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CHAPITRE PREMIER

METISSAGE.

I^e métissage est le croisement de deux races appartenant à la même espèce ; 1& métis est le produit de eette union.

I, -^ Facilité et fécondité dès croisements. ~

Toutes nos races domestiques, moutons, bœufs, chenaux, pigeons, se croisent avec la plus grande facilité. Ces croisements donnent naissance à des métis qui à leur tour sont générateurs et forment des races non moins fécondes.

Il en est de môme pour les végétaux. Les observations et les expériences faites, soit par les plus éminents naturalistes tels que Isidore Geoffroy, Naudin, Danvin, etc., soit par les éleveurs anglais et français, ont mis ce point hors de discussion.

IL — Formation spontanée des races méiisBes.

— • Non-seulement les races se croisent aisément sous la direction de l'homme, mais encore elles le font spontanément, en dehors de Thomme, et souvent malgré lui. Les rues et les gouttières sont le théâtre connu où s'épanouissent, là les amours des chiens, ici celles de nos chats. C'est là une série d'expériences qui se fait d'une manière permanente sous nos yeux^ Il en est de même des races ovine, porcine, bovine, etc. A l'état sauvage, ces races se croisent avec la même facilité, la même spontanéité* On sait combien en Amérique les chevaux, les bœufs, les chiensi tous Issus d'ancêtres domestiques importés par les Européens, ont créé, par leurs , unions libres, de rttces nombreuses et bien assises. U Au bout d'un petitnombre de générations, des. cochons lâchés daBs une forêt contenant des sangliers ont donné naissance à des métis nombreux dont la race a remplacé les individus sauvages près dé disparaître (1). »

ni. — Oscillations avant qu'une r&ce s'établieie.

(1)* De Quatrefages. — Revue de3 Coun scieniifiqueâi vol. Vl^ page SS.

— Les races ne s'établissent pas du premier coup. Entre la tendance à transmettre une variation qui est apparue et la tendance à reproduire le type identique des ancêtres, il se livre un combat qui dure plus ou moins longtemps; ce n'est guère qu'au bout de plusieurs générations qu'une variété, issue d'un premier croisement, s'asseoit et forme une race nouvelle.

IV. — Caractères des métis. — 1° Équilibre entre les organes végétatifs et les organes de reproduction. Quelles que soient les variations qu'aient affectées les plantes métisses, il est un fait constant et caractéristique, c'est que l'on ne peut remarquer en elle aucune prépondérance des organes de la végétation et de la nutrition sur ceux de la reproduction. L'équilibre physiologique est resté aussi parfait chez les métis qu'il pouvait l'être chez les parents. Ce fait même atteste que les fonctions reproductrices ont conservé toute leur énergie. Il en est de môme chez les animaux : les. organes de reproduction sont en équilibre avec les organes de nutrition.

Remarque, — Il arrive parfois un phénomène intéressant qui confirme d'une manière très-nette le fait d'équilibre ci-dessus établi. Lorsque l'homme, dans un but facile à comprendre, dirige l'élevage des races domestiques au point de vue de l'engraissement*, il exalte souvent outre mesure l'activité des fonctions nutritives. En vertu de la loi de balancement, l'équilibre est rompu au détriment de la reproduction : les

unions entre individus de la môme race trop engrais-* sée deviennent infécondes. Pour lui rendre sa fécondité et même l'accroître, il suffit de croiser cette race grasse avec d'autres races communes et maigres. 2* fiessemblance. — Lorsqu'un enfant ressemble

également à son père et à sa mère, on dit que la ressemblance est bi-latérale. Lorsqu'il ressemble à l'un des deux seulement, la ressemblance est unilatérale.

Lorsque la ressemblance bi-latérale se partage en deux parties égales, elle est moyenne; lorsqu'elle penche davantage, tantôt du côté du père, tantôt du côté de la mère, elle est appelée mixte.

