‹ Le Darwinisme au point de vue de l'orthodoxie catholiqueChapitre 48 sur 65 · Ibid., Bt-PX. E , 'kcf. (L. V, cap. xxxi, alias xxv · texte numérisé non relu

Ibid., Bt-PX. E , 'kcf. (L. V, cap. xxxi, alias xxv

que c'est dans les phénomènes actuels qu'il faut chercher la clef de l'origine des espèces dans les temps anciens, le fait de l'origine des espèces par évolution étant d'ailleurs préalablement établi^. Le fondement de la méthode des phénomènes actuels est, pour le naturahste anglais comme pour l'Ange de l'École, V immutabilité des lois de la nature et spécialement des lois de la vie. Et c'est aussi, je pense, par le même principe, que Darvvin, bien qu'il soit peu explicite à ce sujet, a été amené à postuler une intervention spéciale de Dieu à l'origine de la vie. Je crois donc que ce postulat, bien qu'opposé à l'enseignement des Saints Pères qui ont traité ex professo de la question, est légitime au point de vue doctrinal. Et, de même, on devrait admettre la légitimité de toute autre atténuation à la doctrine absolue de l'évolutionnisme naturel, si elle était basée sur de solides raisons scientifiques.

Mais, s'il est légitime d'en agir ainsi, ce n'est cependant qu'à la condition de conserver, comme l'ont fait les Docteurs scolastiques, l'esprit qui avait dicté leurs conclusions aux Augustin et aux Grégoire de Nysse. Cet esprit de naturalisme chrétien a toujours été en honneur dans l'Église, et ce n'est qu'aux époques de décadence qu'on a pu le voir faibhr, dans une certaine mesure. Sous le nom de naturalisme chrétien, j'entends exprimer la tendance à attribuer à l'action naturelle des causes secondes tout ce que la raison et les données positives des sciences d' observation ne défendent pas de leur accorder, et de ne recoiurir à une intervention spéciale de Dieu, distincte des actes de son gouvernement général, qu'en cas d'absolue nécessité. Je ne voudrais pas prétendre cependant que celui qui répudierait le naturalisme chrétien devrait être considéré comme

I. Voir plus haut, p. 98, note 2 de la p. 97, le même principe énoncé déjà par S. Basile.

hérétique, car je ne pense pas qu'il s'agisse d'une vérité révélée; mais il s'éloignerait de l'esprit du christianisme, et, s'il se rend compte qu'il se met ainsi en opposition avec l'enseignement constant de Pères et des Docteurs, — et cela dans une matière certainement religieuse, puisque la tradition chrétienne professe que c'est surtout par l'activité des causes secondes que Dieu manifeste sa sagesse, sa bonté et sa puissance *, — on ne pourrait l'absoudre de l'accusation d'orgueil et de témérité. Si donc il nous est permis d'accepter simplement, en matière d'évolution, toute atténuation qui semblerait indiquée par l'état actuel de la science, c'est cependant avec un esprit disposé à adhérer volontiers aux conclusions les plus favorables à l'évolution naturelle que nous devons chercher la solution dictée par les sciences d'observation.

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