‹ Le DarwinismeChapitre 35 sur 42 · HO · texte numérisé non relu

HO

On a vu ci-dessus des exemples de ressemblance unilatérale ; tantôt les enfants sont entièrement noirs, tantôt entièrement blancs. Ces croisements avec retour au type maternel ou paternel au début du métissage humain concordent avec les oscillations qui se manifestent au début du métissage animal. Il faut aux races métisses humaines comme aux races métisses animales un certain temps pour se fixer et s’asseoir. Une fois stabilisées, les cas d’atavisme n’apparaissent plus qu’isolément et par intervalles, attestant à la fois l’invincible énergie de l’hérédité et la démarcation caractéristique qui sépare le métis de l'hybride.

§ O. Causes de la formation des races.

Les causes de la formation des races humaines sont, comme chez les animaux : 1° le milieu; 2° l'hérédité ; 5° la sélection. Le milieu produit la variation, l’hérédité la transmet, la sélection la règle et l’uniformise.

Il est une remarque préliminaire qu’il importe de faire au sujet du milieu et de son influence sur les variations. L’énergie modificatrice du climat et de la nourriture devait être incomparablement plus grande alors que l’homme, ignorant et bestial, n’avait rien inventé pour lutter contre elle. Le contraste entre la pénurie primitive et les moyens de résistance que possède l’homme contemporain est résumé

par sir John Lubbock dans les lignes suivantes :

« Il y a des raisons qui permettent de croire que les changements de conditions extérieures, ou pour mieux dire de pays, produisent moins d’effet aujourd’hui qu’autrefois. A présent, quand des hommes émigrent, ils emportent avec eux les usages et les habitudes de la vie civilisée. Ils construisent des maisons plus ou moins semblables à celles auxquelles ils sont accoutumés, ils emmènent des troupeaux et acclimatent dans leur nouvelle patrie les principales plantes qui servaient à leur nourriture dans l’ancienne. S’il fait froid dans leur nouveau séjour, ils se vêtent davantage; s’il fait chaud, ils se vêtent moins. Par ces moyens et mille autres du même genre, l'influence du déplacement ne se fait sentir que beaucoup plus tard.

« Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Quand l’homme se répandit pour la première fois sur la terre , il n’avait pas d’animaux domestiques , pas même le chien peut-être; il ne connaissait point l’agriculture ; ses armes étaient des plus grossières et ses demeures à peine dignes de ce nom. Son alimentation, ses habitudes et tout l’ensemble de sa vie variant donc nécessairement à mesure qu’il passait d’un pays dans un autre, il a dû être bien plus soumis à l’action des circonstances extérieures, et, selon toute probabilité, bien plus susceptible de changement. De plus, on peut supposer avec raison que le type humain, aujourd'hui fixé par une répétition qui

dure depuis de longs âges, a été lui-même plus modifiable autrefois que maintenant. »

I. Le milieu et l’hérédité. — Sous l'action prolongée des rayons solaires, les femmes au teint blanc se couvrent de taches de rousseur. Ce tait est tellement vulgaire qu’il passe inaperçu. « On crierait au prodige, dit plaisamment M. de Quatrefages, si une vache blanche revenait tachetée de noir d’un pré où elle aurait subi l’insolation. Cependant les deux phénomènes sont de même ordre, et l'un ne devrait pas paraître plus significatif que l’autre. »

Les pêcheurs chinois qui, complètement nus, passent leur vie à pêcher le long des fleuves prennent une couleur noir cuivré. (Le voyageur anglais Abel ) Les pêcheurs européens transportés dans l’Inde y deviennent plus rouges que les Peaux-Rouges de l’Amérique. (Iïamilton Smith.)

En Abyssinie, les habitants du pays noircissent sur les plateaux élevés et blanchissent lorsqu’ils descendent dans les plaines plus chaudes (Th. Lefebvre et d’Abbadie). M. d’Abbadie, membre de l’Académie des sciences, originairement blond, revint d’Abyssinie coloré en bronze foncé. M. Schimper et Pruner-Bey éprouvèrent le même effet, mais moins prononcé. Les cheveux de Pruner-Bey, ordinairement très-clairs el lisses, brunirent et devinrent bouclés.

