C. Entre deux têtes de chiens, bouledogue et lé
vrier ;
D. Entre deux têtes de bœurfs, Durham et Gnato (camard) ;
E. Entre deux têtes de poules, poule ordinaire et poule huppée. Le crâne de la poule ordinaire est uni et lisse ; le crâne de la poule huppée offre une saillie de l’os frontal et deux énormes ampoules osseuses.
Les variations entre deux crânes humains sont de beaucoup inférieures à celles qu’on remarque entre animaux appartenant à la même espèce.
§ 2. Physiologie.
Ce qui caractérise essentiellement le métissage, c'est-à-dire le croisement d’une race avec une autre race appartenant à la même espèce, c’est :
1° La fécondité des croisements et très-souvent l’accroissement de fécondité ;
2° La fécondité continue des métis ;
3° L’atavisme.
Ces caractères distinctifs sont encore corroborés par Légalité du temps de la gestation. Tel est le critérium.
I. Gestation. — Le temps de la gestation est le même chez tous les groupes humains, neuf mois : il n’y a pas d’exception, sauf les différences individuelles, lesquelles se trouvent également dans tous les groupes.
II. Fécondité des croisements. — Tous les croisements entre individus de races différentes sont féconds. On a essayé d’objecter quelques exceptions ; celles-ci ont été reconnues fausses. Ainsi un voyageur avait prétendu que dans la Tasmanie, île située au sud de l’Australie, il ne s’était point formé de race métisse d’Anglo-Tasmaniens. Cela est vrai -, mais la cause en est simple. Les relations que les Anglo- Saxons ont eues avec les Tasmaniens ont consisté à massacrer impitoyablement les indigènes, si bien que la race Tasmanienne n’existe plus.
Même observation à l’égard de la non-formation de métis Anglo-Australiens. Durant les premiers temps de la colonisation, les Blancs mettaient à mort les Australiens qu’ils prenaient; ceux-ci, à leur tour, tuaient sans pitié les enfants provenant d’unions entre Blancs et femmes Australiennes. Comment une race métisse se serait-elle formée? Mais là où les tribus de Fintérieirr n’ont pas eu à souffrir du voisinage des grandes colonies de la côte, les unions d’Australiennes avec les trappeurs blancs ont été fréquentes et toujours fécondes.
Il est une remarque importante à faire, c’est que le changement de climat, influant sur la santé, peut rendre l’émigré moins apte à la fécondation. Ce n’est là qu’une action de milieu affectant passagèrement l’exercice de la force plastique, sans rien enlever à son énergie intrinsèque. Une fois cette action annulée par l’acclimatation, l’émigré reprend ses aptitudes antérieures et sa vertu procréatrice.
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III. Accroissement de fécondité par le métissage. — Le croisement entre races humaines accroît la fécondité. Parmi les nombreux témoignages de ce fait, il en est un considérable; car son auteur, le célèbre voyageur Levaillant, ne prévoyait certainement pas les débats qui se sont élevés sur ce point d’histoire naturelle. « Les Holtentotes obtiennent de leurs maris trois ou quatre enfants ait plus. Avec les- Nègres, elles triplent' ce nombre, et1 pins encore avec les Blancs. »
Un médecin polygéniste, M. Horwbron, dont l’affirmation ne peut être suspecte, a produit un argument décisif en recueillant l’observation suivante : « Pendant les quatre années que j’ai passées au Brésil, au Chili et au Pérou, je me suis amusé à observer le singulier mélange des Nègres avec les Aborigènes). J’ai même tenu note exacte du nombre des enfants- qui résultaient, dans un grand nombre de ménages, de l’alliance d’un Blanc avec une Négresse, d’un Blanc et d’une Américaine, d’un Nègre et d’une Américaine, d’un Américain avec sa compatriote, et enfin d’une Négresse avec un Nègre. Je puis affirme*' que les unions des Blancs avec les Américaines m’ont présenté la moyenne la plus élevée ; venaient ensuite le Nègre et la; Négresse, enfin le Nègre et l'Américaine. L’infériorité des Américains entre eux, sou/s 1& rapport de la reproduction, dépend probablement de leur peu d’ardeur mutuelle. »*
Bans celte observation si intéressante, un point à noter est le maximum de fécondité donné par le croi-
sement du groupe le moins fécond (Américain) avec un groupe étranger (Blanc). Comparez ces faits avec la stérilité qui suit presque toujours le croisement de deux espèces, et jugez.
IV. Fécondité continue des métis. — La fécondité continue des mulâtres est une chose bien connue. Non- seulement les nombreux Créoles qui viennent en Europe faire leurs études classiques ou fonder des établissements industriels sont, sur ce point, d’un accord unanime, mais encore la présence de familles mulâtres qui vivent dans nos murs, et qui, sous nos yeux, se couronnent d’une florissante progéniture, donne à ce fait l’évidence de la certitude.
: On a essayé d’opposer quelques faits de fécondité limitée, entre autres celles des métis de Malais et de Hollandais dans l’île de Java. Mais comme ces mêmes métis sont très-féconds dans d’autres îles orientales, il s’ensuit que cette restriction de fertilité est due à l’action du milieu. Cette interprétation est acceptée même des polygénistes les plus ardents.
On trouve des races métisses dans chaque partie du monde. Dans une grande partie de l’Amérique, Mexique, Gualémala, Colombie, la Plata, Brésil, les races métisses en 1824 formaient le cinquième de la population : elles ont suivi une progression croissante.