La ressemblance des métis avec leurs parents est quelquefois unilatérale; dans l'immense pluralité des' • cas elle est bi-latérale. Celle-ci très-variable est tantôt moyenne, tantôt mixte. Ici l'opinion d'Isid«re Geoffroy a un grand poids, car il s'est occupé de cette question toute sa vie; il a fait et vu faire, au Muséum, des expériences extrêmement nombreuses : «Les métis, très-variables dans leurs rapports de similitude avec leui-s parents, peuvent être mixtes. Les hybrides le sont toujours. » A l'appui de son jugement il cite le croisement du daim noir et du daim blanc, d'où naissent tour à tour des petits noirs, blancs, gris ou tachetés, c'est-à-dire offrant l'exemple de toutes les comliinaisons possibles du pelage noir au pelage blanc. Cette variabilité diminue à mesure que les races s'écartent et se stabilisent. L'observation d'Isidore Geoffroy sur le croisement du daim noir et du daim

blanc réunit les deux cas opposés de ressemblance unilatérale et bi-latérale.

Un résultat analogue est signalé par Burdach dans le croisement de la souris blanche et de la souris noire; par Girou de Buzareingue dans le croisement du taureau noir et de la génisse blanche; par Grognier dans celui du cheval noir et de la jument blanche.

Les caractères du père et de la mère, en se réunissant dans les métis, peuvent se fondre et constituer des caractères moyens. Exemple de fusion : daim gris, souris grise, etc., provenant de parents noir et blanc.

Les caractères du père et de la mère peuvent aussi se juxtaposer sans s'altérer. Exemple de juxtaposition : cheval pie, taureau pie, daim tacheté, etc., provenant d'un père noir et d'une mère blanche.

Cette fusion et cette juxtaposition ont lieu pour les tnembres aussi bien que pour la couleur (1).

Observation. — Les mômes phétloitiènes de ressemblance, de fusion et dejuxtaposîtionâe trouvant aussi chez les hybrides, il s'ensuit qu'ils ne peuvent servir de caractères distinctifs pour les métisi

V. — Atavisme. — L'atavisme fest uh bi^usque retour au type paternel se manifestant ^par intervalles chez quelques individus d'une race métisse^ On a cité précédemment un exemple remarquable de chien

(1) Voir page 363 ce qui est dit du muleté

braque métis qui, croisé à une chienne braque de race pure, engendra un épagneul. En voici quelques autres : En Andalousie on élève une race- noire de moutons dont la laine fournit un drap grossier fort recherché des matelots. Depuis des siècles, on tue soigneusement tout agneau taché de blanc, et cependant; chaque année, il en apparaît quelques-uns.

Un éleveur, cité par Darwin, M. ToUet, après avoir croisé ses poules avec la race malaise, voulut ensuite se débarrasser de ce sang étranger. Après quarante ans d'efforts, ir n'avait-pas encore pu y réussir entièrement; toujours le sang Malais reparaissait dans quelques individus de son poulailler.

La race aux cocons blancs des vers à soie de Valleraugues (Gard), importée du Liban en 4710, donnait toujours quelques cocons jaunes malgré leë plus grands soins destinés à lui conserver sa pureté. Cet atavisme portant sur la couleur de la soie s'est mani* festé petidant plus de cetit atis. Aujourd'hui la race de Villeraugue n'existe plus : la pébrine l'a anéatitici

Darwin a remarqué le fait suivant : Quand des races de diverses couleurs sont croisées, mônië parmi les plus anciehnes et les plus ptires, les métis ont une forte tendance à prendre la couleur du type primitif;

Premier exemple. — Nos racés de pigeons descendent toutes du Biset {Columba livia), ainsi que l'a prouvé Darwin dans un admirable travail (1). Ce naturaliste^

(1) Darwin. Vanations des AnimaùXj chapitre V; *

en croisant deux races de pigeons, Tune noire et l'autre blanche, parvint dès la troisième génération à reproduire la coloration bleue du biset.

Deuxième exemple. — Nos races gallines descendent du Gallus Bankhiva, originaire de l'Inde. En croisant un coq espagnol, de race pure et d'origine certaine, avec des races tout-à-fait différentes par la couleur, Darwin a reproduit la coloration du coq bankva(i).

VI.— Causes de la formation des races.— Les deiùx^ agents de la formation des races sont : l'Hérédité et le Milieu, dont l'action, quoique distincte, est simultanée; le premier est conservateur, le second est modificateur. L'homme, dont l'intervention dans la création des races domestiques est si puissante, ne fait, au demeurant, que diriger les forces naturelles et assurer par un concours intelligent et assidu l'entière expansion de leur énergie fonctionnelle.

1° Action de l' Hérédité, — La loi de l'hérédité est de reproduire l'être entier. Mais dans la formation d'un individu appartenant aux classes élevées du règne animal, ce n'est pas un seul individu qui est générateur; mais deux éléments, l'un paternel, l'autre maternel, en s'unissant, donnent naissance au nouvel

(1) Darwin. De l'Origine des Espèces, pa e 34.— Variations des Animaux, chapitres V et VU.

être. Or chacun d'eux apporte un ensemble de caractères propres; c'est de la fusion, de la combinaison ou môme du conflit de ces deux apports particuliers que résulte l'état physiologique de l'enfant. L'enfant ainsi conformé tend à transmettre héréditairement la variation qui l'a distingué de ses parents, et ainsi de suite. Par conséquent le concours des deux éléments paternel et maternel dans l'acte de génération est, indépendamment de toute autre cause, une source de variations. Une fois la variation produite, l'hérédité la transmet à la postérité : elle est la force conservatrice par excellence (1).

2® Action du wit/eew (climat, nourriture, etc.) — L'action du milieu se fait sentir dès l'état embryonnaire- Les exp^ériences tératologiques d'Etienne Geoffroy- Saint-Hilaire, continuées-denos jours avec tant d'ha-

' (i) Voici quelques exemples d'hérédité^ dans l'espèce humaine :

10 La taille. — > La trop grande disproportion de la taille entre époux peut amener ravortement' chez la femme. De même pour la grosseur de la tête et la largeur des épaules. La mère du médccio Foreslus, qui, par suite de cette disproportion entre elle et son mari, avait failli périr en couches^ refusa sa fille à un jeune homme remarquable par la carrure de ses épaules.

20 La fécondité gémellique, — Il est des familles où la faculté de produire des gémeaux se transmet de père du fils pendant une série de générations.

3® La prédisposition ou la résistance à certaines épidémies, — ' La famille de M. Fodéré^ professeur à l'Ecole de Médecine,

bileté par M.. Dàreste, ont donné à ce .fait Téclat de l'évidence : les monstruosités ne sont, en effet, que . des variations exagérées.

On a vu, dans les chapitres précédents, de nombreux exemples des variations produites par le milieu. Ainsi, les œufs de truite saumonée devenant blancs dans certains ruisseaux; les poulets européens perdant leur duvet lorsqu'ils sont transportés aux Antilles; les moutons conservant leur laine sur les hauts plateaux des Cordillières, la perdant lorsqu'ils descendent dans la plaine, etc. Le chien européen se nourrit de chair; en Polynésie, il est frugivore; chez les Esqui-* maux, il se nourrit de varechs et de poissons : d'où les variations très-grandes entre ces divers animaux,

3° Action directrice de l'homme, — L'homme, par la

cûDserva peDdant trois générations la faculté de résister à la variole : la vaccine ne put prendre que sur les enfants de la 4e génération.

40 Affections pathologiques, — L'épilepsie, la folie^ la phthieie pulmonaire et même les rhumatismes peuvent se transmettre, souvent avec saut du grand père au petit-fils.

50 Affections dues à Vèiat où se trouvait passagèrement l'un des parents au moment de la conception, — L'imbécillité et l'épilepsie chez Tenfant sont très-souvent la suite de l'état d'ivresse où se trouvait le père au moment de la génération. L'ivrognerie est un véritable crime; non-seulement elle abrutit Fâmc et ruine la saoté^ mais encore elle flétrit dans son germe la postérité et, par là, attenté à Teiistence même de la patrie et de l'humanité.

direction qu'il imprime aux forces ^naturelles, parvient à créer *des races, à les modifier d'une manière vraiment merveilleuse. Non-seulement les caractères extérieurs sont modifiés, mais la charpente osseuse Test très-profondément; nos canards, pos oies, nos pigeons, tous nos oiseaux do basse-cour, tous les animaux de nos fermes sont là pour l'attester. Les instincts eux-mêmes semblent naître sous la main de l'éleveur, a On peut dire qu'à chaque besoin de dé^ tail réel ou factice éprouvé par l'homme, ce seigneur de la création a su trouver une satisfaction en ^pliant et modifiant comme à son gré les aptitudes de telle ou telle espèce. C'est ainsi qu'il a créé le bœuf de trait et la vache laitière ; le chien d'arrêt, quand il a voulu que le gibier l'attendit ; le chien courant et le lévrier, quand il a voulu le poursuivre ; le terrierratier, lorsqu'il a désiré se débarrasser d'un animal incommode, etc. Les besoins ou la mode viennent-ils à changer, la. race éprouve des changements correspondants à de nouvelles exigences. Notre cheval carrossier a remplacé le destrier de nos pères. En somme, l'homme pétrit aujourd'hui et modèle l'être vivant comme il façonne la ipatière brute. Etant donné un type, il se l'approprie et sait en tirer les dérivés extrêmes les plus différemment doués. Il a voulu de la graisse et îien que de la graisse, la race des porcs .leicester a pris naissance; des muscles d'acier et point de graisse, il est arrivé au type du cheval anglais ; il lui fallait tout à la fois de la graisse et des muscles, le bœuf durham est devenu à son gré Tani-

