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côtés du cou des fentes, dites branchiales , semblables aux lentes sur les lèvres desquelles se développent les branchies des poissons; seulement ici les ramifications branchiales, n’ayant pas de raison d’être en ce point, ne se développent pas, l’embryon ayant formé un autre organe, le placenta, par lequel il respire dans le sang de la mère, absolument comme le poisson respire dans l’eau. Et ce que nous venons de voir pour l’appareil respiratoire se vérifie de même pour chaque organe : le cœur à quatre loges du mammifère commence par un simple tube qui se contourne et reproduit successivement dans ses stades de formation le cœur d’un poisson, le cœur d’un batracien, le cœur et l’aorte d’un oiseau; l’appareil rénal passe par trois phases distinctes, dont les deux premières reproduisent successivement les types permanents chez les poissons, puis chez les batraciens.
Si maintenant nous récapitulons la marche des études d’embryologie depuis que Wolff renversa la théorie de la préexistence des germes, nous ne pourrons nous défendre d’une juste admiration pour les progrès accomplis et la haute portée philosophique des faits acquis. Il n’y a pas encore un siècle que tous les naturalistes admettaient la préexistence de l’être tout formé dans l’œuf, y existant avec tous ses organes. Gomment, avec une pareille doctrine, les faits même les plus évidents de parenté probable entre diverses espèces pouvaient-ils arrêter l’attention des savants? Comment penser à une évolution de l’espèce, puisque chaque individu d’une espèce était censé créé depuis l’origine du monde avec
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ses organes définitifs et son type propre. Si au milieu d’une génération de naturalistes qui, avec les premiers principes de zoologie, avaient appris à croire à cette préexistence des germes, un homme comme Lamark, par un trait de génie, entrevit les lois naturelles qui rattachent les formes organiques les unes aux autres, il faut admirer ce génie : mais il y a peu à s’étonner de l'ardeur de ses adversaires : car, avec l’éducation scientifique de l’époque, il était impossible qu’il ne fût pas combattu par tous. L’absence complète de notions embryologiques, et surtout les idées fausses encore régnantes dans trop d’esprits, devaient rendre alors impossible le succès de l’hypothèse transformiste. Par contre, quand, de nos jours, l’étude plus attentive du monde vivant est parvenue, entre les mains de Darwin, à accumuler tant de preuves en faveur de cette hypothèse, c’est l’embryologie, à son tour, qui est maintenant appelée à venir, par la connaissance exacte des phénomèens évolutifs, fournir à l’hypothèse transformiste les preuves les plus éclatantes et lui donner la valeur du fait démontré.
C’est pourquoi nous dirons en terminant que, outre ses applications particulières à l'étude de l’homme, l’embryologie, par sa haute portée en philosophie naturelle, devait trouver place dans l’enseignement de l’École d’anthropologie, et c’est avec la doctrine transformiste, c’est en nous appuyant sur les travaux de Darwin et de Hæckel que nous avons résolu de consacrer plusieurs années de cours à l’histoire comparative du dévelop-
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pement embryonnaire de l'homme, afin de déterminer sa place dans l’échelle des êtres, ce qui est le principal but de l’anatomie anthropologique, celui auquel ont été consacrés les principaux travaux deBroca.
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