‹ Le Darwinisme (volume 2)Chapitre 59 sur 65 · DE LA PLAGE DE L'HOHME DANS LA NATURE · texte numérisé non relu

DE LA PLAGE DE L'HOHME DANS LA NATURE

Quelle est la place de l'homme dans la nature? Si, comparé aux autres animaux, Thomme naît par des procédés différents ; si ses organes sont différents ; si les fonctions de nutrition, de reproduction, etc., sont différentes, il est évident que Thomme sera distinct des animaux inférieurs et^ devra former un rogne nouveau, le règne humain. Mais s'il en est autrement, rhomme ne pourra pas être distrait du règne animal; il appartiendra à réchelle animale commune. La seule chose qui incombera à la science sera de définir réchelon où il devra être placé.

La réponse à la première partie de la question a été résolue dans les trente dernières années, avec une évidence irrésistible. L'homme naît d'un- œuf, ainsi que le chien, le merlan et l'escargot ; ses organes de

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nutrition sont les mômes* que ceux des mammifères supérieurs, chat, loup, cochon, etc. L'homme ayant donc môme structure, mômes fonctions organiques, appartient à la série animale.

Voilà le premier point; reste le second. ■Quelle est sa place dans la série? Doit-il ôtre placé dans le môme Ordre que les singes, ou en former un séparé. L'immortel suédois Linné, « ce grand législateur de la zoologie méthodique » ainsi que l'appelle M. Huxley, avait rangé l'homme et les singes dans le même Ordre, auquel il avait donné le nom de Primates. Mais les préjugés de toute nature, l'ignorance, la Superstition et leur inséparable compagnon', la Stupidité orgueilleuse, s'irritèrent et crièrent à la profanation. Des naturalistes complaisants se mirent à l'œuvre ; 'Bhimenbach déclara que l'homme avait deux mains et deux pieds, tandis que les singes avaient quatre .mains et pas de pieds; en conséquence, il décréta que l'homme formerait un Ordre distinct, celui des bimanes, et que les singes en formeraient un autre, celui des quadrumanes. Cuvier, en bon théologien, .propagea la distinction ingénieuse de Blumenbach; et voilà comment tous les livres de zoologie enseignent que l'homme, laimane, est séparé par un abîme du siçge, animal quadrumane.

Est-ce que vraiment les deux membres inférieurs du singe seraient des mains et non des pieds ? Isidore Geoffroy osa dire tout haut ce que bien des naturalistes murmuraient tout bas : Non, le singe n'est pas quadrumane; ses deux prétendues mains sont de vé-

— 4û7v- • pliables pieds. Mais effrayé de son audace, il conclut,

par des considérations morales, que Thomme devait former un règne à part, le règne humain : Torgueil des bimanes était sauvé! M. Huxley, Tun des plus illustres savants de l'Angleterre, eut moins de respect pour* les préjugés courants : il publia son fameux livre : La place de l'Homme dans la nature, ou, traitant le sujet en zoologiste, il démontra q^a les singes avaient deux pieds et deux mains, et conclut que rien n'autorisait, en zoologie, à séparer l'homme de l'Ordre des Primates. Yoici la classification qu'il a adoptée :

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