DE L’ANNÉE
Bord de la mer .
Amsterdam .
11° G8 cent.
Intérieur des terres,
Varsovie ....
Bord de la mer .
Copenhague.
iDtérieur des terres.
Kasan .
Dans la province de Yakoutsk, en Sibérie, au 62° de latitude, les moyennes de température de l’été et de l’hiver ont une variation considérable; de -f- 13° pour l’été, elles tombent à — 35° pour l’hiver! Yakoutsk est située au 62° de latitude; or, sous la même latitude, les côtes sud de la Norwége ont une moyenne de -f 13 à 0°. A une latitude plus septentrionale encore, au 64°, les côtes sud de l’Islande ont une moyenne de -f 10 à 0°. D’où proviennent ces énormes différences? Du Gulf-Stream qui baigne les rivages européens, tandis que les villes sibériennes, situées au milieu d’un continent immense, sont soumises à l’action des vents secs dont rien ne tempère la glaciale rigueur en hiver (1).
(1) Ch.Martias, Notés sur Fliiver de 1870-1871. Comptes-rendus de l Académie des Sciences, t. LXXIf, p. 594. (Comparaison
III. — Résumé. — 1° Le froid seul ne produit pas les glaciers. Le concours de deux causes est nécessaire pour cette formation : la vapeur d’eau, laquelle est due a l’action solaire, et un condenseur, c’est-àdire un haut sommet.
2° La hauteur que doit avoir un lieu pour que celui-ci puisse servir de condenseur dépend de la latitude. Sous l’équateur, il faut une altitude moyenne de 4,800 mètres; au pôle, les glaciers se forment au niveau du sol. Pour les régions intermédiaires, l’altitude va en décroissant de l’équateur au pôle.
des minium de température pendant les deux mois de janvier et décembre, à Montpellier et à Paris.)
Décembre 1870. Janvier 1871.
Montpellier . — 16° 10 — 13° 70
Paris . — llo 20 — 11° 00
«... En résumé, quoique la température moyenne de l’hiver dernier à Pari» ait été seulement de 1° 83, tandis que celui de Montpellier a pour moyenne 3° 16, il n’en est pas moins vrai que le froid a été plus prolongé et plus rigoureux daus le sud-est que dans le nord de la France, quoique Montpellier soit de 3° 14 plus rapproché de l’équateur que Paris. Mais la cité languedocienne n’est plus sous l’influence du Gulf-Stream;son climat est continental,* et l’écart entre la température du jour et celle de ia nuit s’accentue beaucoup plus quvà Paris r' de là des journées plus chaudes à cause de la sérénité habituelle du ciel, qui permet au soleil de réchauffer le sol et l'air, mais aussi des nuits plus froides dues à l’intensité du rayonnement nocturne avec un ciel étoilé et un air calme, car le vent du nord qui règne pendant le jour tombe presque toujours vers le soir pour recommencer le lendemain... »
3° Les conditions propres à la formation des glaciers sont favorisées ou affaiblies par les courants atmosphériques et marins.
IV. — Conséquences. — Les conséquences qui jaillissent des trois faits précédents sont les suivantes :
1° CJn abaissement ou un soulèvement du sol détruirait ou établirait un condenseur, d’où destruction ou formation de glaciers.
2° Un changement dans la configuration du sol déterminerait un changement corrélatif dans la direction des courants marins, dans celle des courants atmosphériques ou dans le degré d’humidité de ces derniers, d’où importante modification dans les conditions propres à la formation des glaciers.
3° Le déplacement du pôle de l’écliptique, en changeant les latitudes, modifierait par cela même les climats et, par conséquent, la position qu’occupent aujourd’hui les glaciers.
Ce sont ces trois conséquences qu’il convient d’examiner pour en faire ensuite l’application aux époques géologiques.