Phénomène assez singulier, les climats n’agissent pas de la même façon sur les blonds et sur les bruns.

Ainsi en Abyssinie et en Arabie, les races brunes d’Europe noircissent moins que les blondes, tandis que dans l’Inde, à égalité de température, le climat ne colore pas les visages blonds; il les parcheminé.

Jérôme d’Aguilar, prêtre espagnol qui devint plus tard interprète de Fernand Corteç, fut jeté par un naufrage sur la rive du Yucatan et réduit en esclavage par les Indiens. Fendant huit ans il eut à subir l’action du climat sans pouvoir en atténuer les effets, à cause de sa triste condition. Il devint si exactement semblable à ses maîtres que Fernand Cortez ne put le distinguer des Peaux-Rouges qui l’accompagnaient.

1° Races noires. Le nègre de Guinée, une fois transplanté en Amérique, se rapproche de plus en plus du blanc, non-seulement quant à la coloration de la peau, mais encore relativement au crâne, à l’intelligence : il perd même sensiblement l’odeur forte qui est particulière à sa race. C’est un fait acquis à la science que le nègre, même en ne se croisant pas avec la race blanche, mais en vivant au milieu d’elle, sous le même climat et à peu près du même régime, s’élève, à chaque génération, d’un degré de plus vers elle.

2° Races jaunes. Les races jaunes ne sont pas moins que les races noires soumises à l’action du milieu. A File de la Réunion et dans l’ile Maurice, les Hindous et les Malais importés diminuent de taille

dès la deuxième génération et forment ainsi autant de races petites. (M. de Froberville.)

Une tribu tartare tout entière s’est modifiée par suite de changements de mœurs : ces Mongols ont quitté la vie errante du nomade pour se faire agriculteurs. C’est au seizième siècle qu’ils se sont établis dans les environs de Kazan sur le Volga; au dix-neuvième siècle, leur type avait éprouvé les plus heureux changements. Au lieu d’un corps obèse, d’une face large, d’un nez épaté et d’un teint jaune brun, les Tartares de Kazan ont le corps musculeux, le visage ovale, le teint frais, le nez arqué et mince aussi bien que les lèvres.

3° Races blanches. Dans les îles du Golfe mexicain, on sait quelles variations le milieu a produit sur les colons européens, si connus sous le nom de créoles.

Au Canada, le créole français a perdu sa belle carnation normande ; son teint a pris une nuance d’un gris foncé; ses cheveux noirs tombent à plat comme ceux d’un indien. (Th. Pavie.)

Les Danois qui débarquent en Guinée commencent par être malades, puis ils prennent une coloration jaune, signe d’acclimatation. Cette teintejaune passe au cuivré sur le même individu; elle devient de plus en plus foncée à chaque génération et finit par le noir pur. (Monrad, pasteur danois en Guinée de 1805 à 1809.)

Les colons hollandais du Cap , appelés Boërs, prennent de plus en plus la coloration rouge, avec

tendance à la sléatopygie chez les femmes. (Livingstone.)

L’Anglo-Saxon a subi en Amérique les plus graves modifications, il tend à se rapprocher de l’Indien. (Desor, l’abbé Brasseur de Bourbourg, Knox, Smith, Carpenter.) L’Anglo-Saxon américain présente, dès la seconde génération, des traits du type indien qui le rapprochent des Lenni-Lennapes, des Iroquois,des Chérokees. Le système glandulaire se restreint au minimum de son développement normal. La peau devient sèche comme du cuir; elle perd la chaleur du teint et la rougeur des joues, qui sont remplacées chez l’homme par un coloris de limon, et chez la femme par une pâleur fade. La tète se rapetisse et s’arrondit ou devient pointue. Elle se couvre d’une chevelure lisse et foncée en couleur ; le cou s’allonge. On observe un grand développement des os zygomatiques et des masséters. Les fosses temporales sont profondes, les mâchoires massives. Les yeux sont enfoncés dans des cavités très-profondes et assez rapprochées l’une de l’autre. L’iris est foncé , le regard perçant et sauvage. Le corps des os longs s’allonge principalement à l’extrémité supérieure. Le larynx est grand, la voix rauque et criarde. (Observations faites par des médecins allemands établis aux États-Unis.)

