INTRODUCTION. LV
loppement d'un vertébré, par exemple, reproduisaient successivement les diverses formes animales sus-indi* quées, c'est-à-dire si i'embyron en question se présentait d'abord comme une simple cellule (amibe), puis comme un amas cellulaire (synamibe) provenant de la subdivision de la cellule primitive, puis comme un sac à ouverture unique et constitué essentiellement par un feuillet externe et un feuillet interne invaginé {Gastrula de Hseckel);puis que ce sac acquît une seconde ouverture, la bouche ; qu'ultérieurement les bourgeons des membres fissent leur apparition, etc. ; de manière que le vertébré, dans son développement, aurait été successivement une amibe, une synamibe, une gastrœa (comme celle des éponges et zoophytes), puis un ver, puis un poisson, et enfin un vertébré supérieur.
Or c'est précisément ce qui a lieu : depuis longtemps, et dès les débuts des recherches embryologiques, on avait remarqué que chacune des phases par lesquelles passe un animal pendant son développement représente une forme de la série animale : une connaissance plus approfondie du développement de chaque être a montré que la série des formes successives revêtues par l'organisme individuel, depuis l'œuf jusqu'à son entier développement, est une répétition en miniature de la série des degrés de l'échelle animale, c'est-à-dire, selon l'hypothèse évolutionniste, qui se trouve par cela même démontrée, une répétition de la longue suite de transformations subies par les ancêtres du même organisme depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours.