable à celle de la Cause Première par son universalité. Cette influence se fait sentir notamment sur la génération des animaux : le sperme seiait inef&cace, s'il n'agissait sous l'influence des astres et spécialement du soleil d'où l'adage, universellement admis au moyen âge : Homo générât hominem et sol.
Mais là où les causes particulières font défaut, il faut bien admettre que les causes universelles agissent seules. Or tel est le cas, lorsqu'un organisme naît de la matière inanimée, sans le concours de la semence. En effet, comme le dit S. Thomas ^, pour qu'un corps inanimé pût se transformer par lui-même en un être vivant, il faudrait que ce corps put agir sur lui-même. Chez les êtres vivants, qui sont des organismes, chaque partie ne peut non plus agir sur elle-même; mais les divers organes agissant les uns sur les autres, l'être vivant agit réellement sur lui-même. C'est pour cela qu'un être vivant peut évoluer par l'action de vertus séminales dont il est le sujet; ce qui est impossible pour un corps inorganique. — D'où il résulte que, si une