X INTRODUCTION
question ; en efTet, comme l'avait déjà signalé WoliT, et comme l'a fait remarquer plus récemment M. Dareste, l'œuf étudié par Malpighi était pondu depuis 24 heures et l'observation était faite en Italie, au mois d'août c'est-à-dire dans des conditions de température très élevée, puisque Malpighi lui-même note ce fait : magno vigente calore observabam. Une chaleur qui est notée comme remarquable en Italie, au mois d'août, est en tout cas supérieure à 28 degrés ; on peut, même avec une évaluation modérée, supposer qu'elle dépassait 30; et dès lors nous rentrons dans le cas vulgaire de développement par l'effet de la simple chaleur ambiante naturelle, fait qu'il a été donné à tout embryologiste ou à tout éleveur d'observer, sans que pour cela nous soyons tentés de faire retour vers la doctrine de la préexistence de l'embryon dans l'œuf.
Avec cette doctrine, on le conçoit facilement, il n'y avait pas d'embryologie possible: le petit être, qui n'avait qu'à grossir, était inclus dans l'œuf et par suite dans l'organisme producteur, comme celui-ci avait été inclus dans le corps de son générateur, et successivement ainsi de génération en génération, en remontant jusqu'au premier individu créé. C'est ce qu'on appela
V e^nboltement des germes^ emboîtement à l'infini : car la première poule créée aurait contenu successivement inclus les uns dans les autres les germes de toutes les générations de poules à venir. De môme la première mère du genre humain aurait été créée avec tous les germes des futures générations humaines inclus et
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emboîtés dans son sein. Au lieu d'études embryologiques, c'est-à-dire d'observations analomiques et de recherches expérimentales, l'esprit humain était livré à ce sujet aux spéculations métaphysiques et théologiques; d'après l'âge de la terre, évalué alors à cinq ou six mille ans environ, on calculait le nombre de germes que la première femme avait dû porter successivement inclus et emboîtés dans ses ovaires. Nous ne nous arrêterons pas sur ces calculs fantastiques, auxquels se sont cependant livrés les physiologistes les plus renommés de l'époque, et notamment Haller.
Il est vrai que la découverte des spermatozoïdes dans la liqueur séminale aurait pu venir jeter un certain trouble dans la quiétude si douce mais si stérile des partisans de l'emboîtement. Il n'en fut rien cependant.
Celte découverte, faite vers les dernières années du xvii** siècle par un étudiant de Dantzick, Louis Ilamm, et par son maître, l'illustre Leuwenoeck, en montrant l'existence constante, dans le liquide fécondant, d'éléments doués de mouvement, de vie, montrait en même temps que l'œuf n'est pas tout dans la génération et que Torganisme mâle intervient par autre chose qu'une simple influence excitatrice, par autre chose qu'une mystérieuse aura seminalis. Frappés par l'aspect si particulier des spermatozoïdes ou animalcules spermatiques, comme on les appelait alors, beaucoup de physiologistes voulurent donner à cetélémentle rôle prépondérant dans la reproduction : l'œuf ne fut plus à leurs yeux qu'un nid, qu'un réceptable incubateur, dans lequel le sper-