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celui d'ordres et de classes. L'enchaînement anatomique des types est bien dû dès lors à une transformation successive, graduelle, et cette transformation est due à la sélection naturelle.
Il faut bien distinguer ces deux éléments de la théorie : d'une part transformation des types, transformisme ; la conception n'en appartient pas à Darwin, car nous avons vu avec quelle précision l'énoncé en avait été donné et par Lamark et par Etienne Geoffroy Saint- Hilaire ; et d'autre part l'explication de ce transformisme, la découverte de sa cause naturelle : ici tout le mérite revient à Darwin, c'est-à-dire à la théorie de la sélection naturelle.
Parmi les formes de la sélection il en est que Darwin a étudiées d'une manière toute spéciale : telles sont celles qu'il désigne sous le titre de sélection sexuelle. Si en effet, la plupart des formes animales peuvent s'expliquer comme étant le résultat direct des influences longtemps accumulées du milieu extérieur (en comprenant par là aussi bien les conditions climatériques que les conditions résultant de la présence d'êtres rivaux, ennemis, contre lesquels l'animal a à lutter), il est des caractères dont on aurait peine à concevoir ainsi le développement : car ils ne nous paraissent pas constituer directement des avantages pour la concurrence simplement vitale, c'est-à-dire pour la défense de l'animal à la recherche de sa nourriture ou en lutte avec ses ennemis; tels sont les caractères si remarquables du plumage chez les oiseaux mâles, et en général toutes les particularités
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connues en histoire naturelle sous le nom de caractères sexuels secondaires. Mais quand on est familier avec les détails de la vie des plantes, avec les mœurs des animaux, on reconnaît bientôt que ces caractères ont dû aussi s'accentuer et se développer par un mécanisme de sélection; que le rapprochement des sexes et les circonstances qui le précèdent, selon qu'elles sont de nature à le faciliter ou à y mettre obstacle, doivent devenir la source de luttes entre individus du içême sexe, soit entre femelles, soit entre mâles ; que par suite certains caractères innés peuvent devenir une source de succès dans cette lutte pour la génération, et que par exemple le mâle qui l'emporte grâce à telle particularité d'organisation, doit transmettre cette particularité à ses produits, chez lesquels elle se conservera et s'accentuera de plus en plus par une sélection semblable. Est-il besoin de rappeler que chez les cerfs, qui combattent entre eux à l'époque du rut, c'est le mâle le plus vigoureux et le mieux armé qui reste le possesseur de la femelle; que les oiseaux mâles, pour obtenir les préférences de la femelle, luttent entre eux ou par la beauté de leur plumage ou par l'éclat de leur chant? Nous nous bornerons à ces exemples types ; le monde des insectes nous en offrirait une quantité innombrable de plus curieux, mais non de plus précis, pour montrer que les caractères développés par la sélection sexuelle sont toujours des caractères utiles, constituant un avantage dans la lutte ou dans la simple rivalité.
C'est au développement de ces questions que sont
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consacrées les leçons qui composent ce volume. Ces indications expliquent assez pourquoi nous avons pris le mot Darwinisme pour titre et nom celui de transformisme. Nous nous sommes en effet appliqué essentiellement à présenter un résumé des travaux de Darwin. Ce résumé était-il nécessaire? Les publications de Darwin forment à elles seules une véritable bibliothèque; dès 1872, alors qu'une partie seulement de ces publications avaient vu le jour, Emile Ferrière avait jugé nécessaire d'en présenter au public français un résumé clair et substantiel*. Cette nécessité s'imposait bien plus rigoureusement aujourd'hui. La longue série des œuvres de Darwin' forme un immense et unique recueil de faits ; c'est dans ce recueil que le naturaliste de profession ira puiser les éléments de toute discussion ;