mal de boucherie par excellence (1). » Et cependant, en définitive, Thomme n'a fait qu'employer son intelligence à accroître et h diriger dans tel ou tel sens les actions du milieu et de l'hérédité.

Remarque. — Les plantes varient plus que les animaux sous l'influence du milieu. Cela tient à ce que,, attachées au sol, elle ne peuvent échapper à la double actioa des sels terrestres et du climat ; elles la subissent tout entière. Les animaux, au contraire, peuvent se soustraire en partie aux variations extrêmes du milieu, grâce à la faculté de locomotion. Les animaux aquatiques, d'abord, vivent dans un milieu commun qui leur offre, en outre, le plus facile moyen de cir- * culation. On a vu des requins suivre des navires d'un bout de l'Atlantique à l'autre. Ensuite, les oiseaux peuvent aisément éviter les atteintes du climat en se transportant par la voie aérienne dans les régions les plus éloignées du point de départ. Enfin, parmi les bêtes fauves, un grand nombre d'une vigueur extrême passe sans grands obstacles d'un pays à l'autre. C'est ainsi que les lions se sont répandus dans toute l'Afrique et même en Asie; c'est ainsi que le tigre se trouve jusqu'en Sibérie. Les animaux, en vertu de leur faculté locomotrice, peuvent donc atténuer les effets du climat et du sol plus efficacement que les végétaux. La conséquence naturelle et nécessaire est, parmi les animaux, la formation de races à la fois moins nombreuses et moins éloignées du type.

(1) De Quatrefage?. Revue des Cours ^ vol. V, p. 096.

VIL — Résumé. — L'espèce est variable; les variétés et les races sont l'expression objective de ces variations. Elles sont l'espèce démembrée ; le lien étroit qui unit indissolublem'ent chacun de ces* membres est le lien généalogique. Cette relation est de toutes la plus importante, car elle est de cause à effet. Ce lien généalogique s'accuse, entre autres caractères, par trois faits :

i^ La facilité et la fécondité du métissage;

2^ La persistance de cette fécondité, ou fécondité continue:

3° L'atavisme.

Ces trois faits caractérisent les races, les caractérisent seules^et donnent ainsi à l'observateur un moyen de discerner un métis d'avec un hybride, les races d'avec les espèces.

APPENDICE

Unité de nos races domestiques. — L'unité de nos races domestiques est regardée comme chose certaine ou démontrée, de l'assentiment presque unanime des zoologistes. Les difficultés qu'offraient quelques races telles que nos pigeons et nos poules ont été levées par des travaux récents.

§1". — Oiseaux.

V Serin, — Les races de serins que nous possédons en

Europe descendent toutes des serins sauvages que Jean de Béthencourt apporta des îles Canaries en 4406. Le serin sauvage des Canaries est d'un gris verdâtre avec des taches brunes. Or, par l'a sélection, la couleur chez les races européennes passe du jaune pâle, presque du blanc pur, à la couleur jonquille foncé. Nulle difficulté sur l'unité d'origine, ainsi consignée dans l'histoire.

2** Dindon. — Le dindon, importé d'Amérique en Europe à la fin du XV® siècle, possède, à l'état sauvage, une robe uniformément brune avec des reflets métalliques. Il a été introduit en Europe comme oi-' seau d'ornement. On sait quelles variations il a subies dans nos fermes : on connaît des dindons noirs, panachés de blanc, gris, roux et blancs. Unité d'origine historique.

3° Oie, -7- L'oie paraît avoir été domestiquée par les Grecs : elle dérive de l'oie sauvage, qui nous visite, tous les ans.