Le changement des conditions d’existence suffît pour amener la plus grave transformation. Un premier exemple nous a été donné par les Tartares de

Hazan, qui de nomades sont devenus laboureurs. En voici un second, d’autant plus important qu’il a l’Irlande pour théâtre et que l’histoire en est parfaitement connue. Par suite des guerres de 1641 et de 1649 (sous Cromwell), un grand nombre d’Irlandais, pour échapper au massacre, se réfugièrent dans une région montagneuse qui s’étend à l’est de Flews jusqu’à la mer. Voici ce qu’ont produit sur ces malheureux deux siècles de misère et de barbarie : la taille moyenne s’est réduite à 4 pieds 7 pouces français, le ventre s’est ballonné, les jambes sont devenues cagneuses, les traits sont ceux d’un avorton. C’est le portrait des sauvages de l’Australie.

II. Hérédité tératologique. — Les variations les plus étranges peuvent survenir dans l’embryon, puis se transmettre par hérédité. Deux cas surtout sont célèbres en tératologie ce sont : la carapace de la famille Edward Lambert et la polydactylie de la famille Colburn.

1° Les hommes porcs-épics. Edward Lambert naquit en 1717 de parents bien conformés. IL n’offrait d’abord rien d’étrange ; mais au bout de neuf semaines, on vit sa peau brunir en s’épaississant de plus en plus.. A l’âge de quatorze* ans il fut présenté à la Société royale de Londres. A ce moment, la peau du visage, de la paume des mains et de la plante des pieds avait son aspect normal. Tout le reste du corps était couvert d’une carapace brunâtre, épaisse d’un pouce

- lôO —

sur certains poinls. On la comparait à la peau de l’éléphant, du rhinocéros et du phoque; seulement elle élait singulièrement fendillée. Sur les flancs elle était découpée en prismes grêles mobiles, faisant du bruit par leur entre-choquement. De là le nom de homme porc-épic. Tous les ans, cette carapace disparaissait à la suite d’une mue. La peau apparaissait alors saine et lisse; puis, bientôt après, elle reprenait sa nature anomale.

Edward Lambert, fort désireux d’être débarrassé de cetle incommode enveloppe, se soumit à un traitement mercuriel énergique qui, par deux fois, fut poussé jusqu’à la salivation. La carapace disparut, mais pour se reformer immédiatement. Enfin, une variole confluente, dont Lambert se remit, n’amena également que la chute momentanée de son étrange épiderme.

Baker le revit trente-six ans après. Il avait alors cinquante ans, le teint fleuri, la santé excellente et se montrait fort gai. Baker en conclut que si Lam' bert se mariait, il pourrait très-bien donner naissance à une race nouvelle. Edward Lambert se maria, en effet, et eut six enfants qui tous, neuf semaines après leur naissance, prirent une carapace semblable à celle de leur père. Un seul survécut et se maria; il eut huit enfants, six filles et deux garçons, John et Richard. On n’a pas de renseignements sur les filles ; mais les deux garçons, qui furent examinés, en 1802, en Allemagne, par Tilésius, présentaient

la même anomalie que les deux générations précédentes. A partir de ce moment, leur trace s’est perdue.

2° Les hommes poly dactyles. Le célèbre calculateur anglais Colburn a été la souche d’une famille dont les membres comptaient douze doigts et douze orteils. Cette anomalie ne se produisait pas également sur les enfants des deux sexes; tantôt les fils seuls en étaient affectés, tantôt c’étaient les filles. On a suivi cette famille polydactyle pendant quatre générations, et quoiqu’elle ne se mariât qu’avec des personnes douées de dix doigts, l’anomalie persistait et atteignit même son maximum à la troisième génération.

