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instrumental ; car nous l'avons dit, l'auteur sacré, tout en agissant sous l'influence de l'inspiration, a cependant composé son livre de la même manière et au moyen des mêmes procédés que les auteurs profanes; de sorte que lui aussi est auteur dans le sens propre du mot ; ce qui explique comment V empreinte de sa personnalité est si fortement marquée dans son œuvre.
Telle est la théorie catholique, que notre vieille Faculté de théologie a eu l'honneur de défendre dans toute sa pureté, contre les fondateurs du protestantisme... et aussi contre d'autres auteurs. Cette théorie ne repose pas seulement sur la tradition constante de l'Église ; elle s'appuie, en outre, sur le témoignage des écrivains sacrés eux-mêmes. Ainsi, par exemple, saint Jean affirme être témoin oculaire de ses récits ^, tandis que saint Luc ^ nous donne son Évangile comme le résultat d'une enquête qu'il a menée avec le plus grand soin. D'autres citent leurs sources, parlent de la créance qu'elles méritent, et nous apprennent qu'ils ont consacré à les résumer fidèlement beaucoup de veilles et de sueurs ^.
L'inspiration ne suppose donc, par elle-même, aur cune révélation divine; et il peut même arriver que l'auteur sacré compose son oeuvre sans se douter qu'il agit sous le souffle de l'inspiration. Tel paraît bien être le cas de saint Luc, qui écrit son Evangile parce qu'il a trouvé utile de rédiger le résultat de son enquête, «à l'exemple, dit-il, d'un bon nombre d'autres ^w.
Il peut se faire cependant que l'hagiographe ait reçu des révélations, soit à une époque antérieure, comme