‹ Le Darwinisme au point de vue de l'orthodoxie catholiqueChapitre 9 sur 65 · Év. S. Luc, loc. cit · texte numérisé non relu

Év. S. Luc, loc. cit

saint Paul, soit au moment d'écrire et avec l'ordre de le faire, comme plusieurs prophètes et comme saint Jean dans l'Apocalypse, soit même au cours de son travail de rédaction. Mais ce que nous sommes en droit d'affirmer avec une entière certitude, c'est que : au sujet des matières qui forment l'objet propre des sciences physiques et naturelles, Dieu n'a rien enseigné aux hommes par l'intermédiaire des auteurs sacrés, un pareil enseignement ne pouvant être d'aucune utilité pour leur salut.

Telle est, en effet, l'importante vérité que Léon XIII nous propose comme le principe fondamental qu'il con\'ient d'avoir toujours présent à l'esprit, lorsque l'on cherche à concilier le texte des Livres Saints avec les données des sciences de la nature : In consideratione sit PRiMUM, scriptores sacros, seu verius « Spiritum Sanctum, qui per ipsos loquebatur, noluisse ista (videlicet intimam aspectabilium rerum constitutionem) docere homines, nulli saluti proftdura ^ ».

Ce principe est emprunté à saint Augustin et pouvait être déjà considéré comme catholique; car il était communément enseigné, du moins en théorie. Mais, en pratique, on l'oubliait trop souvent, peut-être parce que le sujet de la proposition n'était pas suffisamment déterminé, ce qui pouvait en rendre parfois l'application discutable. Léon XIII a donc marqué ime importante étape dans l'histoire de la théologie, en restreignant le principe à l'objet propre des sciences physiques et naturelles (intimam aspectabilium rerum

I. Le passage mis entre guillemets est un texte de S. Augustin (De Genesi ad liUeram, lib. II, cap. ix), à l'exception des mots placés entre parenthèses : ces derniers sont ajoutés par Léon XIII, qui détermine ainsi nettement le sujet de la proposition qu'il veut enseigner comme Docteur de l'Église universelle. Ce sujet n'était pas suffisamment déterminé par le texte de S. Augustin, pris en lui-même,

constitutionem) et en imposant, sans restriction aucune, ce principe ainsi précisé, comme principe fondamental, ou point de départ, à quiconque cherche à concilier l'Écriture Sainte avec les enseignements véridiques des sciences physiques et naturelles.

Désormais donc, il ne sera plus permis de contrevenir à ce principe; et, lorsque nos braves apologistes du xix^ siècle viendront encore nous dire : « Ou bien Moïse était inspiré, ou bien il était naturellement au courant des dernières découvertes de la science moderne », nous aurons le devoir de leur répondre, que, si leur interprétation de la Genèse comporte réellement pareille conséquence, cette interprétation est certainement fausse. Et, d'une manière générale, nous devrons rejeter a priori toute interprétation qui ferait d'un texte sacré un enseignement divin sur un objet propre aux sciences physiques et naturelles.

Comment donc faudra-t-U entendre les passages qui semblent traiter de pareils objets? — Léon XIII se hâte de nous le dire, lorsqu' après avoir formulé le principe fondamental, il continue en ces termes : « C'est pourquoi, au lieu de chercher directement à scruter la nature, ils (c'est-à-dire les auteurs sacrés) décrivent les choses ou en parlent parfois, soit dans un sens figuré (quodam translationis modo), soit comme le comportait le langage courant de leur temps, analogue d'ailleurs pour bien des choses à celui qui est encore en usage dans la vie ordinaire, même parmi les hommes les plus savants. Et comme, dans le langage vulgaire, on énonce d'abord et directement ce qui tombe sous les sens, pareillement l'écrivain sacré (ainsi que le remarque aussi le Docteur Angélique i) us' est conformé aux apparences sensibles »; en d'autres termes, ajoute Léon XIII, a Dieu lui-même s' adressant aux hommes,

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