5° Anomalie numérique des mamelles chez la femme. (Extrait de f Hérédité par Prosper Lucas.) A Copenhague, une femme pourvue de trois mamelles bien formées, dont deux étaient placées au côté gauche, allaitait des trois indifféremment son unique enfant.

Rachel Rey, de Castel en Franconie, avait trois mamelles.

Le célèbre chirurgien Bartholin assure avoir connu une femme qui portait une troisième mamelle sur le dos.

Madame Withès, de Trêves, fort belle femme de son temps , avait trois mamelles disposées en triangle.

Une femme de Rome, en 1671, en avait quatre

qui toutes, à chaque grossesse, se remplissaient de lait.

Une mulâtresse du Cap avait six mamelles ; elle faisait les enfants par quatre et cinq à la fois.

Une femme ornée de trois mamelles au thorax donna naissance à une fille qui eut aussi trois mamelles; mais l’une des trois était situé à l’aine. Plus tard, cette fille, étant devenue mère, allaitait son enfant à la mamelle inguinale. L’observation de cette anomalie héréditaire a été communiquée, en 1827, par Adrien de Jussieu à deux sociétés savantes.

4° Anomalie d'une queue chez l'homme. (Extrait de Y Histoire des Anomalies par Isidore Geoffroy Saint- Hilaire.) D’après les recherches embryogéniques dues à M. Serres, il existe un rapport très-constant entre l’évolution de la moelle épinière et celle de la queue. Primitivement la moelle épinière se prolonge jusqu’à l’extrémité du canal vertébral : à cette époque (dans l’embryon) il existe chez tous les animaux, y compris l'homme , une queue plus ou moins considérable. Ce degré de développement est le seul auquel s’élèvent normalement un grand nombre d’animaux. Ceux-ci, par conséquent, ont, pendant, toute leur vie, la moelle épinière très-prolongée inférieurement : leur axe vertébral est donc terminé par un prolongement caudal.

Chez d’autres espèces, au contraire, la moelle épinière remonte peu à peu dans le canal vertébral : la diminution ou même la disparition totale de la queue

coïncide avec cette ascension de la moelle. C’est ainsi que, chez l’homme et quelques singes, la moelle épinière remonte si bien qu’elle ne dépasse plus la région des reins. La queue est alors tellement rudimentaire qu’elle n’est plus apparente à l’extérieur. Cette queue rudimentaire est le coccyx.

Mais s’il arrive que dans l’embryon humain la moelle épinière ne remonte pas, mais continue à s’étendre jusqu’au bout du coccyx, alors au moment de la naissance de l’enfant la colonne vertébrale reste terminée par une queue.

M Serres a observé lui-même un cas de ce, genre. De Maillet en cite plusieurs, et parmi eux celui de l’intrépide Cruvillier de la Cioutat qui fit la course contre les Turcs. Un nègre de Tripoli , nommé Mohammed et doué d’une force musculaire extraordinaire, avait une queue d’un demi-pied de longueur qu’il montra à de Maillet. Le plus remarquable cas a été observé par Schenck sur un individu d’ailleurs affecté d’anomalies beaucoup plus graves : la queue était très-distincte, assez longue même, et tout à fait comparable à celle d’un cochon.

Réciproquement , chez les animaux qui normalement, à l’état adulte, ont une queue, la queue manque si l’ascension de la moelle épinière a lieu, contrairement à ce qui se passe régulièrement dans celle catégorie d’animaux. Cette anomalie d’absence de queue a été constatée chez plusieurs animaux, entre autres chez les chiens.

III. La sélection. — La sélection, qui produit tant de races domestiques, ne peut évidemment pas être exercée par l’homme sur lui-même. Cependant il est permis de préjuger par certains exemples ce qu’elle aurait pu accomplir en ce sens :

1° Sélection humaine. D’après les lois de Lycurgue, tout enfant à Sparte qui naissait contrefait était mis à mort. De là cette beauté, si célèbre en Grèce, du type Spartiate.