4° Canard, — Le canard domestique dérive du canard sauvage; sa domestication est moins ancienne

que celle de l'oie : elle parait remonter au !•' siècle

de notre ère.

5° Pigeons, — Buffon et Cuvier pensaient que nos pigeons domestiques descendaient du biset [columba livia)^ mais croisé avec le vdimiàv if^olumba palumbns).

Dans un magnifique travail, Darwin a démontré d'abord rimpossibilité d'admettre une descendance multiple, puis il a prouvé l'unité d*origine. Le biiet est la souciée unique d'où sont dérivées nos loO races (et plus) de pigeons domestiques.

A. — Morphologiquement, entre deux races extrêmes, on peut trouver autant de formes interm)6diaires

que l'on veut.

B. — Physiologiquement, le croisement entre toutes est facile et d'une fécondité continue. Darwin a réuni dans un seul oiseau le sang de cinq races des plus distinctes, sans que la fécondité ait été altérée. Enfin l'atavisme reproduit la coloration du bisel loi'squ'on croise deux races différentes par la couleur.

6** Poules. — On a d'abord hésité entre trois souches; la question a été résolue par des expériences physiologiques décisives. Le croisement avec le gallus bankhwa^ espèce de l'Inde, a seul donné des métis d'une fécondité continue. Puis, par le croisement de deux races différentes de couleur, Darwin a obtenu, dès la première génération, une coloration très-voisine de celle du coq bankhiva (atavisme) (i).

. (0 DarwiD. Variations^ tome I, page 251 et suivacies.

§ 2. — Chiens,

L'unité d'origine a été démontrée, au double point de vue physiologique et morphologique, pour la plupart de nos animaux domestiques. Nos races si nombreuses de lapins, ânes, chevaux, cochons, chèvres, descendent d'espèces sauvages très-connues, le lepus cumculus de Linné, l'onagre de Perse et d'Abyssinie, Yequm caballus, le sanglier ou sus scrofa^ l'œgagre asiatique ou capra œgagms. Quant aux moutons et aux bœufs, l'origine est encore incertaine.

La question de l'origine des chiens, par son importance intrinsèque et par les débats qu'elle a suscités, demande de plus longs développements. Pas une espèce n'a varié autant qu'elle; nulle autre n'a donné naissance à autant de races. La première exposition de la race canine, faite à Paris par le Jardin d'acclimatation en 1838, comptait 480 races européennes. Or les races d'Europe étaient loin d'y être toutes représentées; les races erotiques étaient entièrement absentes (1).

L — Nature et étendue des variations. — Les

variations atteignent, en toutes les parties des proportions extraordinaires. Aussi les distances entre deux aces extrêmes sont-elles énormes. Voici le résumé

(1) De Qaatrefages, Revue des Cours, vol. V^ page 545. Voir G tableau des races principales qui ont figuré à l'Exposition ie 1858.

des études faites par les deux savants qui se sont le plus occupés du chien, Frédéric Guvier et Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire :

A. Taille, — La taille varie dans le rapport de 1 : 5, ce qui dépasse l'écart entre l'âne et le cheval.

B. Pelage. — Le pelage diffère par la quantité, laquelle varie depuis l'absence complète chez certaines races des pays chauds, jusqu'à la fourrure la plus épaisse chez les races du Nord;

Il diffère par la qualité, depuis le soyeux et le fin jusqu'au frisé et laineux;

Il diffère par la couleur, depuis le noir jusqu'au blanc en passant par le gris, le jaune, le brun, le tacheté, etc. •

C. Oreilles. — Les oreilles sont droites et courtes, ou tombantes et longues. '

D. Queue, - — La queue peut compter depuis 21 vertèbres jusqu'à zéro. M. le baron Lecoulteux, en effet, a obtenu une race entièrement dépourvue de queue.

E. Tête. — La forme de la tête varie depuis le museau du dogue jusqu'à celui du lévrier.

F. Mamelles, — Généralement le chien a 4 mamelles à la poitrine et 6 au ventre. Certaines races en ont

5 d'un côté et 4 de l'autre; quelques-unes 4 d'un côté et 3 de l'autre (4).

G. Ostéologie générale. — Pour saisir l'étendue des variations, comparez le squelette du dogue avec celui An basset, l'omoplate arrondie du premier, par exemple, avec l'omoplate carrée du second.

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