‹ Le DarwinismeChapitre 2 sur 102 · Voyez ci-après, la vingt et unième leçon, p · texte numérisé non relu

Voyez ci-après, la vingt et unième leçon, p

INTRODUCTION

de manière à fixer la variété et à en faire une espèce : qu’en un mot les types organiques ne sont pas fixes.

Dans cette rapide indication delà question, nous nous gardons bien de définir le mot espèce; car ce n’est pas dans une science de faits qu’on peut partir d’une définition pour déduire des conséquences. Ce qu’on entend vulgairement par espèce , tout le monde le comprend, même les personnes les plus étrangères aux études biologiques. Il suffit d’avoir vu les animaux et les plantes qui nous entourent, il suffit d’avoir fait une seule fois une promenade dans un musée zoologique, pour avoir reconnu que, au milieu des mille formes organisées, il est des séries d’individus qui présentent des caractères communs, qu’on peut considérer comme semblables, qu’on reconnaîtra et désignera à chaque fois du même nom, dès qu’on aura bien constaté leurs types.

Mais si le vulgaire ne va pas au delà de cette notion, si autrefois les naturalistes eux-mêmes ne la dépassaient guère, en se contentant, pour classer les êtres, de systèmes artificiels qui permettaient simplement d’arriver à trouver le nom d’un type en se basant sur quelques caractères arbitrairement choisis, il n’en a plus été de même lorsque le monde organique a été plus complètement connu : alors de plus nombreux types ayant été décrits, figurés, collectionnés, on s’est vu, par la nature même des choses, forcé de les classer d’une manière moins artificielle, à l’aide de méthodes naturelles , par lesquelles il devient évident que l'ensemble des animaux,

INTRODUCTION

par exemple, constitue une série progressive composée de créatures de plus en plus parfaites, depuis ces organismes élémentaires et ambigus, intermédiaires entre le végétal et l’animal, jusqu’aux vertébrés, aux mammifères, et enfin à l’homme, couronnement du règne organisé.

Ces affinités entre les types sont-elles le fait d’une puissance créatrice qui a pour ainsi dire conçu un plan organique général et mis au jour, comme pour marquer chaque degré de ce plan, une série de formes rattachées entre elles par la pensée créatrice, mais sans aucun autre lien matériel , c’est-à-dire sans qu’il nous soit permis de concevoir le passage possible d’un type à un autre, ou la modification d’un type actuel pour former un type nouveau? Les partisans de l’invariabilité de l’espèce répondent affirmativement à cette question.

Au contraire, la doctrine du transformisme admet ces passages, ces modifications; pour elle les formes organiques sont soumises à une sorte de ramaniement incessant produit par les causes modificatrices extérieures du milieu ambiant, et tel type qui existe aujourd’hui n’est plus ce qu’il était il y a un certain nombre de siècles, de même qu’il est autre que ce qu’il sera dans un avenir plus ou moins éloigné : saisissant les êtres à un moment donné de ces transformations par lesquelles les caractères les plus étroits de parenté, au sens propre du mot, existent entre les divers types, nous ne devons voir dans la notion d’espèce appliquée à ces types qu’une notion subjective ; car, en réalité, l’espèce n’existe pas,

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