Sur le mont Eryx en Sicile était un temple fameux dédié à Vénus. Pour servir de prêtresses à la déesse, on choisissait les plus belles femmes, lesquelles n’étaient point vouées au célibat ainsi que les vestales. De là une race féminine remarquable par sa beauté, qui subsiste encore au village de San Giuliano situé sur le mont Eryx.

Personne n’ignore que le roi de Prusse Frédéric- Guillaume Ier, père du grand Frédéric, avait réussi à se former une garde composée d’hommes admirables par leur stature et leur vigueur en mariant les plus beaux hommes de son armée avec les plus grandes

2° Sélection naturelle. La race des Indiens, toujours en guerre ou en chasse, était vraiment remarquable. La cause en était que tout enfant incapable de supporter les fatigues incessantes d'une vie aussi pénible succombait. Les plus vigoureux, seuls survivants, transmettaient à leur postérité les qualités physiques qui les distinguaient.

3 Obstacles à la formation de races vigoureuses. On se plaint aujourd’hui, avec raison, de la dégénérescence presque universelle des races humaines en

urope, surtout dans les grandes villes. Cette déca

dence physique tient, entre autres causes, à deux principales :

A. A la légèreté avec laquelle on bâcle les mariageson s’inquiète exclusivement de la richesse ou d°e la condition sociale, et très-peu, point du tout, même,

des conditions physiques : d’où procréation d’enfants chétifs,* etc;

B. Aux progrès de la médecine ; oui, aux progrès

dref 11aimédecine! En sauvant la vie aux personnes auaiblies., maladives, on arrête net la sélection qui eut épure la race. Résultat assez inattendu, de voir le progrès de la science contribuer à • l’abâtardissement de l’espèce humaine. Le correctif serait surtout ans le choix des époux. Après tout, la vigueur de 1 esprit est bien autrement précieuse que, la vigueur du corps. I ivre, c est cultiver son intelligence et pratiquer ladevoir : la médecine peut donc sans scrupule nous anaeher aux maladies ou à une mort prématurée.

Résümé. — Au point de vue morpliologiq'ne, les différences extérieures et les modifications du squelette chez les groupes humains non-seulement ne dépassent pas, mais le plus souvent n’égalent<pas l’étendue des variations que [présentent les races des animaux domestiques;

FERRIÈRE. ma

Au point de vue essentiel de la physiologie, nous trouvons tous les caractères distinctifs de la race :

’ 1° Fécondité des croisements ;

Accroissement de la fécondité par le métissage ;

3° Fécondité continue des métis ;

4° Atavisme.

Enfin, comme causes de la formation des races, le Milieu, l'Hérédité avec son cortège d’anomalies analogues à celles des races animales, donnent une explication suffisante, sinon absolue, des variations les plus considérables.

Donc les différents groupes d’hommes appartiennent à une même espèce : on doit dire l’Espèce humaine, et non le Genre humain. La conséquence logique est que l’Espèce humaine dérive d’une seule paire de parents. Est-ce là une certitude? Hélas! il en est de cette origine comme de toute autre origine, comme de tout commencement : ce n’est qu’une hypothèse, un idéal, si l’on aime mieux. Le passé n’est plus en notre puissance ; nous ne pouvons qu'étudier le présent, chercher et découvrir les lois de ce qui est ; le reste nous échappe. « Tout ce que l’intelligence humaine peut faire, dit amèrement Pascal, estd’apercevoir quelque apparence du milieu des choses, dans un désespoir éternel d’en connaître le principe ni la lin. » Que la science fonde ses inductions sur les faits; que ses hypothèses soient toujours vérifiables par l'expérience et rendent compte des phénomènes naturels;

voilà le champ qui lui est dévolu : en dehors, tout est ténèbres.

Page 1