LOIS SUR LESQUELLES S’APPUIE LA THÉORIE
La théorie de l’évolution s’appuie sur un certain nombre de faits généraux acquis par l’expérience et l’observation. Ce sont :
1° La loi de reproduction ;
2° La loi des corrélations de croissance ;
3° La loi d’hérédité ;
4° La loi de multiplication géométrique des espèces et de multiplication arithmétique des aliments ;
5° La loi de constance dans les formes en raison de la simplicité de structure.
I. Loi de la reproduction. — Tous les êtres ont une tendance à transmettre la vie à leurs descendants avec des caractères, non pas identiques, mais variés. Ainsi nous voyons deux frères différer par la taille, parla coloration des cheveux, par les traits du visage.
La fécondité a des règles assez précises. Elle est en rapport inverse de la grandeur de l’animal; plus l’animal est petit, plus il est fécond. Les grands animaux, tels que l’éléphant, le rhinocéros, le dromadaire, ne donnent qu’un petit par portée ; les animaux de petite taille, tels que le mulot, le lapin, etc., en produisent dix et même vingt.
La domesticité a une vive influence sur l’énergie de la fécondité. Le lapin, animal domestique, peut produire jusqu’à douze fois par an ; le lièvre, animal sauvage, ne produit que trois ou quatre fois dans le même laps de temps. La truie a deux portées par an, et chaque portée donne de quinze à vingt petits; la femelle du sanglier, souche du cochon, ne porte qu’üne fois par an, et chaque portée ne donne que huit petits, dix au plus.
La durée de la gestation est en raison directe de la grandeur de l’animal. Chez l’éléphant, le plus grand des animaux terrestres, elle est de vingt mois. Elle est de seize mois pour le rhinocéros, de douze pour la girafe : le lapin, au contraire, ne porté que trente jours.